En juillet dernier, Alain Wagner a donné une conférence à Bordeaux sur L’ISLAM – formation militante:

Son discours contient de nombreux éléments très intéressants mais aussi quelques aspects fondamentaux qui me paraissent insuffisamment réfléchis. Par exemple, à partir de 1:11:42, Wagner avance qu’on peut tolérer la partie cultuelle de la charia, donc notamment les prières dans les salles de culte. Il propose de ne réagir que lorsque ces activités interviennent dans le domaine public. Or de deux choses l’une: soit ces activités sont toxiques ou illicites et doivent être combattues, soit elles sont vraiment cultuelles au sens positif du terme et les interdire dans l’espace public pourra être jugé excessif. En l’occurrence, elles sont toxiques: la prière musulmane rappelle aux fidèles, en principe au moins 17 fois par jour, que tous les non-musulmans ou au moins les juifs et les chrétiens (actuels) sont ce que le Coran appelle des «gens de l’enfer», ce qui répand la discrimination et la méfiance contre eux.

Dans un cadre où l’expression serait réellement libre, la prière musulmane serait considérée comme le plus formidable appel à la haine de notre temps, une chose qui tombe en principe sous le coup des lois européennes. On peut aussi choisir de tolérer les appels à la haine, pour diverses raisons, mais il faut rester conscient de ce que cela implique. Si une part importante d’une population récite la prière musulmane, c’est-à-dire répand une forme de haine commune et ciblée, le vivre ensemble n’a aucune chance, quelles que soient les mesures prises en aval. La haine va s’installer, car il deviendra impossible aux musulmans (pratiquants) de considérer les non-musulmans comme des pairs, des égaux, peu importe les lois et les discours fleuris. Ainsi, même si Wagner obtient largement gain de cause, parvient à convaincre puis former suffisamment de militants et que ces derniers s’opposent avec succès à toutes les manifestations plus concrètes de la charia, ce qui touche déjà aux frontières de l’utopie, il faut s’attendre à ce que la pression devienne insupportable.

D’autre part, incriminer la charia ou les projets affichés de l’Isesco, c’est s’attaquer à des gens qui disposent de moyens autrement plus étendus et efficaces que ceux dont peuvent disposer les Français décidés à lutter contre l’islamisation. Des efforts concertés sont déjà mis en œuvre depuis longtemps pour blanchir la charia et ils seront d’autant plus vite et largement déployés en France que la résistance s’y manifestera. Et l’Isesco peut à tout moment modifier ses stratégies et le fera sans état d’âme si leur présence publique s’avère contre-productive. Si nous pouvons aujourd’hui montrer que l’islam officiel a bel et bien pour objectif de pratiquer la subversion, c’est parce que la résistance des élites non musulmanes est devenue si faible que les musulmans actifs peuvent l’ignorer sans risque. Mais une résistance un peu plus soutenue aura simplement pour effet de remettre cet aspect en veilleuse dans le discours public, pendant qu’il restera véhiculé par les textes fondateurs islamiques et 1200 ans de littérature consensuelle.

Il ne s’agit pas ici de dénigrer la militance proposée par Alain Wagner. C’est de bonne guerre, c’est aisément défendable et cela peut nous faire gagner un temps précieux. Mais on ne résoudra le problème qu’en traitant les éléments fondamentalement toxiques de l’islam, à la racine. En fait, pour vraiment réussir, il faut des arguments capables de convaincre même les musulmans et leurs alliés. Il faut montrer que l’islam est toxique pour l’écrasante majorité des gens concernés, donc surtout pour les musulmans, qui en consomment des doses autrement plus élevées que nous autres. Il faut aussi montrer que l’islam est à la base une supercherie et donc que lutter contre son influence néfaste est la chose la plus naturelle du monde (moderne) et ne sert en fait qu’à rétablir la vérité des faits. Ce sont ces efforts qui feront vraiment la différence et le champ d’étude et d’action, ici, ne se limite pas à la France ou à l’Occident – les possibilités sont immenses. C’est aussi un domaine très respecté dans des cercles volontiers islamophiles (sciences sociales, sciences cognitives, progrès humain), là où même des progrès mineurs peuvent faire une différence marquante sur le terrain.

Je propose donc de mettre davantage l’accent sur les effets concrets et mesurables de l’islam. Cela implique notamment d’exiger au niveau politique la réalisation de statistiques utiles sur la criminalité ou l’extrémisme liés à l’islam (oui, c’est aussi possible en France et bien sûr en Suisse), de réunir des données générales sur l’influence de la présence musulmane dans des pays non-musulmans (un phénomène très actuel), d’encourager la réalisation de travaux de doctorat sur ces thèmes, de fonder plus systématiquement les actions de lutte contre l’islamisation sur des données que personne ne peut réfuter. Parallèlement, il faut mettre en évidence les faiblesses terribles en la matière et dénoncer systématiquement les tentatives d’enfumage. Ce sont des faits vérifiables et acceptés comme tels qui ont permis de dépasser les pires misères de la condition humaine. Ils peuvent certainement aussi nous permettre de dépasser l’islam. Mais pour cela, il faut s’en servir.