Le chef du syndicat de la police britannique, John Apter, tire le signal d’alarme. Les ressources de la police sont réduites alors que la demande est énorme. En effet, selon les dernières statistiques, la baisse générale de la criminalité enregistrée dans tous les pays occidentaux depuis des décennies se stabilise au Royaume-Uni, et certains types de crime y connaissent des taux d’augmentation plus qu’inquiétants depuis quelques années. Par exemple: +16% pour les attaques à l’arme blanche; +12% pour les homicides; et +30% pour les vols aggravés sur un an. Le volume des cas de violence recensés a plus que doublé depuis depuis 2013:

Même constat pour les abus sexuels, qui ont presque triplé pendant cette période (à relever ici que la police ne fournit aucune indication sur les auteurs):

D’autre part, l’évolution démographique reste solide:

Ceci alors que le nombre d’officiers de police actifs au Royaume-Uni a chuté de 144.353 à 122.859 entre 2010 et 2016. Mais la police de terrain doit encore faire des économies. Scotland Yard exigerait pour cela qu’on n’enquête plus du tout sur les incidents sans gravité (moins de £50 de dommage) et sur les cas «que les officiers n’ont pas une chance réaliste de résoudre». Les effectifs sont donc engagés en priorité sur les affaires qui causent le plus de dégâts. Chaque service de police interprète ces instructions et adopte les approches et les programmes qui lui semblent bons.

En conséquence, près de la moitié des enquêtes criminelles sont interrompues sans qu’un suspect ait pu être identifié et la part des cas débouchant sur une inculpation ou une citation est tombée à 9%. Autant pour les résultats des études qui montrent clairement que la probabilité d’être arrêté est l’élément le plus dissuasif contre le crime. Selon John Apter, la police est en situation d’échec en certains lieux et commence à devenir vraiment inefficace. Mais par ailleurs, elle investit généreusement dans la poursuite des «crimes de haine en ligne».

Dans l’ensemble, cette politique, au niveau de l’action et de la statistique, fait largement porter aux citoyens le poids de l’augmentation des crimes et délits, ne dissuade certainement pas les auteurs et ne fournit aucuns renseignements utiles pour maîtriser le phénomène. Pourquoi tant d’absurdité?