Récemment, la presse suisse a parlé des résultats d’une étude de longue durée sur les comportements relationnels violents de 1675 jeunes gens (17-18 ans) du canton de Zurich, dont la moitié de parents étrangers. Cette étude indique notamment que les jeunes musulmans sont plus particulièrement enclins à la violence et que l’effet de la confession persiste lorsqu’on prend en compte d’autres facteurs tels que le manque de formation, la violence parentale ou les normes masculines justifiant la violence. Aussitôt, une fédération d’organisations islamiques de Suisse a contesté les résultats de l’étude et mis en garde contre la stigmatisation des musulmans.

Une autre étude récente, en France, de plus grande ampleur, tend à démontrer que la religion musulmane exerce un effet très significatif (de l’ordre de 200 à 600%) sur les tendances des jeunes gens à prôner une approche radicale et absolutiste, voire violente, en matière religieuse, ceci par rapport à la religion chrétienne et à l’absence de religion. Les dernières statistiques de la police criminelle allemande montrent que les migrants musulmans commettent un nombre surproportionnel de crimes graves, en dépit de conditions en principe favorables. Les chiffres actuels sur le terrorisme affichent une prévalence massive des représentants de la religion musulmane parmi les auteurs affichés et les personnes incarcérées pour ce motif. Le salafisme inquiète en Europe depuis longtemps déjà et l’Indonésie, jusqu’à présent un modèle de réussite du mariage entre islam et démocratie, en connaît maintenant une version locale, sur fond de radicalisation des mosquées et de la jeunesse, de rejet plus prononcé des athées et d’intensification des procès contre les blasphémateurs.

Mise à jour 19 juillet: les statistiques criminelles britanniques indiquent une stabilisation du crime en général, après des décennies de baisse, et plusieurs hausses dans le domaine des crimes graves. Notamment: +16% pour les attaques à l’arme blanche; +12% pour les homicides; +30% pour les vols aggravés. Le volume des cas de violence recensés par la police augmente sans cesse depuis 2013 et a plus que doublé depuis lors (figure 15). Même constat pour les abus sexuels, qui ont presque triplé pendant cette période (figure 17). L’office ne fournit aucune indication sur les auteurs.

Si les musulmans souhaitent honnêtement préserver leur réputation, ils devraient encourager la réalisation d’autres études, plus cadrées et précises, permettant de déterminer si et le cas échéant dans quelle mesure leur religion est une cause de criminalité. De nos jours, la profusion de données, l’aisance avec laquelle des informations peuvent circuler et les progrès des sciences statistiques (notamment au niveau de l’intégration, relativement récente, des relations de cause à effet) permettent d’établir de tels faits. Après tout, même si les résultats confirment ce soupçon, les musulmans en seront les premiers bénéficiaires, car ils pourront alors d’autant mieux lutter contre ces effets, dont ils sont aussi, bien évidemment, les principales victimes, du fait de leur proximité avec le phénomène.

Il faut d’abord définir clairement ce qu’on qualifie de crime, de radicalité. En effet, ces notions évoluent et ce qu’on qualifie de crimes aujourd’hui peut avoir été, ou rester considéré comme normal voire louable dans d’autres cultures. Pendant des millénaires, la guerre, la colonisation intégrale (remplacement du pouvoir politique, de la religion, de la langue, de l’histoire) et la réduction en esclavage, par exemple, n’étaient condamnées par aucune loi, ni dans l’islam ni ailleurs. Et si les textes fondateurs de l’islam ont misé très résolument sur ces éléments, comme l’examen des exégèses coraniques peut le révéler, il serait bien normal que l’alphabétisation et la diffusion desdits textes aient les effets que nous constatons aujourd’hui.

Il faut donc commencer par le vérifier et par en estimer la portée réelle pour avoir des chances sérieuses de contrer le phénomène efficacement. Simplement en nier l’origine, victimiser les musulmans (premières victimes, oui, mais très probablement aussi et surtout premiers auteurs) et interdire la stigmatisation ne va pas permettre de changer ce que les musulmans sont de plus en plus nombreux à trouver dans leurs bases de décision religieuses. Et ces bases (parole de Dieu, exemple du dernier prophète, exégèses, jurisprudence) auront certainement toujours plus de poids aux yeux des croyants sincères que les apologies modernes.

Des études comme celles mentionnées ici devraient donc se multiplier, et surtout inclure dès leur design des mécanismes permettant de mettre en évidence les effets intrinsèques de la religion musulmane, notamment en comparaison avec d’autres religions ou leur absence. Et les musulmans modérés sincères devraient soutenir ces efforts.