On a beaucoup parlé de la hausse de la criminalité des migrants en Allemagne cette année. Ainsi, un criminologue réputé, se basant sur les chiffres de la Basse-Saxe, annonçait en début d’année que les migrants sont sensiblement plus criminels que la population allemande, dont la criminalité diminue régulièrement. Et en juin, à la suite d’une déclaration de Donald Trump, les médias s’empressaient de clamer que la criminalité est en recul en Allemagne. Les trois affirmations sont exactes selon le sens qu’on donne aux termes utilisés. Pour reprendre les informations de l’office fédéral de la police criminelle allemande, le crime en général a bel et bien reculé entre 2016 et 2017, même, en nombre absolu, pour les migrants (sans compter les infractions au droit des étrangers et quoique certains fonctionnaires estiment que c’est là une question de point de vue):

Mais la baisse, pour ce qui concerne les migrants, porte uniquement sur les vols, les faux documents et les infractions contre le patrimoine. Tous les crimes plus « sérieux » restent en hausse:

C’est notamment le cas des crimes les plus graves, impliquant des décès. Voici une évolution à plus long terme de cette statistique, où l’on voit que la seule augmentation de la criminalité des migrants est supérieure à la hausse globale:

La criminalité des migrants n’a donc pas cessé d’augmenté depuis 2013. La chose n’a en soi rien d’étonnant compte tenu de l’augmentation de leur nombre. Mais même en éliminant ce facteur, l’aggravation persiste pour les crimes les plus graves. Ainsi, le papier du BKA fournit les nombres suivants de demandeurs d’asile de 2013 à 2017:

De 2013 à 2016, le nombre total atteint 1.527.529 (ce nombre est en fait inférieur au nombre total de « migrants » [Zuwanderer]) car dans la réalité il s’y ajoute le nombre de ceux arrivés avant 2013), et le nombre de demandes de 2017 (186.644) en représente donc 12,2% au grand maximum. Or l’augmentation du nombre des crimes les plus graves (assassinats, meurtres et homicides par négligence) commis par des migrants entre 2016 et 2017 constitue une progression de 385 à 447, soit 16,1%. L’augmentation des crimes de nature sexuelle atteint même 54,4% (les chiffres ne sont toutefois pas vraiment comparables en raison d’une modification de la répartition statistique entre 2016 et 2017; l’augmentation est donc ici exagérée, mais sans doute pas d’un facteur de 4). Les infractions à la législation sur les stupéfiants ont aussi progressé bien davantage que la population de migrants, à 30,5%.

Non seulement les migrants sont plus criminels que la population d’Allemagne, ce qui peut s’expliquer par le fait que celle-ci, à l’instar des autres populations actuelles d’Occident, l’est moins que celles des pays d’origine des arrivants (et de moins en moins), mais surtout les migrants en Allemagne sont, collectivement, de plus en plus criminels (bien que la majorité d’entre eux, certes, ne commet aucun crime). Si cette progression se confirme ces prochaines années, il faudra lui chercher des causes plus concluantes que les explications socio-économiques usuelles. Compte tenu de l’origine de l’écrasante majorité des migrants récents,

l’islam pourrait constituer une cause plausible: