Un américain qui a vécu longtemps en Birmanie, Rick Heizman, y a recueilli de nombreux témoignages ainsi que d’autres vidéos tournées parmi les différentes communautés religieuses de l’État de Rakhine (anciennement Arakan). Je recommande de les visionner, on y trouve des informations restées hélas totalement ignorées des médias conventionnels. L’une d’elle, une interview avec un Hindou de la région, Kyaw Kyaw Naing, présente ici un intérêt particulier:

Kyaw Kyaw Naing s’exprime devant un temple hindou, à Kha Maung Seik, une série de villages tristement célèbre pour un massacre perpétré en août 2017 par des musulmans bengalis, appelés souvent Rohingyas, selon des déclarations des autorités birmanes confirmées par Amnesty International. Voici la traduction de l’interview, puis des commentaires de Rick Heizmann sur le temple:

De nombreux représentants de la minorité hindoue vivent dans les villages environnants et nous avons bâti ce temple il y a longtemps.

Aujourd’hui, il y a aussi des musulmans bengalis qui vivent dans les environs, en nombres sans cesse croissants.

Ils sont comme nous et nous parlons tous le bengali, mais ils nous apportent toutes sortes de problèmes.

Ils disent toujours que leur religion musulmane est la meilleure et que nous tous, Hindous, sommes des infidèles, des idolâtres.

Parfois, ils tuent des Hindous, sans raison. Les Bengalis ont l’intention de faire ce pays un État islamique réservé aux seuls musulmans.

Ils ne tolèrent aucun de nous ici, Hindous ou Bouddhistes, et ils veulent nous tuer tous.

Alors, des Hindous décident de partir, de chercher un lieu plus sûr, comme Sittwe ou Rangoon, ou une autre ville.

Tout récemment, notre population hindoue a été décimée avec le massacre de près de 100 Hindous par des musulmans bengalis, le 25 août 2017.

À présent, il ne reste qu’une quinzaine de Hindous par ici. Nous n’avons plus aucun avenir ici.

Rick Heizmann apporte ensuite les précisions suivantes:

Le temple hindou est très intéressant. En lieu et place des divinités hindoues qu’on s’attend à trouver dans un temple hindouiste, il ne contient qu’une grande statue de Bouddha. Ici, les Hindous vénèrent également Bouddha.

Ils apprécient les Bouddhistes et coexistent avec eux sans heurt, de sorte qu’ils ont intégré Bouddha dans leur panthéon de divinités.

De même, des Bouddhistes de Birmanie ont intégré Ganesh, le fameux dieu hindou à tête d’éléphant, dans leur panthéon.

Deux soldats en armes nous ont accompagnés sur les lieux, car la veille, à un peu plus d’un kilomètre d’ici, les terroristes de l’ARSA ont attaqué des Bouddhistes qui pêchaient sur la rivière. La frontière avec le Bangladesh est toute proche.

Après les attaques du 25 août, le temple a été saccagé, la statue de Bouddha a été endommagée, les musulmans y ont répandu des excréments et de l’urine et ont suspendu des sous-vêtements sur la tête de la statue de Bouddha. Les dégâts ont maintenant été réparés – pour l’instant.

J’ai trouvé le pouce brisé de la statue de Bouddha à l’extérieur.

On est frappé de retrouver les méthodes et les projets de divers groupes musulmans qui ensanglantent le monde actuel. Mais ici, pas de différences d’apparence physique, de langue, de culture ou de classe sociale qui pourraient troubler la dimension purement religieuse du conflit. Toutes les communautés religieuses sont constituées de gens qui se ressemblent sinon à tous égards (un mélange qu’on peut expliquer ainsi). Et nous voyons dans cette vidéo que les Hindous et les Bouddhistes parviennent à honorer les divinités de l’autre communauté. Ils accepteraient probablement aussi d’intégrer Allah dans leurs rites, comme l’auraient d’ailleurs proposé les polythéistes de La Mecque au prophète Mahomet (voir le contexte de la sourate 109, par ex. dans le tafsir de Ibn Kathir), qui aurait refusé sèchement.

Rick Heizmann a également réuni divers éléments d’information qui tendent à démontrer que cette attitude des musulmans bengalis (les rohingyas) n’a rien de nouveau. Il présente aussi des traductions de fiches sur des terroristes rohingyas capturés d’où il ressort qu’ils avaient reçu l’ordre de brûler leurs propres villages et étaient menacés de mort par les plus virulents d’entre eux s’ils ne collaboraient pas (aux attentats et à la fuite massive). D’autres Rohingyas, réfugiés au Bangladesh, ont admis qu’ils fuyaient en fait leurs propres coreligionnaires.

Il serait prudent de tirer au clair l’attitude fondamentale des textes fondateurs de l’islam à l’égard des autres religions, avant de prôner un vivre ensemble aussi périlleux, sans précaution. Certes, les gens peuvent changer d’avis, au moins après le temps d’une génération, mais si leur religion est univoque, et bien des indices le suggèrent, et qu’ils la pratiquent, il est plus probable que leur attitude s’aggravera avec le temps et l’instruction.