Aujourd’hui, 21 mai 2018, le think tank britannique Quilliam (du nom d’un converti qui a fondé la première mosquée et le premier centre islamique en Angleterre), ostensiblement spécialisé dans la lutte contre l’extrémisme, plus particulièrement islamiste, lance un nouveau rapport sur l’excision. On y dénonce notamment le grand nombre de cas recensés au Royaume-Uni (5391 en 2016/2017) en regard du nombre nul (0) de condamnations de la pratique, pourtant reconnue comme criminelle depuis 1985. L’avant-propos en est signé par Ayaan Hirsi Ali, ex-musulmane somalienne et elle-même victime de cette pratique.

Le rapport identifie sept causes de ce laxisme judiciaire, à savoir

  1. La faiblesse des victimes. Il s’agit généralement de jeunes enfants intimidées par leurs parents et/ou les membres adultes de leur communauté.
  2. Le manque de témoins. L’excision bénéficie d’une large acceptation culturelle qui favorise la loi du silence, la crainte d’être rejeté/e par ses pairs ou de compromettre son avenir.
  3. La sensibilité culturelle. L’excision se concentre dans « certaines communautés » que les autorités craignent de stigmatiser.
  4. Un sévère manque d’éducation. Les parents ignorent les dangers, à court et long terme, de l’excision et participent à une pratique culturelle sans la remettre en question ou sur la base des informations erronées qui circulent dans leur communauté.
  5. Un manque de ressources. Les jeunes filles qui ont subi une excision ou qui risquent d’y être forcées craignent de s’exprimer de peur des représailles de leur famille et/ou de leur communauté et n’ont personne vers qui se tourner.
  6. La difficulté des poursuites. La pratique reste généralement secrète, les contrevenants sont sinon le plus souvent des citoyens respectueux des lois et les preuves médico-légales manquent.
  7. Les échappatoires légales. La loi présente des vides juridiques; par exemple, elle ne s’applique qu’aux enfants citoyens britanniques ou bénéficiant d’un statut définitif, ce qui laisse un grand nombre d’enfants exposées au risque.

Le rapport évoque un cas de poursuite judiciaire en cours aux États-Unis, où l’excision est condamnée au niveau fédéral depuis 1996 et où on estime que quelque 513.000 femmes et jeunes filles en seraient victimes. Il s’attaque au « politiquement correct » qui empêcherait très efficacement la Justice d’intervenir sous peine de paraître raciste, et formule cinq recommandations:

  1. Imposer le fardeau de la preuve aux investigateurs, et non plus aux victimes.
  2. Identifier les communautés à risque et les enfants vulnérables.
  3. Former des professionnels intervenant sur le terrain.
  4. Inclure l’excision dans les leçons d’éducation sexuelle obligatoires.
  5. Traiter les racines du problème par l’éducation des femmes et le dialogue, sans plus se laisser stopper par le politiquement correct.

Nulle part il n’est question d’islam. Certes, le Coran ne dit pas un traître mot sur l’excision, mais il n’en dit pas un de plus sur la circoncision, dont l’obligation n’est pas contestée. Et plusieurs hadiths confirment la normalité et justifient le « bien-fondé » ou l’obligation de l’excision dans l’islam. Voici quelques sources en anglais sur le sujet. Il semble que Quilliam n’est pas vraiment à l’abri des travers du politiquement correct dont il parle.