Une étude réalisée sur des lycéens français et publiée le 4 avril 2018 tend à démontrer que la religion musulmane exerce un effet très significatif (de l’ordre de 200 à 600%) sur les tendances des jeunes gens à prôner une approche radicale et absolutiste, voire violente, en matière religieuse, ceci par rapport à la religion chrétienne et à l’absence de religion. Je reproduis ici mon commentaire paru sur Amazon le 10 avril 2018:

Pour la première fois, une enquête sociologique à la fois sérieuse, compétente et aboutie montre l’effet spécifique de l’islam – la religion musulmane – sur les tendances à la radicalité et à l’absolutisme religieux. Et les résultats sont extrêmement significatifs. Ce travail mérite d’être largement diffusé et de faire école dans son domaine.

En introduction, les auteurs notent «un manque criant dans les études sur le terrorisme ou la radicalisation», à savoir «le défaut d’une comparaison entre les populations se revendiquant de l’islam et les populations d’autres religions ou sans religion». En effet, jusqu’à présent, ces études soit se concentraient sur des populations musulmanes, donc n’offraient aucun point de comparaison, soit utilisaient des échantillons représentatifs de populations mixtes au sein desquels la faible présence musulmane ne permettait pas de dégager des résultats significatifs.

Pour pallier cette difficulté, les auteurs ont formé et traité en parallèle deux échantillons – le premier se compose des lycéens d’une vingtaine d’établissements français sélectionnés de manière à obtenir une population musulmane suffisante (1753 lycéens musulmans sur près de 7000) et le second est formé de manière représentative standard, pour des jeunes gens de 15 à 17 ans. Il devient ainsi possible d’établir des comparaisons pertinentes entre les populations musulmanes et non musulmanes tout en disposant d’un instrument de contrôle (l’échantillon représentatif).

Par ailleurs, les auteurs ont bénéficié d’emblée du soutien actif de l’Éducation nationale française et ont ainsi pu réaliser une enquête dépassant largement les minimas nécessaires pour émettre des constats fondés.

L’enquête révèle ainsi, notamment, les éléments suivants:

  • Dans les familles musulmanes, l’éducation religieuse revêt une «très grande importance» quatre à six fois plus souvent que chez les chrétiens (58/60% contre 10/14%).
  • Les musulmans sont environ trois fois plus souvent opposés au relativisme religieux: 35% considèrent qu’il n’existe qu’une seule vraie religion contre 10% des chrétiens; seuls 19% sont ouvertement relativistes en la matière contre 56% des chrétiens; 81% des musulmans estiment que la religion a raison sur la question de la création du monde, contre 27% des chrétiens.
  • Les musulmans «se démarquent de tous les autres jeunes par leur faible adhésion au libéralisme culturel» – les différences selon les critères vont du double à plus du quadruple.
  • En matière d’attitudes relevant d’un absolutisme religieux, les musulmans sont cinq fois plus affectés que les chrétiens et trois fois plus que l’ensemble des lycéens. Et ces différences ne varient guère dans l’échantillon représentatif. Les auteurs relèvent ici que «ce résultat est très important car il montre, démentant bien des affirmations de travaux précédents, que les déterminations socio-économiques d’un engagement religieux absolutiste sont inexistantes ou très faibles» – en clair, cette tendance est essentiellement déterminée par la religion (musulmane).
  • Les musulmans ont deux fois plus de chances de justifier la violence religieuse que les chrétiens.
  • La présence musulmane dans les lycées s’accompagne d’une hausse de l’absolutisme chez tous les lycéens (musulmans et non musulmans).

Quelques extraits de l’étude:

«Les jeunes absolutistes, et plus encore ceux qui sont disposés à justifier la violence, ont un niveau de pratique religieuse beaucoup [plus] élevé que celui des autres jeunes: 49% disent se rendre dans un lieu de culte au moins une fois par semaine, et 11% le font une ou deux fois par mois, soit au total 60% qui ont une pratique régulière (contre 13% des jeunes ni absolutistes, ni portés à justifier la violence).»

(…)

«Notre enquête a mis en lumière un effet très net, dans les données brutes, de l’appartenance à l’Islam sur l’adhésion à des idées absolutistes en matière religieuse, comme sur la justification de la guerre religieuse: comparés aux chrétiens, les musulmans que nous avons interrogés sont cinq fois plus souvent absolutistes et deux fois plus souvent prêts à justifier la violence religieuse. Cet effet n’est en rien affecté par la prise en compte des variables socio-économiques qui n’exercent aucune influence significative sur ces opinions. La thèse visant à expliquer la radicalité par l’exclusion ou la pauvreté dont souffrirait une partie dominée de la population semble invalidée par nos données.»

(…)

«Cette très forte religiosité des jeunes musulmans est manifeste dans notre enquête. La figure 11 montre que la distribution de l’indicateur de religiosité des musulmans de notre échantillon est complètement décalée vers les valeurs élevées de l’indicateur et que cette distribution forme un contraste complet avec celle des autres religions. Il y a là deux univers extrêmement clivés. Si la religiosité peut alimenter la radicalité religieuse, elle ne le fait donc pas en se concentrant sur une petite minorité de fidèles. Cette montée de la religiosité chez les jeunes musulmans semble être un phénomène de grande ampleur.»

Cette étude indique (ou confirme) que la religion musulmane exerce un effet spécifique sur les pratiquants et que cet effet est intimement corrélé à des comportements problématiques. Elle doit être vérifiée et approfondie. Urgemment.