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Le sort du Musulman modéré dans un État islamique non modéré

November 18th, 2006 by ajmch

Traduction d’un article de Gates of Vienna.

Salah Uddin Shoaib Choudhury joue en ce moment sa vie devant les tribunaux.

Quel est son son crime? A-t-il volé et assassiné des commerçants, violé des écolières, préparé un coup d’état? Non, Choudhury risque la peine de mort pour promouvoir de meilleures relations avec l’État d’Israël et pour parler des qualités des Chrétiens.

Choudhury est un journaliste du Bengladesh et au Bengladesh, voyez-vous, le fait d’imprimer de telles opinions «diffame l’Islam», est considéré comme une sédition et constitue un péché capital. 

Selon l’Asian Tribune:

Choudhury a été attaqué par son gouvernement pour avoir publié des articles mettant le pays en garde contre la progression des islamistes radicaux, exhortant le Bengladesh à reconnaître l’État d’Israël et plaidant en faveur d’un authentique dialogue interreligieux basé sur l’égalité et le respect mutuel. À la suite de ces «crimes», il a été arrêté et torturé, et sa famille a été harcelée.

Lorsque son frère cadet, Sohail Choudhury, se plaignit à la police d’avoir été battu, il se vit répondre que c’était de la faute des Choudhury, de leur «alliance avec les Juifs». Et même après que nous soyons parvenus à le faire sortir de prison, Choudhury continua d’être harcelé par le gouvernement du Bengladesh et par des islamistes radicaux.

Europe, Bengladesh. Différents continent, même message: Si seulement vous cessiez d’être aimables avec les Juifs, nous n’aurions pas besoin de vous faire du tort.

– – – – – – – – – –

Les Musulmans modérés sont considérés comme une espèce rare, mais M. Choudhury est bel et bien l’un d’eux. Son journalisme d’investigation n’intéressait personne dans la presse établie de son pays, alors il fonda son propre journal, le Weekly Blitz, et y publia les nouvelles et les opinions qui lui en paraissaient dignes. Les conséquences de cette initiative illustrent bien les raisons pour lesquelles les Musulmans modérés restent discrets:

Le gouvernement «découragea» l’insertion d’annonces dans le journal de Choudhury, Weekly Blitz; il refusa de le laisser voyager librement et, un moment, lui confisqua même son passeport. Des voyous, dont des membres du Parti nationaliste du Bengladesh, le malmenèrent et le menacèrent sans que la police n’intervienne, bien qu’elle ait été informée des agressions. En fait, après un passage à tabac, la police fit même des ennuis à Choudhury et laissa ses agresseurs occuper les bureaux de son journal.

Puis, le 18 septembre 2006, un juge lié aux islamistes décréta que Choudhury passerait en justice pour «sédition, trahison et blasphème». «En louant le Christianisme et le Judaïsme», déclara le juge et procureur, Choudhury «a porté préjudice à l’Islam (…) et en [plaidant en faveur] de relations entre le Bengladesh et Israël, [il] a offensé les sentiments des Musulmans.» Choudhury peut y laisser la vie.

Choudhury s’est toujours montré critique envers la branche radicale de l’Islam qui progresse ces derniers temps au Bengladesh. Voici comment The Australian décrit les événements:

Depuis son domicile son Dhaka, il déclara à The Australian qu’il observait avec appréhension l’expansion massive de ce qu’il appelle les madrassas jardins d’enfants. «J’ai découvert qu’ils y enseignaient presque la même chose que les autres madrassas, qu’ils y répandaient le message de haine religieuse, l’appel au djihad.» Il s’agit ici d’enfants âgés de cinq à dix-huit ans, de familles pauvres et riches, endoctrinés par des exhortations à la révolution islamique et à l’instauration de la loi islamique, la charia.

Constatant que les journaux établis refusaient de publier ses enquêtes, il fonda le Weekly Blitz. Depuis mai 2003, ce journal distribué sur les marchés locaux du Bengladesh et publié en ligne à l’attention d’un public international, diffuse des reportages sur la montée du militantisme islamique au Bengladesh et sur la campagne de propagande lancée contre les Juifs. Choudhury y appela aussi au dialogue interreligieux entre les Juifs et les Musulmans. Il commença bientôt à recevoir des menaces de mort quotidiennes de la part des radicaux locaux.

La situation politique régnant au Bengladesh prive Choudhury de toute protection étatique. Un gouvernement intérimaire, formé par un parti soi-disant modéré, est chargé d’y mettre sur pied des élections prévues pour le début de l’an prochain. Mais le gouvernement dépend d’une coalition comprenant deux partis islamistes, lesquels sont largement considérés comme les futurs vainqueurs des prochaines élections.

Ainsi, aucun membre de la structure politique actuelle ne s’empresse de venir en aide à Choudhury.

Deux mois après sa libération sur caution, un cheikh radical téléphona à Choudhury pour le menacer de mort et lui annoncer que ses bureaux allaient être détruits à l’explosif. Choudhury informa la police, mais elle ne réagit pas. Quelques jours plus tard, au début juillet, une bombe explosa dans les bureaux de Choudhury. Aucune arrestation n’a eu lieu. Deux mois plus tard, lorsque l’affaire fut traitée en tribunal, le procureur admit l’absence de preuves. Mais le juge, qui est lié à un parti islamiste radical, décida de poursuivre le procès pour sédition.

Par le passé, je me suis plaint de l’absence d’opposition visible au djihad par des Musulmans modérés. Il semble que je n’étais pas suffisamment attentif, car Salah Choudhury a effectivement mis sa vie en danger, volontairement, au moins depuis 2003, pour s’opposer aux islamistes.

Le New York Sun publia cette interview avec Choudhury:

Pourquoi Choudhury n’a-t-il pas fuit le Bengladesh alors qu’il en avait la possibilité? «Si je pars, je prouve que je suis un lâche (…) je veux mener cette lutte jusqu’à son terme.» Un grand nombre des collègues de Choudhury ont quitté le pays, mais lui, un Musulman pratiquant, tient à vivre libre dans son propre pays et à remporter le procès qu’on lui fait. «Il n’y a ni fierté, ni honneur, ni dignité dans la retraite», dit-il.

L’instruction de l’affaire n’a pas été commode pour Choudhury. Il a passé 17 mois en prison entre 2003 et 2005, sans jugement. Il a encore subi deux attaques cette année: en juillet, ses bureaux ont été piégés et en octobre, il a été agressé en personne. Les deux fois, la police n’a pas réagi. Mais il a reçu le soutien de certains éléments de la société du Bengladesh. L’«Association des avocats des minorités du Bengladesh» l’a notamment beaucoup aidé. Il affirme que «de nombreux bons Musulmans expriment leur solidarité silencieuse», mais ils craignent la vengeance des radicaux.

Heureusement, Choudhury a trouvé un champion en la personne du membre du Congrès américain Mark Kirk (républicain de l’Illinois). Kirk est intervenu avec succès pour faire libérer Choudhury de prison, mais la charge de sédition continue de peser contre lui.

L’opinion d’un membre du Congrès américain a un certain poids. Le Bengladesh dépend du bon vouloir des États-Unis, non seulement à cause des 63 millions de dollars d’aide annuelle qu’ils lui versent, mais aussi en raison des exportations à bas prix de vêtements dont l’économie du Bengladesh a besoin.

Le Département d’État, pour des raisons insondables de Département d’État, n’a pas pris fait et cause pour l’éditeur en difficulté. Il n’y a pas de pétrole au Bengladesh. Sommes-nous soucieux de «stabilité» en Asie du sud? Ou peut-être s’agit-il d’un aspect des excès du multiculturalisme?

Quoi qu’il en soit, le Bengladesh est en équilibre sur le fil d’un razoir. Il pourrait suivre la pente de la Somalie et entamer la plongée vers le VIIe siècle qui accompagne inévitablement la mise en force de la politique islamiste. Ou il pourrait devenir quelque chose d’autre, quelque chose de nouveau: un pays islamique moderne.

Pervez Musharraf harcèle Al-Qaida au Pakistan et des signes indiquent que l’organisation terroriste tente de s’implanter au Bengladesh. Quelque 150 millions de personnes vivent au Bengladesh — la moitié de la population des États-Unis est entassée dans ce petit pays — et presque tous sont des Musulmans accablés par la pauvreté. C’est une excellente occasion pour le Grand Djihad de recruter de la chair à canon impatiente de rejoindre les 72 vierges aux yeux noirs promises.

Et c’est une excellente occasion aussi de témoigner notre soutien aux Musulmans qui s’opposent aux radicaux. Voici un homme qui accepte de mettre sa vie en jeu au nom de ses principes. Au nom de la modération au sein de l’Islam. Au nom de la modernité. Que pouvons-nous faire pour l’aider?

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