About the Site:

  • Projet d'interdiction du culte musulman (en Suisse)


Le manifeste de la mauvaise foi

July 15th, 2006 by ajmch

Hier, le 7 juillet 2006, comme pour commémorer les attentats terroristes commis par certains de ses coreligionnaires britanniques, au nom de leur religion, il y avait juste un an, le plus fameux islamiste helvétique publia un manifeste, sur son site Internet et dans divers journaux (notamment The Independent et The Guardian), intitulé «Pour un nouveau ‹NOUS› [en majuscules dans le texte] – Un appel aux Musulmans d’Occident et à leurs concitoyens». En voici la version intégrale (sous-titres exceptés) commentée et décodée:

We have ample reason to be concerned. The situation of Muslims in Western societies has, for the last twenty years, been fraught with difficulty. If anything, this situation has worsened over the last five years. The “war against terror” launched after the events of September 11, 2001, along with repeated terrorist attacks throughout the world, increased tensions arising from social problems or from immigration have combined to portray Islam-and Muslims in general-as a threat to the societies of the West. Fear, and its accompanying emotional and often irrational reactions, has become a part of the public mindset. Such reactions, while often legitimate and understandable, are also being exploited with increasing frequency for political and electoral ends.

La situation est préoccupante. Pour les Musulmans, dont la situation dans les sociétés occidentales s’est aggravée, nous dit Ramadan en introduction. Vraiment? Des Musulmans ont lancé la plus vaste campagne de terrorisme de l’histoire connue, au nom de leur dieu, en se basant sur les injonctions de leur prophète, sans qu’apparaisse en leur sein un mouvement tendant à empêcher concrètement cette évolution; pratiquement tous les actes terroristes de ces dernières décennies sont dus à des adeptes de la même religion, une religion dont les lois ordonnent entre autres de mener une guerre de conquête contre les incroyants aussi longtemps qu’il en restera, d’humilier systématiquement les membres d’autres religions, de lapider les femmes adultères, de commercialiser la production et l’exploitation d’esclaves. Et en effet, nombreux sont les Occidentaux qui se méfient de ce genre de choses. Mais nous sommes priés de croire, non pas, par exemple, que les Musulmans pourraient porter une part quelconque de responsabilité dans cette situation ou qu’il leur serait possible, mieux qu’à quiconque, de lutter contre les causes de ces difficultés, mais que ceux qui tirent la sonnette d’alarme sont parfois simplement animés de viles intentions politiques et électorales opportunistes.

From Canada to Australia, by way of the United States and Europe, hardly a Western society has been spared its own searing questions of “identity”, its own “integration”-related tensions, and its own debate on the place of Muslims within its confines. Muslims, meanwhile, realize that the atmosphere has become more highly charged, that suspicions have deepened; they have become the subject of debates that are neither entirely transparent, nor very healthy. Muslims find themselves faced with clear-cut alternatives: they can accept their lot and adopt the attitude of the “victim”, the “discriminated minority”, who withdraws into itself and never ceases to justify itself or they can face up to their difficulties, become full-fledged subjects of their own History, and take the necessary corrective measures. It is only natural that they complain of the treatment handed them, that they criticize the racism and daily discrimination they must endure, but in the final analysis, their fate is in their hands. Nothing will change until they accept full responsibility for themselves, become constructively critical, and self critical, and respond to the creeping evolution of fear with a firmly grounded revolution of trust.

Alors qu’au paragraphe précédent, Ramadan évoquait encore rapidement le terrorisme, parlant des «événements» du 11 septembre, il ne met ici déjà plus l’accent que sur les problèmes dont sont censés souffrir les Musulmans en Occident. Pas un mot sur les difficultés autrement plus criantes des minorités occidentales dans les pays à majorité musulmane. Ni sur le militantisme politique exacerbé de la présence musulmane en Occident laïque (dont Ramadan va se faire le chantre plus bas). Ni pour explorer les raisons pour lesquelles toutes les minorités musulmanes de la planète semblent éprouver ce même problème.

Dès lors, cette communauté accueillant sans réaction de rejet les pires terroristes de notre époque et nourrissant une idéologie guerrière, ségrégationniste, misogyne et esclavagiste dont les seules réformes lui ont été imposées par la force, n’est plus constituée, sous la plume de Ramadan, que de pauvres hères devant endurer la suspicion, «le racisme et la discrimination quotidienne» dans leurs pays d’accueil. Faut-il que Ramadan se sente en sécurité, aujourd’hui, pour avancer une transition aussi abrupte entre les milliers de morts du terrorisme islamique et cette insulte («raciste») à ses victimes occidentales.

La solution Ramadan: les Musulmans doivent se plaindre, critiquer (le terme est répété trois fois en deux phrases contiguës, dont une fois au sens général d’autocritique, et reviendra maintes fois encore), et «répondre à la progression insidieuse de la peur par une révolution de foi» (revolution of trust). Que signifie donc «révolution de foi» pour des personnes définies ici par l’appartenance, religieuse, à l’Islam? Que comprend un être qui lit le Coran et les traditions du prophète de l’Islam quotidiennement lorsqu’il se lit appelé à une «révolution de foi»? Difficile à dire, bien sûr. Mais le prophète, lui, en tout cas, selon lesdites traditions, fit la guerre, bénit la décapitation de ses ennemis par centaines, même les non-combattants, même après leur reddition sans conditions, parfois aussi la nuit ou au petit matin, sans prévenir, et parfois même les attaqua avec des machines de guerre, qui tuaient de manière tout à fait indiscriminée. Sachant cela, on ne peut s’empêcher de penser qu’un homme de bonne foi animé de bonnes intentions, à la place de Ramadan, aurait eu à cœur de bien préciser sa pensée à cet égard.

Events of recent years have brought Western populations face to face with new realities and self-doubts as deep as they have been challenging. The increasingly visible presence of millions of Muslims in their midst has made them aware that their societies have changed: cultural homogeneity is a thing of the past, the question of their own identity has become complex, the real social mixing is an ideal that can only be achieved with difficulty, particularly when social problems such as unemployment, racism and marginalization multiply. This sense of instability, combined with the presence of a religion and a culture seen as “foreign,” has given rise to fears, and to questions that are perfectly legitimate, even though they may be expressed with a certain confusion. Are Muslims truly capable of living in secularized societies? Are their values compatible with those of democracy? Can they live side-by-side, and mingle with, their non-Muslim neighbors? Can they combat the shocking behavior exhibited in their name, in the form of terrorism, domestic violence, forced marriage and the like? Can they free themselves from their social ghettos, those breeding grounds of unemployment, insecurity and marginality?

Dans la vision du monde de Ramadan, pourtant élevé en Suisse (quatre cultures linguistiques officielles, des dizaines de dialectes, 1,5 million d’étrangers sur 7 millions d’habitants, liberté entière de conscience garantie par la Constitution), les populations occidentales n’avaient aucune expérience du multiculturalisme et vivaient dans l’«homogénéité culturelle» avant de se trouver confrontées à la «présence croissante de millions de Musulmans parmi eux». Cette vision est peut-être défendable ponctuellement en Suède, par exemple, mais dans le monde occidental, moderne, ouvert, plurilingue, fondateur de l’ONU, créateur des droits de l’homme, soit de valeurs universelles permettant justement de transcender la notion d’appartenance culturelle ou ethnique, vraiment? En revanche, que penser du multiculturalisme et de la tolérance des sociétés où la religion-loi de Ramadan règne en maître, là où la charia impose la ségrégation religieuse et sexuelle, punit (de mort) les délits d’opinion?

Mais cette approche étriquée tombe à point pour réitérer l’accusation de racisme, assortie cette fois de marginalisation, deux phénomènes dont nous apprenons qu’ils se multiplient, en raison, chez les Occidentaux, d’un sentiment de complexité croissante et d’«instabilité» devant une religion «étrangère», lequel sentiment, dans le discours de Ramadan, remplace maintenant le terrorisme comme origine de la «peur et des interrogations» qu’inspirent les Musulmans parmi nous.

Après cette acrobatie tout de même un peu risquée, Ramadan revient à des pensées plus proches de la réalité, histoire de rassurer les âmes de bon sens, et énumère les questions que beaucoup, en effet, se posent: Les Musulmans sont-ils capables de vivre dans des sociétés laïques? Leurs valeurs sont-elles compatibles avec celles de la démocratie? Peuvent-ils vivre côte-à-côte et se mêler avec leurs voisins non musulmans? Peuvent-ils lutter contre le comportement choquant adopté en leur nom et prenant la forme de terrorisme, de violence domestique, de mariage forcé? Peuvent-ils se libérer de leurs ghettos sociaux, ces terreaux de chômage, d’insécurité et de marginalité?

Faced with these questions, Muslims must rise to the occasion. They must express confidence in themselves, in their values, in their ability to live and to communicate with full serenity in Western societies. The revolution of trust for which we appeal will depend, first and foremost, on self-confidence, on confidence in one’s convictions: the task is to reappropriate one’s heritage, and to develop toward it a positive yet critical intellectual attitude. They must be capable of affirming that the teachings of Islam summon Muslims first and foremost to the spiritual life, to introspection and to self-reform. They must forcefully insist that Muslims are expected to respect the laws of the countries in which they reside, and to which they must be loyal. Millions of Muslims are, in fact, already proving every day that “religious integration” is an accomplished fact, that they are indeed at home in the Western countries whose tastes, culture and psychology they have made their own.

Alors, Ramadan, au lieu de répondre tout simplement par l’affirmative, soulignant par exemple que d’innombrables nouveaux-venus ont déjà maîtrisé ces difficultés en s’installant en Occident et que ses coreligionnaires ne feraient certainement pas exception, recommande plutôt aux Musulmans confrontés à ces questions de «profiter de l’occasion» pour «exprimer leur confiance en eux, en leurs valeurs».

Puis il explique un peu sa révolution de foi: celle-ci va dépendre essentiellement de la confiance en eux des Musulmans, de leur «confiance en leurs convictions»: leur tâche consiste à se «réapproprier leur héritage» et à évoluer vers une «attitude intellectuelle positive mais critique». Ils doivent «être capables d’affirmer que les enseignements de l’Islam enjoignent avant tout aux Musulmans de se consacrer à la vie spirituelle, à l’introspection et à la réforme de soi-même». Notons bien que Ramadan, qui connaît parfaitement sa religion, ne dit pas, ce qui serait totalement faux, bien que syntaxiquement plus agréable, «les enseignements de l’Islam enjoignent avant tout aux Musulmans de se consacrer à la vie spirituelle, à l’introspection et à la réforme de soi-même». Non, il dit «les Musulmans doivent être capables d’affirmer» qu’il en est ainsi. Nuance toute islamiste s’il en est.

Il continue en disant que les Musulmans doivent «insister fermement sur le fait que les Musulmans sont censés respecter les lois des pays dans lesquels ils résident, et qu’ils doivent être loyaux envers ceux-ci». Ici aussi, Ramadan ne commet pas l’erreur de dire «les Musulmans sont censés respecter les lois des pays dans lesquels ils résident, et [ils] doivent être loyaux envers ceux-ci». Non, il précise bien qu’«ils doivent insister fermement sur le fait» qu’il en serait ainsi. Car l’Islam, en vérité, interdit formellement aux Musulmans de se montrer loyaux envers un pays «infidèle» et d’en respecter les lois, à moins bien sûr que cela, provisoirement, ne soit profitable à l’Islam.

Et il a pour conclure ce paragraphe cette phrase délicieuse: «En fait, des millions de Musulmans prouvent d’ores et déjà, quotidiennement, que l’‹intégration religieuse› est un fait accompli et qu’ils sont chez eux dans les pays occidentaux dont ils ont fait leurs les goûts, la culture et la psychologie.» Pourquoi diable avons-nous tant de problèmes avec les communautés de Musulmans, dans ce cas?

Still, faced with legitimate fears, Western Muslims cannot simply minimize or downplay these questions. They must, as a matter of utmost urgency, develop a critical discourse that rejects the victim’s stance, one that criticizes instead radical, literal and/or cultural readings of the sources. In the name of the guiding principles of Islam, they must take a stand against, for instance, the use and misuse of their religion to justify terrorism, domestic violence or forced marriage. The future of the Muslim spiritual community will necessarily require institutions of religious training (Islamic studies, Islamology, imam training schools, etc.) to be established in the West and help to respond to western citizens’ expectations. With the same critical attitude, they must learn to make distinctions; they must not endorse the confusion that surrounds the debates related to their societies: social problems, unemployment, marginalization and immigration are not “religious problems” and have nothing to do with Islam as such. It is imperative to reject the “islamization” of educational and socio-economic issues that require political, not religious, solutions.

Mais ce n’est pas tout. Devant la crainte légitime qu’inspirent les questions posées plus haut, les Musulmans «doivent, de toute urgence, élaborer un discours critique rejetant l’attitude victimaire pour critiquer plutôt des interprétations radicales, littérales et/ou culturelles des sources». Oui, il faut donc opter envers les Occidentaux inquiets pour un discours critiquant l’Islam radical. Notons bien que Ramadan ne dit pas qu’il faut rejeter ces interprétations, mais qu’il faut les critiquer devant les Occidentaux, ce qui reste parfaitement, littéralement, radicalement, culturellement islamique.

Il poursuit: «Au nom des principes directeurs de l’Islam, [les Musulmans] doivent adopter une attitude opposée, par exemple, à l’usage et à l’abus de leur religion pour justifier le terrorisme, la violence domestique ou les mariages forcés.» Là encore, notons bien que, selon Ramadan, les Musulmans n’ont pas à réformer ou bannir ces usages barbares, mais simplement à critiquer leur justification par les écritures sacrées, ce que font, d’ailleurs, soit dit en passant, les adversaires de l’Islam radical, comme votre serviteur, en se basant sur les interprétations des meilleurs connaisseurs unanimes des textes sacrés que l’Islam ait connu, alors qu’ils délibéraient entre eux.

Ramadan explique ensuite un autre élément-clé de la stratégie islamiste: «L’avenir de la communauté spirituelle musulmane va forcément nécessiter l’établissement d’institutions dédiées à l’apprentissage religieux (études islamiques, islamologie, écoles d’éducation des imams, etc.) qui aideront à répondre aux attentes des citoyens occidentaux.» Il faudra donc des institutions entières et des imams formés tout exprès pour faire aussi bien que possible ce que Ramadan recommande plus haut. Il est vrai que la tâche est délicate.

One of the most effective ways of responding to legitimate fears is to separate problems into their component parts, but without disconnecting these closely related elements. “Deconstructing without disconnecting” means that we accept, first and foremost, the obligation to distinguish what is strictly religious in nature from educational, social or immigration-related issues, and then analyze how cause-and-effect relationships are established at the socio-political grassroots. Citizens of the Muslim faith must contribute to a reformulation of the political questions of the day. Seen in this light, unemployment, school failure and delinquency have, as we already mentioned, no connection with Islam. Yet it is vitally necessary to grasp the reasons why Muslim citizens and residents bear the brunt of failure in these very areas. What new political, social and city-planning policies can we propose to redress this state of affairs, new initiatives that would enable us to combat segregation and self-segregation, and encourage a greater social justice and mixing at all levels of society?

«L’un des moyens les plus efficaces de répondre à des craintes légitimes», continue Ramadan qui comprend décidément très bien le besoin qu’ont les Occidentaux d’être rassurés, «est de séparer les problèmes en leurs composants mais sans déconnecter ces éléments étroitement apparentés.» Cette phrase incompréhensible annonce une astuce: Ramadan recommande d’accepter la séparation nette entre les éléments strictement religieux et les autres. Cependant, il ne s’agit pas de respecter le principe de laïcité, comme le comprendrait instinctivement un Occidental, mais de créer une base d’où analyser certains liens de cause-à-effet en termes uniquement politiques, de manière à ce que les citoyens musulmans contribuent «à une reformulation des questions politiques du moment».

Cela permet notamment, pour prendre l’exemple proposé par Ramadan, d’affirmer dès lors comme une évidence incontestable que le chômage, les échecs scolaires et la délinquance n’ont rien à voir avec l’Islam, qui doit être présenté comme exclusivement religieux, comme nous avons vu tout à l’heure, et de chercher résolument ailleurs, dans la sphère politique, les raisons des problèmes récurrents des Musulmans dans ces domaines.

Et de demander: «Quelles politiques sociales et territoriales pouvons-nous proposer pour redresser cette situation, quelles nouvelles initiatives vont nous permettre de combattre la ségrégation et l’auto-ségrégation tout en promouvant une plus grande justice sociale et un accès à tous les échelons de la société?» En d’autres termes, les Musulmans doivent demander des adaptations de leur milieu et obtenir une égalité de droit puis un accès à toutes les couches de la société sans jamais remettre en question leur religion, leurs usages, leurs lois et les ambitions qui en dépendent. Sont-ce là de bons conseils?

The arguments that were, yesterday, the sole province of parties of the extreme right have unfortunately found a home within traditional mainstream parties. Political leaders increasingly play upon fear to mobilize voters and to promote increasingly hard-line policies for managing social problems, security and immigration. At a loss for creative, innovative ideas for promoting cultural pluralism or for combating unemployment and social ghettoization, they prefer the dangerous rhetoric of protecting “identity” and “cultural homogeneity”, of defending “Western values”, of imposing strict limitations on “foreigners” with, of course, the whole apparatus of new security laws to fight terrorism. These political discourses play upon deep-seated apprehensions, perpetuate confusion over the terms of debate, and promote a binary approach to socio-political issues. The implicit terms of the debate is often reduced to a distinction between two entities: “We Westerners” and “They, the Muslims”, even when citizens are Muslims.

Mais la situation est devenue plus difficile, se plaint Ramadan, se prenant lui-même au mot pour apporter son eau au moulin de la gauche politique: les leaders politiques tableraient de plus en plus largement sur un procédé issu de l’extrême-droite, brandissant la peur (souvenons-nous tout de même en passant qu’il s’agit en fait de terreur, plus exactement de terrorisme islamique) pour mobiliser l’électorat et promouvoir des politiques plus dures en matière de problèmes sociaux, de sécurité et d’immigration.

Ces hommes politiques à cours d’imagination créative préféreraient, dit-il, recourir à de «dangereuses rhétoriques» parlant de protéger l’identité et l’«homogénéité culturelle», de défendre les valeurs occidentales, d’imposer des restrictions aux «étrangers» – bref de xénophobie, suivons son regard. Cela éveillerait de profondes appréhensions, troublerait les termes du débat et favoriserait une approche binaire des questions politiques. Et ce serait ces politiciens qui produiraient la dichotomie entre «nous, les Occidentaux» et «eux, les Musulmans», alors que cette ségrégation, plus exactement entre Musulmans et incroyants, est un fondement de la foi musulmane et que la peur des Occidentaux vient en fait du terrorisme dont chacun peut trouver la justification dans les textes sacrés islamiques.

Ainsi, Ramadan fait une cible politique du message de réaction aux craintes engendrées par le terrorisme islamique. En d’autres termes, il recommande de lutter contre les Occidentaux qui cherchent à défendre leurs sociétés contre le terrorisme (par des moyens démocratiques). Est-ce vraiment là une manière efficace de contrer le terrorisme?

The constant return to the same questions in national political debates (violence, women, integration, etc.) is far from innocent; the question of “Islam” often becomes a diversionary tactic that political parties employ to undermine their adversaries and attract voters. Racist and xenophobic speech proliferates; the past is reinterpreted so as to exclude Islam from the slightest participation in the creation of the Western identity, henceforth redefined as purely Greco-Roman and Judeo-Christian; individuals are tested at the border to determine their “moral flexibility” of immigrants, and laws reinforcing security become reflexive in these times of fear and instability, not to mention the policies of intransigence whose ultimate effect is to criminalize immigrants and asylum seekers.

Pour Ramadan, l’évocation de l’Islam comme thème politique national par lesdits politiciens est «loin d’être innocente»: «la question de l’‹Islam› devient souvent une tactique de diversion dont se servent les partis politiques pour saper leurs adversaires et attirer des électeurs. Les discours racistes et xénophobes prolifèrent, le passé est réinterprété pour en exclure l’Islam de la moindre participation à la création de l’identité occidentale, redéfinie comme purement gréco-romaine et judéo-chrétienne.»

Au-delà de cette énième accusation de racisme, qui tourne au leitmotiv insultant, Ramadan veut ici nous faire miroiter la fable de l’Islam culturel, dont se serait inspiré l’Occident. Mais la seule chose d’islamique en Islam est la religion, basée sur le Coran, immuable (enfin c’est ce que les Musulmans sont censés croire) et les traditions orales. Tout le reste compose en fait une mosaïque culturelle totalement éclatée et ancrée ailleurs que dans la religion islamique. Adopter des termes berbères en Espagne ou des recettes de cuisine turques en Italie ne rend nullement l’Occident redevable à l’Islam-religion. Les textes poétiques d’un Persan sur les principes de la médecine, six petits chapitres développant une technique de simplification mathématique initiée en Inde ou les traductions d’œuvres philosophiques grecques par des serviteurs chrétiens vivant en terre d’Islam n’ont rien donné non plus d’islamique à l’Occident.

L’Occident n’a jamais accepté la charia – cela lui a coûté beaucoup de sang et de larmes – et c’est pour cela qu’il est l’Occident. Et qu’il offre et assure à ses citoyens la liberté de conscience.

Ramadan suggère encore rapidement de présenter les mesures d’immigration plus restrictives motivées par la croissance de l’immigration illégale comme menant, en fait, à «criminaliser les immigrants et les demandeurs d’asile». Pour résumer, Ramadan propose aux Occidentaux d’ouvrir leurs frontières sans restrictions et d’écouter attentivement les souhaits politiques de ceux de ces immigrants qui ont le plus de difficulté à s’adapter de manière constructive à un mode de vie occidental, et aux Musulmans de bien structurer lesdits souhaits. Vers quelle vision Ramadan mène-t-il donc le monde?

In response to these attempts at exploitation and, on occasion, to the manipulation that accompanies them, citizens of the Muslim religion must behave contrary to the natural reactions. Instead of withdrawing from the public debate and into isolation, they must make themselves heard, step out of their religious, social, cultural or political ghettos and move forward to meet and reassure their fellow citizens. The policies of those who exploit fear are intended to create precisely what they claim to combat: by perpetually accusing Muslims of not being integrated, of setting themselves apart, of setting up barriers between “them” and “us” and of shutting themselves up in a religious identity they view as exclusive, the intellectuals and politicians who warn against the “naivety” of other politicians, against “the Islamic threat” or the “failure” of pluralist society or of multiculturalism, spread suspicion, create divisions and try to isolate the Muslims. As citizens, Muslims are today called upon to establish a rigorous critique of these very alarmist pronouncements that badly conceal the ideology they promote. In the name of Western values the Muslims must fight against policies that normalize common racism and discriminatory treatment, that stigmatize a portion of the population. The true loyal citizenship is a critical loyalty which means to refuse to have to permanently prove one’s belonging to the society in full knowledge of one’s responsibilities as citizen, lay claim to one’s rights and carry out a thoroughgoing critique of government policies when these policies betray the ideals of a democratic society.

Bien sûr, des gens voient clair dans ces manigances et il faut lutter contre eux. Ramadan revient donc au discours à usage purement musulman pour appeler les fidèles à «se faire entendre, sortir de leurs ghettos religieux, social, politique ou culturel pour progresser et rassurer leurs concitoyens». Il accuse les gens qui tentent d’alerter la population et s’efforcent d’expliquer que la tolérance envers l’islamisme est suicidaire pour les valeurs occidentales de semer la peur sciemment, de créer volontairement la situation qu’ils décrivent et prétendent combattre. Allons-nous bien ainsi vers un débat constructif?

Faisons donc un bref retour aux faits: l’Islam fait une obligation religieuse et civique aux Musulmans d’envahir le monde, militairement, en son nom. C’est un fait. Aucune école de jurisprudence classique (du temps où il fallait savoir les écritures par cœur avant d’avoir le droit d’en discuter) ne l’a jamais remis en question, tant les textes et l’exemple du prophète sont clairs à ce propos. Des Musulmans en grand nombre et bénéficiant d’un large soutien, tant populaire que financier, commettent des actes de terrorisme aveugles au nom de cette obligation. C’est un autre fait. Et Ramadan suggère aux Musulmans de critiquer ceux des Occidentaux qui veulent tenir compte de ces faits et attirer l’attention sur leurs implications. Il ne demande pas aux Musulmans, par exemple, de reconsidérer la légitimité des textes qui ont conduit des générations et des générations de Musulmans à pratiquer le jihad, la dhimma, les houdouds, l’esclavagisme. Il ne demande pas non plus aux Musulmans de traquer les terroristes en leur sein. Il leur demande de contrer les messages d’alerte des Occidentaux préoccupés. Que veut donc Ramadan?

If there is a contribution that Muslim westerners can bring to their respective societies, it is surely that of reconciliation. Confident in convictions, frank and rigorous in their critical outlook, armed with a broader understanding of Western societies, of their values, their history and their aspirations, they are ideally placed to engage their fellow citizens in reconciling these societies with their own ideals. The vital issue today is not to compare social models or experiences in a fruitless debate (as we have witnessed between the United States, France and Great Britain) but more simply, and in a far stricter and more demanding way, to take the measure of each society by comparing the ideals affirmed and proclaimed by its intellectuals and politicians, with the concrete practices that can be observed at the social grassroots: human rights and equality of opportunity (between men and women, people of different origins, skin colors). We must bring constructive criticism to bear on our societies, and measure words against deeds: all the citizens must adopt toward their society the same healthy self-critical attitude that Muslims must demonstrate toward their community.

Nous arrivons maintenant au chapitre des promesses. Dans l’univers Ramadan, les problèmes actuels n’ont donc rien à voir avec la religion islamique, sont purement sociaux, politiques, éducationnels, et les craintes des Occidentaux proviennent de discours racistes et xénophobes de politiciens malhonnêtes. Dans ce contexte, les Musulmans peuvent contribuer à résoudre ces problèmes: «Sûrs de leurs convictions, francs et rigoureux dans leurs attitudes critiques, armés de vastes connaissances des sociétés occidentales, de leurs valeurs, de leur histoire et de leurs aspirations, ils sont en position idéale pour approcher leurs concitoyens et les réconcilier avec leurs propres idéaux.» Il s’agit pour eux de quitter les débats infructueux pour «prendre la mesure des sociétés en comparant les idéaux affichés et proclamés par leurs intellectuels et leurs politiciens avec la pratique concrète sur le terrain. (…) Tous les citoyens doivent adopter envers leur propre société la même attitude critique saine que les Musulmans doivent démontrer vis-à-vis de leur communauté.»

Il s’agit donc en clair de critiquer l’application des valeurs démocratiques et laïques (affichées en effet par l’écrasante majorité de nos intellectuels et politiciens) et de porter un regard sur la société qui soit similaire à celui que les Musulmans doivent porter sur la leur, c’est-à-dire, à l’évidence, celui inspiré par leur religion. Combien d’arrêts encore, dans cet omnibus en route vers la théocratie?

Our societies are awaiting the emergence of a new “We”. A “We” that would bring together men and women, citizens of all religion-and those without religion-who would undertake together to resolve the contradictions of their society: the right to work, to housing, to respect, against racism and all forms of discrimination, all offenses against human dignity. Such a “We” would henceforth represent this coming together of citizens confident in their values, defenders of pluralism in their common society and respectful of the identities of others; citizens who seek to take up the challenge in the name of their shared values at the very heart of their societies. As loyal and critical citizens, as men and women of integrity, they join forces in a revolution of trust and confidence to stem the onrush of fear. Against shallow, emotional, even hysterical reactions they stand firm for rationality, for dialogue, for attentiveness, for a reasonable approach to complex social questions.

Nos sociétés, en effet, «attendent l’émergence d’un nouveau ‹Nous›», dit un Ramadan maintenant lyrique. «Un ‹Nous› qui rassemblerait hommes et femmes, citoyens de toutes religions – et sans religion – qui s’attacheraient ensemble à résoudre les contradictions de leur société: le droit au travail, au logement, au respect, contre le racisme et toutes les formes de discrimination, toutes les atteintes à la dignité humaine.» Comme si ces valeurs étaient celles de la religion islamique, comme s’il nous suffisait de jeter un regard ébloui sur les sociétés musulmanes pour nous convaincre que les valeurs qui y règnent nous aideront à atteindre cette utopie.

Ramadan peut-il être sincère d’une quelconque manière? Dans quel cas, avec quelle vision peut-il prétendre à bon escient être sincère? Dans un monde dont les lois sont acquises à l’Islam bien sûr. Dans une telle société, il suffit en effet de ne pas être en tort face à la loi pour jouir de tout cela. Certes, ceux qui insultent le prophète et quittent la religion sont exécutés, les femmes infidèles sont lapidées, les voleurs et les brigands sont mutilés, tout cela en place publique, pendant que les armées musulmanes effectuent des raids djihadiques à l’étranger et envoient des colonnes d’esclaves vers les capitales. Mais dans l’œil du cyclone, dans la Bagdad ou l’Andalousie mythique, cette vision peut rester sincère.

The future of Western societies is now being played out at the local level. It is a matter of greatest urgency to set in motion national movements of local initiatives, in which women and men of different religions, cultures and sensitivities can open new horizons of mutual understanding and shared commitment: horizons of trust. These shared projects must henceforth bring us together, and give birth to a new “We” anchored in citizenship. Of course, “intercultural” and “interfaith” dialogues are both vital and necessary, but they cannot have the impact of the shared commitment of citizens in the priority fields : education, social fractures, insecurity, racisms, discriminations, etc.

Mais Ramadan ramène rapidement la rêverie sur le terrain politique: «L’avenir des sociétés occidentales se joue maintenant au niveau local. Il est urgent de lancer des mouvements nationaux composés d’initiatives locales par lesquelles des femmes et des hommes de religions, de cultures et de sensibilités diverses peuvent ouvrir de nouveaux horizons de compréhension mutuelle et d’engagement partagé – des horizons de foi.» Et de quoi parleront donc ces gens ainsi rassemblés par tant de bonnes intentions? Des «thèmes prioritaires: l’éducation, les fractures sociales, l’insécurité, les racismes, les discriminations, etc.» Soit les thèmes, précisément, auxquels Ramadan vient d’exhorter les Musulmans à consacrer le meilleur de leurs efforts critiques dans le cadre d’une révolution de foi. Notons qu’il n’incite pas les Occidentaux à vivre également une telle révolution de foi. En mélangeant ainsi des gens de différentes religions avec pour programme d’action celui que se sont choisis les membres d’une religion précise, où va-t-on?

Together they must learn to question educational programs, and to propose more inclusive approaches to the sum of remembered experience that make up today’s Western societies. These societies have changed, and the teaching of history must change apace; it must include the multiplicity of these experiences; it must even speak of the dark periods of history, those of which new citizens of the West have often been the original victims. Alongside the Enlightenment, and the progress and achievements of science and technology, something must also be said about slavery, about colonialism, about racism, genocide, and more. Objectively, without arrogance nor permanent sense of guilt. At the risk of touching off a competition for most-wounded victim status, a more objective reading of the memories building the current national History must be made official. On the social level, we must commit ourselves to a far more thoroughgoing social mixing in both our schools and our communities. Far more courageous and creative social and urban policies are needed, of course. But even now citizens can foster human interchange in and through projects focused on local democratic participation. National political authorities must go along, facilitate and encourage such local dynamics.

Dans ces réunions, continue de professer Ramadan, il faudra aussi examiner l’histoire qui a «fait les sociétés occidentales» (pas un mot de l’histoire de l’Islam). Il faudra aussi parler des «périodes sombres, de celles où les nouveaux citoyens de l’Occident étaient souvent les premières victimes. En marge des Lumières, des progrès et des réalisations de la science et de la technologie, il faut parler aussi de l’esclavage, du colonialisme, du racisme, des génocides, et plus encore.»

Ramadan nous recommande donc de bien parler avec des Musulmans des erreurs passées de l’Occident, qui les a pourtant déjà largement reconnues et réparées, ces erreurs, et dont les lois sont aujourd’hui exemptes des éléments qui en permettraient le retour, voire pourvues de nombreux garde-fous à cet égard, mais Ramadan ne propose pas de jeter un regard aussi sur l’esclavagisme séculaire, les massacres, les violations de la dignité humaine systématiques qui restent ancrées en toutes lettres dans les textes sacrés et les lois de sa religion.

Où mène donc son ordre du jour, sinon à la propagation de ces lois médiévales? Car comment vanter l’Islam tel qu’il est sans en même temps confirmer dans leur position ceux des Musulmans qui tiennent à en instaurer les lois? Si l’Islam est une bonne chose, il faut respecter ses lois, n’est-ce pas? Et les changer, c’est changer l’Islam, un crime pour lequel ces lois prévoient la peine de mort. Et peu de gens ici savent cela aussi bien que Ramadan.

Western societies will not win the battle against social insecurity, violence and drugs through the sole security-based approach. What we need in our communities are social institutions, civic education, local job-creation, and confidence-building policies. Local political authorities can do much to transform the prevailing atmosphere of suspicion, and citizens, including Muslims, must not hesitate to knock on their doors, to remind them that in a democratic society the elected representative is at the service of the voter, and not the opposite. It is imperative that we become involved in national affairs, that we not allow ourselves to be carried away by the passions generated on the international scene. Still, it is clear that a critical discussion of how immigration is managed has yet to take place in the West: it is no longer possible to strip the Third World of its riches and in the same breath treat those who flee poverty and dictatorial regimes as criminals. Not only is such behavior unjust and inhuman; it is intolerable. To be and to remain the voice of the voiceless of Iraq or Palestine, of Tibet or Chechnya, of abused women and of AIDS victims (particularly in Africa, even though medication exists), is to take a stand for reconciliation in the name of the ideals of dignity, human rights and justice too often sacrificed on the altar of short-term political gain and geostrategic interests. In times of globalization, both local mutual trust and global critical mind pave the road towards reconciliation between civilizations.

Petite perle de vérité vraie dans cette mare de mauvaise foi: «Les sociétés occidentales ne remporteront pas la bataille contre l’insécurité sociale, la violence et les drogues par la seule approche sécuritaire.» Mais nous replongeons immédiatement dans la vase, cette fois carrément étatisée et mondialisée: «Nous avons besoin (…) d’institutions sociales, d’éducation civique, de création d’emplois locale et de politique créant la confiance. (…) Il est impératif que nous soyons impliqués dans les affaires nationales (…) Il est clair qu’un débat critique sur la gestion de l’immigration doit être mené en Occident: il n’est plus possible de dépouiller le tiers-monde de ses richesses et, dans le même souffle, de traiter comme des criminels ceux qui en fuient les régimes dictatoriaux.» Et Ramadan de nous exhorter à adopter la vague altermondialiste.

D’où vient le gros de l’aide, judicieuse ou pas, au tiers-monde, sinon de l’Occident, des institutions onusiennes, des dons des Occidentaux, qui travaillent d’arrache-pied pour accéder à leurs «richesses»? Et quels enseignements, quelles valeurs caractérisent les pays du monde qui traitent le mieux leurs citoyens de base et les enrichissent de la manière la mieux répartie?

Personne n’est parfait, mais dans la progression vers le raisonnablement bon, de quel droit l’Islam peut-il bien donner des leçons? Au nom de quels exemples? L’Arabie Saoudite ou les autres États immensément riches du Golfe? L’Iran avec sa Révolution? Le Pakistan avec ses fuites de technologie nucléaire? Le Soudan avec son génocide et son esclavage? L’Autorité palestinienne avec ses usines à suicide soutenues par les écoles et la télévision? La seule exception est Dubaï, et elle est réservée aux plus riches de ce monde. Que faut-il en déduire – que l’Islam est la solution, vraiment?

Et comment les valeurs manifestement religieuses ayant donné naissance à la charia, à l’idéologie du djihad mondial, à la ségrégation religieuse et sexuelle censément ordonnée par dieu, à l’esclavagisme le plus systématique de l’histoire connue, aux châtiments corporels en place publique, pourraient-elles, sans profonde réforme préalable, produire autre chose que de telles sociétés en faillite intellectuelle et/ou morale? Ramadan nous propose de critiquer et de réformer précisément les valeurs et la civilisation qui ont fait le plus de progrès concrets vers l’utopie de justice sociale qu’il décrit. Faut-il suivre cet homme?

A revolution of trust and confidence, of critical loyalty, the birth of a new “We” driven by national movements of local initiative: such are the contours of a responsible commitment by all the citizens in Western societies-for they lay claim to the benefits of a responsible, citizen-based ethic; for they want to promote the western cultural richness; for they know that survival will depend, imperatively, upon a new sense of political creativity. Citizens must work in the long term, above and beyond the electoral deadlines that paralyze politicians and hinder the formulation of innovative, courageous policies. When the elected official has nowhere to turn, when he no longer can translate his ideas into reality, it falls to the voters, to the citizens, to lay full claim to their ideals, and to make them a reality.

En conclusion, Ramadan revient à son «nouveau ‹Nous› guidé par des mouvements nationaux et des initiatives locales» qu’il a décrit plus amplement plus haut, à savoir des rencontres entre toutes sortes de gens, au niveau de la population de base et qui serviraient essentiellement, rappelons-le, à critiquer les valeurs occidentales défaillantes (ou leur manque de respect de leurs plus parfaits idéaux) et à prôner celles des communautés musulmanes.

D’accord pour les débats. D’accord pour le retour à l’individu, confiant en ses propres valeurs, comme base et source de la politique. Tout cela est excellent. Mais qu’on me permette, à moi, alors, en tant que citoyen indépendant de base, sans affiliation religieuse ou politique, de proposer aux «miens», soit les gens libres, tout simplement, l’esquisse d’une autre approche et d’un autre ordre du jour: les citoyens des pays occidentaux devraient étudier l’Islam par leurs propres moyens, en fonction de leur propre mode de pensée, de leurs propres valeurs, et en critiquer les dogmes – non réformés – avec la plus grande vigueur.

Il faut faire prendre conscience aux Musulmans que les textes sacrés de leur religion et les lois qui en dépendent tout à fait directement sont le principal obstacle à leurs aspirations. L’Occident peut fort bien s’accommoder de modes de vie étrangers – il l’a prouvé à maintes reprises avec de nombreuses communautés. De fait, c’est l’Occident, aujourd’hui, qui accueille des communautés étrangères croissantes, tandis que ses minorités en terre d’Islam subissent tant de brimades qu’elles y périclitent. Mais si la charia s’installe en Occident, tout indique que les Musulmans retrouveront ici ce qu’ils fuient dans leurs pays d’origine – l’arbitraire, la violence physique, le contrôle des pensées et la paupérisation du peuple.

Ainsi, pour le bien commun, les gens libres doivent puiser dans leurs valeurs de base, dans les valeurs qui ont inspiré leurs constitutions, pour rejeter aussi fermement que possible les lois politiques et sociales de l’Islam, avec l’aide des Musulmans qui auront compris ce phénomène. Cela permettra aussi de peaufiner nos lois afin de mieux protéger les valeurs préservant effectivement les libertés individuelles et favorisant ainsi une société ouverte et créative. Les gens pieux, pour qui la religion est un art de vivre tourné vers la spiritualité et le divin, peuvent fort bien évoluer dans une telle société. Tandis qu’une communauté régie par des lois religieuses trop précises tend à rejeter les gens qui s’enthousiasment pour autre chose que la piété standard – notamment les arts et les sciences.

Certes, pour les Musulmans, le pas est difficile à franchir, car, au-delà du courage physique et moral qu’il faut déployer pour braver les accusations d’apostasie, beaucoup croient en l’idéal de société juste qui est souvent associé à leur religion.

Chacun se réjouit de faire partie d’une société juste, et les projets allant dans ce sens sont souvent séduisants, mais il faut se souvenir que les tentatives dirigistes correspondantes ont toutes conduit à des désastres – l’Occident en sait quelque chose, lui qui, au siècle passé, a subi les affres du fascisme et du communisme (deux mouvements que le monde islamique a soutenus, d’ailleurs).

Et l’Islam aussi a échoué, le fait est patent. Aujourd’hui, seuls les milliards du pétrole lui permettent de sauver la face. Il est donc irresponsable d’accepter les boniments d’un Ramadan, véritable vendeur de voitures d’occasion, qui incite les Musulmans à reprendre des recettes dont les résultats se sont révélés plus qu’indigestes. De même, exactement, qu’il est irresponsable de prôner le retour au National-socialisme ou au Marxisme, qui ont fait la preuve de leur inanité.

Il est certes fort probable, et même certain, que l’Islam – la civilisation, et donc les Musulmans – puisse apporter une contribution majeure au progrès de l’humanité. Il est même évidemment bon et recommandable de croire cela fermement, car le vaisseau Terre ne voguera bien que si son équipage y travaille de manière sinon concertée, du moins non antagoniste. Mais il faut tirer la leçon des événements. Il faut réformer l’Islam – la religion – avant, le cas échéant, de s’en resservir.

* * *

Voir aussi:
Réformer l’Islam de l’extérieur?
L’Islam est à l’épreuve des débats d’experts
Comment réformer l’Islam – de l’intérieur

Posted in | 11 Comments »



11 Responses

  1. Le devoir de précaution » Blog Archive » Nouvel aperçu de l’enfer islamiste britannique Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  2. Le devoir de précaution » Blog Archive » Du danger intérieur et de l’inanité de l’apaisement Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  3. Le devoir de précaution » Blog Archive » Comment le terrorisme compromet le projet islamiste Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  4. Le devoir de précaution » Blog Archive » Musulmans: méfiez-vous des gens de gauche! Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  5. Le devoir de précaution » Blog Archive » Le point sur les liens de Tariq Ramadan avec le terrorisme Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  6. Le devoir de précaution » Blog Archive » Deux juges allemands lancent un cri d’alarme Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  7. Le devoir de précaution » Blog Archive » Lutte contre les diverses manifestations de l’islamisme Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  8. Le devoir de précaution » Blog Archive » Les Suisses sont-ils prêts à résister? Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  9. Le devoir de précaution » Blog Archive » L’ASML, les laïques de Troie Says:

    […] BlogPlan d’actionStratégieInterdire l’Islam? ManifesteArgumentaireCoranIslam modéréEnnemi intérieur […]

  10. Alain Jean-Mairet » Tariq Ramadan devient embarrassant Says:

    […] passé, l’intellectuel islamiste suisse qui poursuit maintenant son oeuvre en Angleterre (avec des passages sur le continent), avait accusé publiquement Daniel Pipes de […]

  11. Alain Jean-Mairet » Les amis suisses du martyre islamiste Says:

    […] telles que «Nous sommes des Musulmans en Europe, pas des Musulmans européens» (cela rappelle quelque chose); et avoir déclaré publiquement, notamment, que «[se] sacrifier pour la Palestine est une noble […]

-->