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  • Une collection d’arguments en faveur de l’exclusion de l’Islam (en Suisse)

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Lutter jusqu’au triomphe définitif

December 2nd, 2006 by ajmch

Traduction d’un article de Tilman Nagel paru dans la Neue Zürcher Zeitung et auquel j’ai ajouté des URL vers les références mentionnées:

De la violence dans l’Islam

Allah a-t-il permis aux assaillants musulmans de pénétrer dans Tripoli par une ruse? Ou bien n’a-t-il mis la ville entre leurs mains qu’au terme d’une lutte sanglante? Les houleux débats suscités par cette question, il y a aujourd’hui presque trente ans, lors d’une rencontre d’historiens en majorité musulmans, me revinrent à l’esprit en lisant la lettre ouverte constituant la réponse de 38 dignitaires musulmans à l’exposé prononcé par le pape à Regensburg et selon laquelle le fait que l’Islam aurait été propagé par l’épée ne résisterait pas à l’examen.

Pour les historiens du débat auquel je pense, la diffusion de l’Islam par la guerre constituait une vérité irréfutable et une méthode appropriée pour propager la seule vraie religion. Ils en avaient devant les yeux d’innombrables éléments de preuves, à commencer par les passages concernés du Coran (par ex. sourate 9, verset 29 ou 111) et jusqu’aux milliers de pages de comptes rendus de l’histoire arabo-musulmane en passant par les grandes compilations de hadiths (par ex. le long chapitre sur le djihad de Bukhari) et les travaux, également très circonstanciés, dédiés aux campagnes de Mahomet et aux conquêtes des premiers califes.

TACTIQUE

Les tentatives de justification de ces récits d’événements qui se sont déroulés essentiellement sous le règne de Harun ar-Rachid (au pouvoir de 786 à 809), dans le cadre de ses guerres contre l’empire byzantin, leur sont certainement familières aussi. Les thèses élaborées à l’époque n’ont jamais été révoquées ni sérieusement remises en question par une quelconque autorité musulmane. Elles disent que le «domaine de l’Islam» doit s’étendre au détriment du «domaine de la guerre» jusqu’à la disparition de celui-ci; dans cette optique, les accords conclus avec les «mécréants» ne peuvent être que de nature tactique.

Les modifications telles que l’introduction d’un «domaine du témoignage» pour désigner un territoire où le rite islamique est déjà pratiqué librement sans pour autant se trouver sous domination musulmane, n’ont rien changé à cet objectif. C’est de lui aussi que dépendent les règles statuant sur l’exploitation des «mécréants» compilées pour la première fois vers 800 - des règles qui peuvent être pleinement appliquées essentiellement lorsqu’un territoire a été annexé «par la violence», selon la définition musulmane, et donc pas à la suite d’un traité de reddition.

La conviction supportée par le Coran, par les récits des origines et par leur influence légale normative, selon laquelle le simple succès politique de l’Islam est la meilleure preuve de la véracité de son message, est restée très vivace. Elle s’impose même au premier plan de la conscience musulmane depuis la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde islamique.

Cela nous donne l’occasion d’examiner les pulsions dominatrices contenues dans le message islamique et agissant indépendamment des circonstances extérieures. Pour ce faire, observons la 2e sourate, intitulée «la vache» – un texte apparu peu avant la bataille de Badr (624). Elle passait pour un résumé de l’enseignement de Mahomet pendant ses années médinoises. Allah, le créateur et infatigable guide de l’univers (verset 255, dit «du trône»), mérite de la part des hommes un culte tout aussi infatigable et absolument exclusif, lequel n’est autre que l’Islam, fondé par Abraham à la demande d’Allah.

Le pèlerinage au lieu saint érigé à La Mecque par Abraham et Ismaël (versets 125 et s.) constitue un élément essentiel de cet Islam. En «restaurateur d’Abraham» (cf. verset 129), Mahomet en reprend la mission et guide ses partisans mecquois et médinois dans une guerre contre La Mecque, dont les principaux notables rejettent le culte «abrahamique» propagé par Mahomet et ont interdit au prophète de participer au pèlerinage local (versets 190 à 193).

Les sacrifices d’animaux sont un élément indissociable de ces rites «abrahamiques» (verset 196) que les Juifs et les Chrétiens ne connaissent pas. Pour Mahomet, ils vont de soi et, en les instituant, il s’approprie l’idéologie des Arabes monothéistes préislamiques (hanifes), lesquels aspiraient à une pratique rituelle (arabe: «din») tirant son authenticité d’Allah lui-même et incluant les sacrifices d’animaux. Et c’est précisément ce voeu que Mahomet satisfait avec la 2e sourate, qui précise les principaux rites ainsi que quelques dispositions relatives à la vie pratique. Comme Mahomet revendique la restauration des rites authentiques, ses prédécesseurs dans la ligne prophétique doivent avoir ordonné également des sacrifices d’animaux - Moïse aussi. Cet acte de Moïse, fondé sur une interprétation erronée des Nombres 19, est également exposé dans la 2e sourate (versets 67 à 73).

Les Israélites n’auraient accepté les injonctions de Moïse qu’à contre-coeur. Et ils ne les respecteraient plus depuis longtemps, ce que Mahomet lie à l’accusation selon laquelle ils auraient tué les prophètes qui leur auraient été envoyés. D’autres actes de désobéissance leur auraient aussi valu la colère d’Allah (verset 61), jusqu’à être transformés en singes (verset 65). Les précurseurs arabes susmentionnés étaient déjà persuadés que les Juifs et les Chrétiens n’étaient pas, comme ils le prétendaient, les favoris d’Allah, mais devaient au contraire subir sa colère et sa malédiction – les Chrétiens en raison de la déification de Jésus.

Mahomet explique ainsi dans le verset 111 à quel point les Juifs et les Chrétiens se trompent à propos de leur relation avec Allah. Lui, Mahomet, annonce la seule pratique rituelle «abrahamique» correcte aux yeux de l’infatigable créateur et préservateur de l’univers verset 255), la seule authentique, car exempte de toute trace d’apport d’origine humaine, de toute contrainte, de sorte que, cette pratique étant maintenant révélée, la vérité et l’erreur sont désormais clairement séparées et toute obstination dans l’erreur est inacceptable (verset 256).

NULLE CONTRAINTE?

En adaptant la formulation du verset 256 excluant toute contrainte dans la pratique rituelle (din) pour la présenter comme si elle excluait la contrainte envers une religion (spécifique), on obtient un semblant de démonstration de la liberté religieuse dont témoignerait le message coranique. Mais ni le Coran, ni les hadiths, ni les récits sur la vie du prophète ne livrent le moindre indice révélant que Mahomet aurait caressé une telle idée. Au contraire, il se sentait appelé à imposer par tous les moyens imaginables le respect des rites qu’il disait authentiques, car instaurés par Abraham, avant le Judaïsme et le Christianisme, ce qui suffisait à en prouver la véracité (3e sourate, versets 64 et s.).

Le respect des rites musulmans «abrahamiques» – voilà où se situait pour lui le point de vue déterminant. Il pouvait espérer que les Juifs et les Chrétiens approuvent ses rites; alors, tout aurait été pour le mieux, car ceux-ci croient sinon aussi en un Dieu créateur et en un Jugement dernier. Ainsi peut-il dire dans la sourate 3 (verset 110): «Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes: vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait mieux pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers.» Enfin, dans la 5e sourate, verset 19, il appelle les «gens du livre» à lui obéir, à lui qui leur apporte la vérité; alors, ils seraient les favoris d’Allah, et Allah n’aurait pas à les châtier (verset 18) – des paroles prononcées dans l’élan de la première convention d’asservissement conclue avec des communautés judaïques et chrétiennes.

Dans son exposé traitant «de la violence dans la Chrétienté» (NZZ 14.10.2006), Hans Maier relève que les enseignements chrétiens donnèrent toujours lieu à une critique interne, dans l’Église, de l’utilisation de contrainte envers les adeptes d’autres fois; le commandement d’amour de son prochain, qui doit inclure l’ennemi, enlève en effet d’emblée toute justification à une telle attitude. Mais l’histoire n’a gardé aucune trace d’une délégitimisation par Mahomet de la propagation de la religion par la violence. «J’ai reçu pour mission de combattre contre les hommes jusqu’à qu’ils disent: ‹Il n’est pas d’autre dieu qu’Allah.› S’ils disent cela, alors leur sang et leur biens sont protégés et il appartient à Allah de leur rendre justice (lors du Jugement dernier).» Cette phrase nous est transmise sous forme de partie d’un sermon de Mahomet lors de son «pèlerinage d’adieu» ou de legs séparé (cinq mentions dans Bukhari).

LORSQUE L’APPEL RETENTIT

«Il m’a été accordé cinq choses qu’aucun prophète avant moi n’avait obtenues. Allah m’a donné la victoire par la terreur (que j’inspirais) sur une distance (équivalent à) un mois de marche. La terre entière a été assignée comme lieu de prière pour moi (et pour mes fidèles), de sorte que mes fidèles peuvent prier partout sur la terre, l’heure venue. Le butin (pris à l’ennemi) a été rendu licite pour moi (et pour personne d’autre). Les autres prophètes n’étaient envoyés qu’à leur peuple, alors que j’ai été envoyé à l’humanité entière. J’ai reçu le droit d’intercéder (au jour de la Résurrection).» À ces paroles de Mahomet rapportées par Bukhari (810-870), d’autres sources ajoutent en guise de sixième don l’octroi de la clé des trésors de l’univers. Le plus ancien témoignage extérieur de l’existence de l’Islam date de 634: un prophète guerrier se serait dressé de parmi les Sarrasins et prétendrait détenir la clé du paradis, mais son attitude guerrière empêchait de croire qu’il fut un vrai prophète.

Très tôt, les paroles et les actes de Mahomet devinrent un modèle obligatoire pour l’écrasante majorité des Musulmans. Et les campagnes militaires furent systématiquement mises en exergue et présentées comme des entreprises exemplaires tout au long de l’histoire de l’Islam. Il faut rendre honneur à l’aplomb de ces 38 dignitaires musulmans qui trouvent l’exposé de tels faits par des adeptes d’autres fois à tel point désagréable qu’ils préfèreraient les dissimuler. En effet, ils ne peuvent plus guère compter sur l’ignorance de leurs interlocuteurs. La quasi totalité des textes en question est maintenant disponible au moins en anglais.

Ne pas être musulman n’aurait jamais constitué un «casus belli» écrivent les trente-huit. En effet, il faut que l’«appel à l’Islam» [NdT: voir les explications d'Averroès] soit ignoré par trois fois pour justifier l’attaque, du moins de l’avis de Mahomet. On entend souvent des voix musulmanes affirmer qu’il ne s’agissait que de guerres défensives – au cours desquelles l’on serait parvenu jusqu’à Tours et Poitiers, aux portes de Vienne, en Asie centrale, en Inde, etc. Enfin, on déclare volontiers aussi que ces guerres ne visaient pas à propager la foi musulmane, mais uniquement à établir la domination islamique – les soumis seraient ainsi devenus des «protégés», des citoyens de deuxième classe, mais ayant le droit de conserver leur foi. Mais ces justifications s’avèrent inadéquates par leur simple incompatibilité entre elles.

Un dialogue honnête doit être caractérisé par une ouverture sans réserve. Le dilemme auquel un tel dialogue mènera les dépositaires du legs islamique sera certes épineux, car le maintien du caractère obligatoire du modèle de Mahomet n’est pas compatible avec un monde où règnerait une coexistence pacifique. Il faudra nécessairement se demander dans quelle mesure le Coran et les hadiths, qui témoignent justement aussi des aspects guerriers de Mahomet, devront rester les sources authentiques éternelles de la pensée et du comportement des Musulmans. Ne serait-il pas plus raisonnable, à l’image des Mutazilites des IXe et Xe siècles, de ne reconnaître la validité des attitudes en question que dans le cadre de l’Arabie de Mahomet? Mais cette idée a de quoi faire frémir plus d’un de nos 38 dignitaires.

Tilman Nagel est professeur de langue et de littérature arabes à l’université de Göttingen. Il a rédigé de nombreux ouvrages sur le sujet, dont «Islam. Die Heilsbotschaft des Korans und ihre Konsequenzen» (2001); «Der Koran. Einführung – Texte – Erläuterungen» (4e édition 2002).

Posted in Vigilance | 3 Comments »



3 Responses

  1. Le devoir de précaution » Blog Archive » Les Musulmans sont gentils, les politiciens inquiets sont méchants … Says:

    [...] Oui. La solution consisterait à nous accommoder des Musulmans et de leur minorité permanente de coupeurs de tête, d’adeptes de la ségrégation religieuse et sexuelle et d’apôtres de l’esclavagisme qui choisissent de s’inspirer des paroles et des actes de leur prophète et donc des fondements même de leur religion. [...]

  2. Le devoir de précaution » Blog Archive » La menace de l’Islam authentique Says:

    [...] Entre parenthèses, il en va de même de ce petit verset privé de contexte disant qu’il ne saurait y avoir de contrainte en religion. Ce message est à tel point contredit par un tel amoncellement d’ordres autrement plus clairs et surtout bien contextualisés que son sens, dans la pratique, a été totalement dilué par les exceptions qui sembleront indispensables à quiconque étude l’ensemble de la matière. D’autre part, l’interprétation la plus plausible de ce verset, celle qui tient compte à la fois du contexte litéral (thèmes abordés dans la même sourate) et historique (modification effective vérifiable) en fait un argument avancé par Mahomet pour introduire dans le culte musulman le sacrifice d’animaux (par égorgement) qui reste l’un des plus importants rites de la religion islamique. Signalons encore, pour clore cette parenthèse, qu’il est commun parmi les candidats aux armées du prophète de s’entraîner à l’égorgement sur des animaux (de plus en plus grands) avant de passer à des victimes humaines. [...]

  3. Le devoir de précaution » Blog Archive » De l'effroyable mahonnêteté de certaines conversions «sans contrainte» Says:

    [...] aussi l’explication de Tilman Nagel selon laquelle cette phrase se rapporte au culte et non à la religion; concrètement, il se [...]

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