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  • Projet d'interdiction du culte musulman (en Suisse)


Oslo: trois fois plus de viols qu’en Suisse. Pourquoi?

May 18th, 2008 by ajmch

Les viols d’Oslo sont inquiétants depuis plusieurs années déjà. En l’an 2000, on y recensait 111 condamnations pour viol, dont 65% étaient le fait d’individus d’origine étrangère. En 2006, le personnel hospitalier parlait de doublement en dix ans. Et l’an dernier, ce total avait atteint 161 viols et 35 tentatives (196 cas, dont un grand nombre de viols en groupe), avec un pourcentage d’auteurs d’origine non norvégienne supérieur à 70%, alors que ces derniers composent quelque 20% des près de 700.000 habitants (Robert 2006) de la ville. Ces gens d’origine étrangère viennent essentiellement (larges communautés) des pays suivants: Pakistan, Sri Lanka,  ex-Yougoslavie, Vietnam, Philippines, Turquie, Somalie, Irak, Maroc.

Il vaut la peine de faire une comparaison avec la Suisse, qui offre des conditions de vie comparables, dans un milieu également européen et multilingue (Norvège: bokmal, nynorsk, anglais; Suisse: allemand, français, italien, romanche), compte dix fois plus d’habitants (7,5 millions) et un peu plus de 21% d’étrangers, mais d’origines différentes, plus européennes (dans l’ordre d’importance, en 2004: Italie, Serbie-Monténégro, Portugal, Allemagne,  Turquie, Espagne, France, Macédoine, Bosnie, Croatie, Autriche) et dont les nombres de viols recensés peuvent être consultés dans la statistique policière de la criminalité. J’indique ci-après le total des cas (viols + tentatives), le nombre commis par des auteurs identifiés et, parmi ceux-ci, le nombre, puis le pourcentage d’étrangers, de 2002 à 2006. Ce dernier pourcentage varie fortement (de 61,73% à 85,55%), car il contient un élément très aléatoire: il ne prend en compte que les cas élucidés.

2002: 484 cas, dont 372 élucidés, dont 254 commis par des étrangers (68,28%)
2003: 547 cas, dont 405 élucidés, dont 250 commis par des étrangers (61,73%)
2004: 573 cas, dont 404 élucidés, dont 259 commis par des étrangers (64,1%)
2005: 646 cas, dont 353 élucidés, dont 302 commis par des étrangers (85,55%)
2006: 639 cas, dont 486 élucidés, dont 309 commis par des étrangers (63,58%)

Il faut préciser ici que ces statistiques réunissent des indications peu harmonisées entre les différentes sources et ne peuvent guère indiquer valablement que des tendances très générales. Mais tout de même, entre 2002 et 2006, en cinq ans, le nombre de cas de viols en Suisse a progressé de 32% (alors que la population n’augmentait que de 2,6%), ce qui est alarmant, même si l’on considère qu’une partie de cette progression est à mettre au crédit d’une tendance accrue à signaler ces cas à la police. Il faut bien sûr aussi relever que le nombre total a connu un fléchissement entre 2005 et 2006, quoique cette évolution ne soit pas confirmée par l’évolution des cas élucidés. 

Mais si la Suisse devait atteindre le taux de viols de l’an dernier à Oslo (soit 28 cas par an et par 100.000 habitants), ce sont quelque 2100 viols qui y seraient perpétrés chaque année, soit plus de trois fois plus qu’aujourd’hui et plus de quatre fois plus qu’en 2002.

Pourquoi une fréquence de viols si élevée à Oslo? Plusieurs observateurs pointent l’Islam du doigt. L’an dernier, constatant que les étrangers étaient six fois plus souvent impliqués dans des affaires de viol que les Norvégiens et que l’origine musulmane semblait dominer parmi les violeurs, une commission chargée d’enquêter sur le problème proposa de faire intervenir les imams auprès de la population musulmane. Récemment des Musulmans norvégiens affirmèrent avec force que la fréquence des viols serait due au comportement insouciant ou provoquant des jeunes filles norvégiennes, par opposition aux Musulmanes. De fait, 80% des victimes de viol sont des femmes norvégiennes. Dans ce contexte, des analystes évoquent même une guerre mi-ethnique mi-religieuse des Musulmans

C’est que la religion islamique a de quoi inspirer des comportements de ce type. Pour violer une femme, il faut la mépriser et le Coran regorge littéralement de malédictions envers les gens qui n’ont pas leur foi (plus d’explications), ce qui incite certainement certains croyants musulmans à mépriser les femmes occidentales. Comme d’autre part, la religion islamique entérine la pratique de l’esclavage des non-croyants (jusqu’à en faire un pilier de son activité économique) et autorise le sexe avec les femmes esclaves, il est possible de s’attendre à ce que les gens qui puisent dans cette religion les bases de leur moralité y trouvent aussi des impulsions et une justification à traiter les femmes occidentales comme de purs objets sexuels.

Des affaires traitées en justice ou dans les médias ont permis de mettre au jour de tels sentiments liés au style de vie islamique, s’exprimant par des viols humiliants à caractère religieux et largement, quoiqu’indirectement, soutenus par des imams. Voir notamment le terrible récit des vagues de viols racistes à Sydney, qui réunit tous ces composants.

En l’état, ce ne sont là bien sûr que des hypothèses, sans preuves définitives. Mais le poids des indices devrait, dans un monde authentiquement libre et moderne, largement suffire à justifier des enquêtes sans complaisance à ce propos. Il faut étendre les statistiques jusqu’à inclure les sources de la morale et des motivations des violeurs, il faut établir avec la meilleure certitude possible l’impact de la foi islamique en la matière et observer si les cas de viols dans notre pays peuvent ainsi être valablement corrélés et expliqués. Systématiquement. Afin de les prévenir.

Nous devons faire la lumière. Nous le devons à toutes les victimes, passées et futures, de cet acte abject qu’est le viol, mais aussi à tous les étrangers sur qui ces statistiques criminelles indifférenciées font peser un soupçon trop vague pour être juste.

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«Les Musulmans ne votent que pour Allah»

May 18th, 2008 by ajmch

http://www.youtube.com/watch?v=8ZNx0xHe0p0

Bienvenue dans l’avenir de l’Europe. L’«infime minorité» de Musulmans extrémistes (et encore, ils ne font que vouer tous les politiciens non musulmans aux gémonies — dans un sondage, ils ne passeraient même pas pour des extrémistes…) est ici à l’oeuvre en Grande-Bretagne.

Un énergumène vocifère au haut-parleur, parmi une foule de Musulmans (vêtements traditionnels), que seuls des infidèles peuvent voter pour des infidèles (il utilise un terme arabe péjoratif), que les Musulmans ne votent que pour la chahada (il n’y a de dieu qu’Allah et Mahomet est son messager). Tous les politiciens infidèles sont voués à l’enfer. Qu’ils aillent tous en enfer. Etc. Un policier le prie de cesser en lui faisant observer qu’il commet là un délit (manifestation non autorisée, je suppose). Il s’obstine. Les policiers arrêtent sa voiture. Les occupants en descendent et, avec la foule, entourent les policiers (qui n’ont pas d’armes à feu) d’un air menaçant.

Ces fanatiques sont simplement habités par le message du Coran et l’exemple du prophète, qu’ils ont trouvé dans les textes qui accompagnent inévitablement toute présence du culte musulman. Ils font partie du paysage islamique normal.

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La dawa au féminin

May 18th, 2008 by ajmch

La violence et le suprématisme ne sont pas les seuls problèmes graves posés par l’Islam et embrouillés par de soi-disant spécialistes, comme le révèle bien la désolante démonstration publiée aujourd’hui par la Tribune des droits humains (c’est là d’ailleurs un petit jeu qui devient sérieusement répétitif):

L’Islam est victime d’interprétations patriarcales du Coran qui datent d’une époque révolue et ne correspondent pas au message spirituel égalitaire original.

Égalitaire le message spirituel de l’Islam? Peut-être. Qui sait? Mais il n’y pas que la spiritualité dans la vie…

Coran 4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !

Coran 4:11
Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

Coran 2:282
Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

 Poursuivons:

«Il est devenu banal de présenter l’Islam comme étant l’un des principaux freins à la modernité, aux droits de la femme. Résultat: nous, les femmes musulmanes, passons notre temps à nous justifier, à nous confondre en excuses devant la situation des femmes en terre d’Islam que ce soit au Nigeria, au Soudan, en Afghanistan…».

C’est bien aimable de reconnaître en passant qu’il y a de quoi se plaindre.

Asma Lamrabet, médecin à l’hôpital des enfants de Rabat (Maroc), coordinatrice d’un groupe de recherche et de réflexion sur la femme musulmane et auteure d’ouvrages sur la question, dénonce volontiers le discours ‘médiatico-politique simpliste’ de certains en Occident, prompts à qualifier l’Islam de « rétrograde » et pour qui «la femme musulmane est devenue l’icône culturelle de l’oppression au nom du religieux».

En fait de discours simplistes, nous allons être servis:

Or, si elle admet volontiers que la situation des femmes musulmanes est loin d’être idéale, ce ne sont pas les textes sacrés qui en sont responsables, juge-t-elle: «Nulle part dans le Coran, il n’est dit que les hommes sont supérieurs aux femmes».

C’est en effet une chose que le Coran ne dit pas, précisément, en ces termes. Et alors? Quoi de plus simpliste que de choisir une information négative pour fonder une théorie affirmative? La question est de savoir ce que dit le Coran, pas ce qu’il ne dit pas. Mais c’est un peu plus complexe, évidemment. 

Une affirmation que confirme Azizah al-Hibri, professeur de droit à l’université de Richmond, en Virginie (Etats-Unis) et présidente de l’association Karamah d’avocates musulmanes pour les droits de l’Homme: «Le Coran dit que les hommes et les femmes sont créés à partir de la même âme; ils sont de même nature spirituelle et humaine.

Pas de citation ni de référence coranique? Quel dommage! Je dois m’avouer incapable de trouver à quel verset cette professeure de droit peut penser. Mais je peux offrir la liste de tous les versets qui contiennent le mot «âme». C’est instructif aussi.

Le Prophète lui-même disait que les femmes étaient les moitiés scindées de l’homme. Vous voyez, on est loin de la vision d’une Eve créé à partir de la côte d’Adam!»

Une recherche dans le Coran sur le mot «Ève» ne donne hélas que deux occurrences, entre parenthèses, les deux fois en situation de péché ou de condamnation. Sinon, Ève n’est jamais mentionnée en son nom propre dans le Coran. Tandis qu’Adam y a droit à 29 mentions, dont quelques-unes où les anges se prosternent devant lui. Dans la Bible, pour reprendre la comparaison un peu perfide de la professeure, Ève est tout de même «la mère de tous les vivants».

Et quand un/e Musulman/e dit «le prophète a dit», il/elle veut en principe parler d’un hadith, d’une anecdote transmise par ouï-dire. Sinon, il/elle dirait «le Coran dit», ce qui a beaucoup plus d’autorité. Voici autre chose que «le prophète a dit» (tiré d’une collection de la meilleure qualité disponible, reconnue universellement dans l’Islam) à propos des femmes:


Une fois, alors que le messager d’Allah se rendait à la Musalla pour faire la prière, il passa près des femmes et leur lança: «Ô femmes, faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’enfer est composée de vous autres femmes

Elles lui demandèrent alors: «Et pourquoi en est-il ainsi, ô messager d’Allah?» Il répliqua: «Vous jurez souvent et vous vous montrez ingrates envers vos époux. Je n’ai vu personne d’aussi déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensé et prudent pourrait fort bien être égaré par certaines d’entre vous

Les femmes demandèrent alors: «Ô messager d’Allah! Qu’est-ce qui est déficient dans notre intelligence et dans notre religion?» Il dit: «N’est-il pas ainsi que le témoignage de deux femmes équivaut au témoignage d’un homme?» Elles l’admirent. Il poursuivit: «C’est là la déficience de leur intelligence. Et n’est-il pas vrai qu’une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles?» Les femmes acquiescèrent. Et il dit: «C’est là la déficience de leur religion.»


 Et ça repart:

Selon Azizah al-Hibri, le Coran reconnaît au contraire une série de droits aux femmes. Ainsi, affirme-t-elle, est-il «incorrect de dire qu’elles ne peuvent pas travailler. Le Prophète par exemple consultait régulièrement les femmes sur les affaires de l’Etat et il entendait qu’elles jouent un rôle majeur tant au sein de la famille que dans la communauté».

Encore une fois, aucune référence. Et je ne vois pas du tout de quoi Mme al-Hibri pourrait bien parler. Peut-être le même genre de contorsions que Mme Radjavi quand elle présente le prophète comme un chantre de la démocratie directe? Nous ne le saurons probablement jamais.

Quant aux mutilations génitales, crimes d’honneur et mariages forcés, ils n’ont tout simplement rien à voir avec l’Islam: «Aucun mariage n’est valable en Islam sans le consentement libre et éclairé des deux époux. Et les crimes d’honneur sont considérés comme tels, à savoir des crimes».

Quelle éblouissante démonstration! Un peu court sur les références (une ou deux auraient suffit), mais on ne va pas chipoter devant tant de conviction.

Asma Lamrabet et Azizah al-Hibri ne se sont jamais rencontrées (les entretiens ont été réalisés séparément); l’une est marocaine, l’autre est libano-américaine; l’une porte le foulard, l’autre pas; mais elles tiennent un discours étrangement similaire. Pour elles, le problème vient du fait que les premiers juristes ont interprété les textes sacrés en partant de la société patriarcale et traditionnelle dans laquelle ils vivaient. «Ces interprétations ont été reprises par des générations successives de juristes et ont fini par devenir des lois immuables», explique Asma Lamrabet. «Il faut donc distinguer les textes sacrés de la jurisprudence (fiqh); or c’est dans cette jurisprudence sclérosée qui n’a plus évoluée depuis des siècles que l’on retrouve les pires discriminations envers les femmes». (…)

Eh oui, encore pire que dans le Coran et les ahadith. Il faudrait vraiment un jour traduire tout ça, pour se faire une idée. Et voir si ces travaux ne seraient pas un peu mieux référencés, aussi. Car certains de ces horribles juristes machistes citent volontiers leurs sources, eux.

Témoins de la vivacité de la réflexion actuellement en cours en Islam, les deux expertes reflètent aussi un courant grandissant qui s’efforce de trouver une troisième voie entre un rigorisme conservateur et ce que Asma Lamrabet appelle la ‘vision nihiliste’ de certains modernistes qui veulent faire table rase de toute la tradition islamique. Et cette voie passe par une réinterprétation actualisée et contextualisée des textes sacrés.

Bien sûr. Comme Mme la professeure ne donne aucune précision, je propose de découvrir un aspect (l’autorisation de battre son épouse) de la principale tentative en date (que j’aie étudiée personnellement): une nouvelle traduction (anglaise) du Coran qui tente d’en réinterpréter essentiellement les aspects machistes. Ensuite, continuons:

Autrement dit, pour combattre ces croyances intériorisées sur la supériorité supposée de l’homme et libérer les femmes musulmanes de leurs béquilles, il faut, estime Azizah al-Hibri, «en revenir aux textes originaux et redécouvrir ce que l’Islam enseigne sur les questions de genre»; parce que, ajoute Asma Lamrabet, «la fidélité au texte coranique, c’est justement savoir le relire dans chaque contexte avec un nouveau souffle».

Il faudra un sacré souffle, en effet.

Soyons sérieux. Ces femmes font l’apologie de l’Islam tel qu’il est. Elles ne proposent strictement rien de concret, de substantiel, qui permettrait de transformer les usages d’une civilisation. Elles vendent du vent. Et elles le vendent à un public bien précis: l’Occident. Concrètement, leur action favorise le retour à des lois fondées sur le Coran. Comment peut-on être assez naïf pour leur faire confiance sur leur bonne mine et diffuser leurs affirmations sans aucun contrôle? Ce doit être l’effet de la galanterie occidentale…

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Islam — les mensonges ennemis de la réforme

May 18th, 2008 by ajmch

Les ennemis de la réforme, ce sont bien sûr d’abord les terroristes et les suprématistes, avec des groupes tels que le Hezbollah, le Hamas, les groupuscules affiliés à Al-Qaïda, et bien sûr tous les États islamiques qui se réclament de leurs traditions religieuses, avec l’Iran et l’Arabie Saoudite qui font la course clairement en tête. Mais au-delà de ces évidences, la nécessaire refonte des valeurs islamiques est entravée aussi, et même surtout en Occident, par deux types d’intervenants: les faux modérés et les faux Occidentaux.

Pour les besoins de la démonstration, je définis ici les modérés et les Occidentaux comme des gens qui placent la simple dignité humaine avant les injonctions purement autoritaires (ou les versions frelatées des droits de l’homme), l’État de droit avant les lois ou coutumes tribales et les bases de la démocratie (libertés individuelles, société civile, participation populaire) avant son couronnement, le vote. Avec toutes mes excuses aux gens qui se reconnaitront dans la définition, mais pas dans la dénomination.

Du côté musulman, les faux modérés se reconnaissent à l’absence de remise en question fondamentale. Par exemple, la semaine dernière, Tunis accueillait une conférence consacrée à la nécessité de défendre l’image de l’Islam. Personne, semble-t-il, n’y a évoqué le moindre besoin de modifier l’Islam lui-même. L’Islam est parfait, il suffit juste d’en parfaire aussi l’image. Or, cela équivaut à affirmer que la violence au nom de la religion est parfaite, du moins dans les situations analogues à celles dans lesquelles le prophète de l’Islam a procédé de la sorte (quelques exemples). Cela équivaut donc à justifier les assassinats politiques, la torture, les tueries de masse, la ségrégation sociale basée sur la foi, les châtiments corporels, l’esclavagisme… Et surtout le mensonge, car il est bien évident que personne ne peut, sans (se) mentir,  à la fois justifier tacitement tout cela et prétendre prôner la paix au nom même des auteurs de tels actes.

Ces faux modérés, en fait, répandent la même violence et la même haine que les terroristes, mais de manière plus rusée, voilée. À ceux qui ne connaissent pas l’Islam, ils ont l’air de parler de paix et de fraternité, mais en se réclamant explicitement des bases religieuses islamiques, lesquelles tolèrent et encouragent d’innombrables formes de violence physique et morale, dirigées systématiquement contre les non-Musulmans, ils savent bien que tous les Musulmans informés comprendront que ces belles paroles ne doivent en rien remettre en question les enseignements du prophète. Aux oreilles de leurs coreligionnaires (et des autres gens informés), ils ne condamnent, le cas échéant, que la violence dirigée contre l’Islam, jamais celle inhérente au respect de l’Islam.

Du côté occidental, les faux Occidentaux se reconnaissent à leur absence de repères moraux ou à leur refus d’en faire usage en pratique. Par exemple, les gens qui vantent des fanatiques politiques violents tels qu’Ernesto Guevara ne respectent pas, de facto, l’État de droit et soutiennent une politique faisant appel à une violence totalement débridée, même s’ils s’en défendent par ailleurs. De même, les responsables politiques qui dialoguent avec des groupes ouvertement terroristes et génocidaires tels que le Hamas ne peuvent pas en même temps prétendre respecter les principes des conventions de Genève ou les bases de la démocratie.

Le Hamas, comme Guevara, est un ennemi déclaré des lois et des principes qui fondent les démocraties occidentales. Dialoguer avec ces gens, les inclure dans de possibles solutions, c’est renoncer aux repères moraux qui guident l’Occident. Ainsi, de même que les faux modérés prônent tacitement la suprématie violente, au nom de la religion, les faux Occidentaux génèrent tacitement la violence et le chaos – révolutionnaires et islamiques – au sein de l’Occident. Et il est futile de se poser la question de la sincérité de leurs intentions – en tant qu’experts affichés, de l’Islam pour les uns et de la politique pour les autres, ils doivent être considérés comme conscients et responsables des conséquences de leurs actes, que ce soit par traitrise ou par négligence grave ne change rien d’essentiel à l’affaire.

Et cela ne constitue que la base, enfouie dans le sable, de la pyramide de mensonges qui pervertit les débats politiques de notre temps. En effet, sur ces fondements corrompus mais dont très peu de gens sont censés juger, nombre d’intervenants qu’il serait injuste de qualifier ici de faux Occidentaux soutiennent les faux modérés et ainsi la progression de principes et d’usages fondamentalement anti-démocratiques, sans assumer aucune responsabilité directe dans les conséquences de leurs actes, à l’image des banquiers qui favorisent l’intrusion de la charia en Occident sous prétexte de faire leur métier. Ou bien sûr des médias, qui se doivent de refléter le débat essentiellement tel qu’il se déroule, c’est-à-dire sans plus guère de liens avec les bases faussées qui le déterminent.

Pour réagir, il faut tenter d’approfondir le débat sur la nature de l’Islam et de la démocratie. Il faut déchirer résolument les voiles de la Kaaba là où cela reste possible et pendant qu’il en est encore temps, sans plus compter sur les faux modérés. Et il faut remettre en place le centre de gravité des démocraties occidentales dans la souveraineté populaire, c’est-à-dire dans la démocratie directe, sans plus compter sur les responsables politiques. Sinon…

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Bientôt libre et fier sous vos fenêtres

May 18th, 2008 by ajmch

Abu Qatada, de son vrai nom Omar Mahmoud Mohammed Othman, dit le Palestinien bien que jordanien (il est né à Bethléem, mais en 1960, soit à une époque où la ville appartenait à la Jordanie), est le modèle même du djihadiste moderne. Il est recherché pour son implication dans des actes de terrorisme par plusieurs pays (Algérie, États-Unis, Espagne, France, Allemagne, Italie, Jordanie). Ses livres et ses cassettes ont inspiré des assassins islamistes (dont Mohamed Atta, qui a dirigé les attentats du 11 septembre 2001). Il est considéré comme le principal représentant d’Al-Qaïda en Europe. Ses déclarations le classent sans l’ombre d’un doute parmi les pires prêcheurs de haine islamiste depuis une quinzaine d’années.

Il séjourne actuellement dans une prison de haute sécurité en Grande-Bretagne. L’intention du gouvernement consistait à l’extrader en Jordanie, pour y être jugé. Et la nouvelle, c’est qu’il va rentrer chez lui dans quelques jours, après le versement d’une caution. Les organisations musulmanes extrémistes se félicitent et exigent des dédommagements pour l’injustice que constituait son arrestation.

Ainsi, comme le constate le Telegraph,

Cette décision signifie que pas un seul terroriste international n’a pu être expulsé de [Grande-Bretagne]. Près de trois ans après les attentats du 7 juillet, les seuls extrémistes islamiques à avoir quitté le pays sont huit Algériens, partis de leur plein gré.  

Et:

Une fois libéré, ce Jordanien père de cinq enfants peut espérer toucher une pension de £1000 par mois. Et le contribuable devra aussi éponger une facture de plusieurs dizaines de milliers de livres pour maintenir le prêcheur sous surveillance 24h/24.

Certes, les Britanniques sont particulièrement mous envers les terroristes et les islamistes. Mais rien n’indique que les autres gouvernements européens actuels feraient mieux s’ils devaient compter avec des lobbies islamistes comparables. Et le gouvernement suisse, qui se vante volontiers d’entretenir des contacts avec des terroristes au nom d’une bizarre vision de la neutralité et s’étonne qu’on puisse lui en vouloir, est peut-être le tout dernier qui serait capable de protéger sa population de l’influence de tels individus. Et même l’opposition politique suisse a montré que face à la menace de l’islamisme, elle se contenterait de parlementer avec l’ennemi, de réglementer dans le vide et de pousser le peuple à la faute.

Si nous voulons résoudre le problème de l’islamisme par des lois et des mesures de prévention et de répression de la criminalité, il faut commencer par dévoiler clairement d’où vient le crime. Sinon, il faut se préparer à la guerre de basse intensité qui empeste l’atmosphère partout où l’Islam est un facteur sociopolitique déterminant.

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Les femmes arabes ont perdu leurs droits avec l’arrivée de l’Islam mais c’est de la faute des Grecs

May 18th, 2008 by ajmch

C’est, en substance, ce qu’avance une universitaire saoudienne, Hatoon al-Fassi, dans un ouvrage, «Women In Pre-Islamic Arabia» (les femmes dans l’Arabie préislamique) publié par les British Archaeological Reports. Elle a étudié pour cela le matériel permettant de reconstituer le mode de vie des Nabatéens, dont la nation s’étendait du Sud de la Jordanie actuelle au nord de l’Arabie.

Elle affirme ainsi que les Nabatéennes étaient libres de conclure des contrats, en leur propre nom, contrairement aux femmes saoudiennes actuelles, qui doivent être chaperonnées. Et elle soutient que si les femmes arabes actuelles jouissent de moins de droits que les Nabatéennes préislamiques, c’est parce que les religieux auteurs de la charia ont mal choisi les origines des lois islamiques. Ils se seraient en effet laissés influencer par le corps de lois grec, qui prévoyait lui aussi une tutelle de ce genre.

Car il est bien évident qu’une telle injustice envers les femmes musulmanes ne saurait avoir été inspirée par les textes sacrés islamiques (je traduis):


 Récit par Abu Said Al-Khudri:

Une fois, alors que le messager d’Allah se rendait à la Musalla pour faire la prière, il passa près des femmes et leur lança: «Ô femmes, faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’enfer est composée de vous autres femmes

Elles lui demandèrent alors: «Et pourquoi en est-il ainsi, ô messager d’Allah?» Il répliqua: «Vous jurez souvent et vous vous montrez ingrates envers vos époux. Je n’ai vu personne d’aussi déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensé et prudent pourrait fort bien être égaré par certaines d’entre vous

Les femmes demandèrent alors: «Ô messager d’Allah! Qu’est-ce qui est déficient dans notre intelligence et dans notre religion?» Il dit: «N’est-il pas ainsi que le témoignage de deux femmes équivaut au témoignage d’un homme?» Elles l’admirent. Il poursuivit: «C’est là la déficience de leur intelligence. Et n’est-il pas vrai qu’une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles?» Les femmes acquiescèrent. Et il dit: «C’est là la déficience de leur religion.»


 

Cette démonstration édifiante est tirée du meilleur recueil (selon les critères musulmans) de traditions prophétiques de l’Islam, traduit (en anglais) par des universitaires musulmans ou favorables à l’Islam. Et naturellement elle est basée sur des versets du Coran, notamment:

4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes
, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien.

2:282
Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

2:222
Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis: ‹C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures.

On ne va tout de même pas remettre en question le bien fondé de paroles aussi divinement intelligentes. Tandis que l’héritage grec…


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Daniel Pipes sur l’Islam radical

May 18th, 2008 by ajmch

Un ouvrage qui vient de paraître, L’islam radical à la conquête du monde, expose la pensée de cet historien américain (bio) comptant parmi les meilleurs experts du Moyen-Orient et de l’Islam. En voici les grands thèmes:

L’islam est-il une menace?
Non, mais. Daniel Pipes fournit ici les principales clés de compréhension permettant de distinguer l’origine des vrais dangers de l’Islamisme et d’en reconnaître les manifestations dans la pratique.

Le péril vert imaginaire
Non, l’islam n’a pas remplacé le communisme comme menace existentielle pesant sur l’Occident. D’abord, le communisme n’a pas disparu. Et surtout la menace de l’islam radical est très différente de celle du bloc communiste d’antan. Mais elle n’a rien d’imaginaire non plus et elle ne disparaîtra sans doute pas à force de l’ignorer en tant que telle. Pour Daniel Pipes,

La question cruciale est de savoir si les musulmans vont se moderniser ou pas. Et la réponse à cette question ne se trouve ni dans le Coran ni dans la religion musulmane, mais dans la pensée et les actes de plus d’un milliard d’individus.

Si les musulmans ne se modernisent pas, leurs lancinants problèmes d’analphabétisme, de pauvreté, d’intolérance et d’autocratie persisteront, voire s’aggraveront. Les crises militaires du type de celles provoquées par Saddam Hussein pourront se reproduire. Mais si les musulmans se modernisent, l’espoir est permis. Les musulmans auront alors, en effet, de bonnes chances de devenir cultivés et de connaître la prospérité économique et la stabilité politique. Et ils n’auront plus besoin de former des terroristes, de diriger des missiles contre l’Occident, d’émigrer en Europe ou en Amérique, ou de résister à l’intégration dans les sociétés occidentales.

La bataille pour le coeur de l’islam
Le monde musulman connaît un affrontement décisif entre les partisans d’un islam des origines, incarné notamment par le gouvernement iranien actuel, et un islam qui résiste activement à cette évolution et dont on peut voir les éléments les plus vigoureux en Turquie (où hélas l’islamisme semble s’imposer de plus en plus). Quel doit être le rôle de l’Occident dans cette confrontation? 

À propos de la Turquie, où la situation a fortement évolué depuis la rédaction de la version originale de l’ouvrage, il faut absolument, pour comprendre la pensée de Daniel Pipes, lire aussi les articles suivants:

La Turquie sur la voie de la radicalisation?
La Turquie devient-elle islamiste?
Un moment crucial pour la Turquie
La Turquie est-elle encore un allié de l’Occident?

Existe-t-il des islamistes modérés?
En substance: non. Les différences ne résident ici que dans les méthodes, pas dans les objectifs, pas dans ce qui compte vraiment. Daniel Pipes analyse la pensée islamiste, met en exergue les principales erreurs d’appréciation en la matière et esquisse les axes d’une politique correcte à cet égard.

L’islam radical est-il le fruit de la pauvreté?
Non, d’aucune manière. Si la prospérité et l’instruction ont une influence sur le phénomène, c’est souvent plutôt pour l’aggraver. Daniel Pipes fait le tour des éléments de preuve et montre les vrais ressorts de l’islamisme.

La splendeur de l’économie islamiste
Une démonstration des origines politiques (essentiellement marxistes-léninistes) de l’islamisme moderne, en opposition avec l’influence du monde musulman traditionnel, basée sur l’analyse d’un ouvrage décrivant les beautés d’une hypothétique civilisation islamiste.

L’esprit occidental de l’islam radical
L’Islam radical doit beaucoup aussi aux réussites culturelles de la civilisation occidentale. Souvent, les islamistes connaissent fort bien la culture occidentale, beaucoup mieux que l’Islam traditionnel. Daniel Pipes réunit les indices les plus révélateurs de cette situation et met en lumière les différences entre l’approche des islamistes et des Musulmans traditionnels.

Les échos du débat de la guerre froide
Face à l’Islam radical, on retrouve en Occident les mêmes clivages et les mêmes types de réaction, notamment entre les socialistes et les conservateurs, qu’à l’époque de l’affrontement entre le bloc communiste et le monde libre. Daniel Pipes examine les analyses et les propositions de solutions des uns et des autres dans cette perspective très révélatrice.

Qui est l’ennemi?
Daniel Pipes taille dans les euphémismes et autres raccourcis pour mettre en évidence la nature précise du danger et les éléments qui permettent d’y répondre correctement.

L’ouvrage est complété par un choix d’articles qui éclairent et complètent différents autres aspects de la question. Visiter aussi le site de l’auteur, en anglais et en français (avec près de 400 articles traduits).

Note: Daniel Pipes et moi ne sommes pas d’accord sur tout. Voir Interdire ou ne pas interdire? et Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

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Oui, l’Islam est ce que les Musulmans en font

May 3rd, 2008 by ajmch

Hugh Fitzgerald est un auteur prolifique, critique et extrêmement érudit, sur l’Islam. L’autre jour, il faisait la remarque suivante (je traduis):

Dans la première édition de sa série «Blogging the Qur’an» sur Hot Air (reproduite sur Jihad Watch), Robert Spencer écrit qu’il ne «pense pas que les textes religieux sont infiniment malléables et peuvent être interprétés au point de signifier tout ce que le lecteur souhaite les voir exprimer, comme semblent le croire certains (…)»

Cela fait immédiatement penser, par contraste, à l’opinion de Daniel Pipes selon laquelle «l’Islam peut être tout ce que les Musulmans souhaitent en faire».

L’une de ces opinions est beaucoup plus sensée que l’autre.

Je me sens appelé à creuser cette question, car il se trouve que je partage à la fois l’avis de Robert Spencer (les textes islamiques ne sont pas interprétables d’une manière pacifique) et celui de Daniel Pipes (les Musulmans peuvent décider librement de ce qu’est l’Islam).

D’abord, l’un parle des textes et l’autre de l’Islam. La différence est importante: même si les textes islamiques sont irrécupérables car trop débordants de haine et trop exempts d’arguments honnêtes en faveur d’une réconciliation (avec les non-Musulmans), il n’est pas exclu que les Musulmans choisissent d’en faire abstraction et de redéfinir leurs valeurs sur d’autres bases. Certains diront que ce ne serait plus l’Islam, mais que vaudrait une telle objection devant un fait accompli? Cette simple possibilité justifie à elle seule qu’on évite toute déclaration définitive à cet égard, car elle constitue sans doute l’issue la plus souhaitable. Et cette attitude permet de mettre indéfiniment l’accent sur les difficultés de la tâche sans pour autant verser soi-même dans le discours haineux.

D’autre part, même au-delà des termes et même si l’on veut croire que la religion islamique n’est décidément qu’un trou de honte creusé et entretenu de tout temps par des tortionnaires inspirés d’inculture tribale médiévale et que ses victimes, devenues consentantes par un asservissant mélange de lâcheté et d’esprit de sacrifice, préfèrent cacher au prix des pires mensonges et de la répétition des pires erreurs de leur histoire plutôt que de révéler leur infâme impuissance devant le mal, il peut être judicieux de laisser aux uns comme aux autres, ou à leurs descendants, autant que faire se peut, la possibilité de réparer cette ignominie par leurs propres moyens. Même si l’on ne parvient pas (encore) à y croire soi-même. La condition sine qua non de ce choix étant bien sûr de prioriser la protection des non-Musulmans contre l’influence de l’Islam.

Mais surtout, il est (presque) toujours de mauvaise politique de braquer un débat sur une impossibilité que la grande majorité des participants ne sont pas en mesure d’apprécier, d’évaluer. Pour être capable de poser une opinion éclairée sur la question, il faut avoir lu au moins tout le Coran, plusieurs fois, et une grande partie des textes qui l’accompagnent dans la conscience religieuse musulmane, sans oublier les principales approches non sacrées sur le sujet. Il est illusoire d’espérer que ce sera un jour le cas d’une majorité des gens ou des décideurs. Il faut même espérer ardemment que tant d’efforts si peu productifs ne seront jamais nécessaires. Il vaut donc mieux, si l’on veut vraiment participer  à un effort durable et susceptible de mener le problème jusqu’à sa solution, adopter un discours qui permette de réunir un consensus raisonnable sans exiger préalablement la diffusion à grande échelle d’une opinion à tel point informée et consolidée.

C’est pourquoi je suis de l’avis de Daniel Pipes: les Musulmans peuvent fort bien réformer leur vision de leur religion. S’ils se mettent d’accord. Les chances sont faibles, mais elles existent. J’ai même imaginé une structure qui écarterait les principales difficultés du débat et qui optimiserait la progression vers un tel consensus (mais c’est une autre histoire).

Et c’est pourquoi je suis aussi de ceux qui critiquent la religion islamique dans le même esprit que Robert Spencer et Hugh Fitzgerald, c’est-à-dire comme un corps de pensées que l’Occident doit absolument rejeter en totalité, au moins aussi longtemps que sa réforme ne sera pas achevée. Et il n’y a là pas la moindre contradiction.

J’ajouterai que si je préconise d’interdire l’Islam, en m’appuyant sur les particularités de la situation législative helvétique, ce qui peut en revanche aisément paraître contradictoire avec ma position ci-dessus, c’est pourtant dans ce même esprit, exactement. Si la Suisse, petit pays tranquille et sans problème musulman encore vraiment douloureux, parvient à tenir un débat national et surtout populaire sur les bonnes raisons d’éliminer une religion du domaine public occidental, le monde en général aura franchi un pas de géant vers la solution souhaitable esquissée plus haut.

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Les pires islamistes sont ostensiblement pacifistes

May 3rd, 2008 by ajmch

Pour s’en convaincre, on peut analyser ce sondage en ligne en cours depuis maintenant plus de deux semaines sur le site pakistanais de la Jama’t-ud-Da’wah, une organisation qui se destine à

répandre les enseignement authentiques de l’Islam et établir une société pure et pacifique en forgeant le caractère de ses membres conformément à ces enseignements

Et cela par des moyens exclusivement pacifiques:

Jama’at-ud-Da’wah s’est donné pour principe de pratiquer la Da’wah (prédication) de manière pacifique quelles que soient les circonstances régnant dans le pays

Le sondage demande quelle devrait être la réplique de la oumma [communauté] musulmane aux caricatures blasphématoires publiées au Danemark? 900 réponses ont été réunies à ce jour et les pourcentages sont devenus stables:

Plus d’un visiteur sur deux préconise de tuer les dessinateurs et les éditeurs. Pour un site qui affiche par ailleurs des principes d’action non violente (même face à la violence), c’est frappant. Seul 34% des répondants ont choisi l’option en phase avec les principes du site, à savoir d’ignorer l’affaire et de continuer de prêcher pacifiquement. Et à peine 15% ont opté pour des mesures de protestation mesurées (boycott, action diplomatique). Les partisans de l’assassinat politique sont donc 50% plus nombreux que les pacifistes.

On peut commencer par en déduire que même les partisans des mouvements islamiques ostensiblement pacifistes sont majoritairement favorables à la violence contre les opposants de l’Islam. Ou en tout cas qu’ils ne parviennent pas à réunir une majorité favorable à l’action non violente devant une critique de la religion islamique. On peut aussi comprendre que même les organisations musulmanes les plus éprises de paix abritent des majorités, au moins potentielles, de partisans de l’action violente.

Mais comment cela est-il possible? Pourquoi des gens qui se réunissent autour d’un principe de prédication religieuse non violente sont-ils majoritairement favorables au meurtre de non-Musulmans qui critiquent leur religion (c’est-à-dire de gens qui refusent leur prédication)? Pourquoi une telle contradiction?

Il ne s’agit ici visiblement pas d’une question politique — les caricatures danoises n’ont aucune influence sur l’existence des gens au Pakistan, un pays qui par ailleurs ne comporte aucune présence militaire occidentale (mais où, soit dit en passant, le terrorisme suicidaire islamique rivalise pourtant d’intensité avec celui d’Irak). Il est certain qu’aucune coutume tribale médiévale ne prévoit que les Pakistanais doivent se précipiter au nord de l’Europe pour y faire justice dès que des non-Musulmans y dessinent le prophète. Et ces gens ne sont pas incités à la violence par le mouvement au sein duquel ils évoluent — au contraire.

C’est donc bien un sentiment religieux auquel nous assistons ici. Les répondants de ce site sont en majorité d’avis qu’il est légitime d’assassiner les auteurs de blasphèmes contre l’Islam. Et puisque cette idée ne leur vient pas d’un ressentiment politique, d’un usage tribal ou de l’influence perverse de leurs prédicateurs, il convient de se demander si ce n’est pas la substance même de leur religion qui leur inspire cette attitude.

Et en effet, celui qui cherche des explications dans le contenu de la foi islamique se retrouve vite dans une véritable caverne d’Ali Baba: le Coran maudit les incroyants à des centaines de reprises; il prévoit que les ennemis de l’Islam doivent être tués, crucifiés, mutilés et comporte un véritable manuel de guerre haineuse; l’histoire du prophète est parsemée de crimes sanglants motivés par la défense de la religion; les écoles de juristes classiques ont été unanimes à justifier une action militaire offensive universelle jusqu’à la domination sans réserve de l’Islam. Cette dernière action militaire doit d’ailleurs effectivement être précédée d’une da’wa, d’un appel à l’Islam, lequel doit bien sûr être aussi séduisant et convaincant que possible, d’autant plus si l’ennemi est trop puissant militairement (alors, il peut être indiqué de conclure une trêve).

Et il faut bien se rendre compte que les douces brebis musulmanes de la Jama’at-ud-Da’wah et des innombrables autres organisations islamiques qui se réclament de la prédication non violente savent tout cela aussi. Car elles fréquentent régulièrement ladite caverne d’Ali Baba. Ainsi, quand elles prétendent répandre l’Islam pacifiquement, elles mentent au moins à demi. Elles sont bien conscientes, ces bizarres brebis, que la grande majorité de ceux qui se pencheront avec assiduité et crédulité sur les textes de l’Islam n’y trouveront guère de raisons de pardonner aux caricaturistes et autres esprits réfractaires.

Ainsi, un Musulman authentiquement épris de paix commence par admettre que sa religion ne recèle pas (encore) les ingrédients de la réconciliation et se met à la tâche dans ce sens. Et un Musulman qui prétend apporter la paix par l’Islam sans reconnaître cela d’emblée et de lui-même est un islamiste dangereux, qui répand en fait la haine et le ressentiment religieux sur son passage. Et plus il connaît sa religion, ses textes et son histoire, plus il a consacré de temps et d’efforts à cette étude, plus nous devons admettre qu’il répand la haine soit sciemment et en connaissance de cause, soit par négligence grave.

D’autre part, il faut comprendre que les islamistes déclarés, ceux qui, ici, votent pour le meurtre des caricaturistes, ont (aussi) un effet salvateur pour les non-Musulmans: ils les avertissent du sort que l’Islam leur réserve, ce qui, dans une situation où les Musulmans sont en position de faiblesse militaire, les rend moins dangereux que les brebis, qu’on laisse (pour l’instant) bêler librement leur da’wah parmi nous. Et c’est la raison pour laquelle on peut dire que les pires islamistes sont ostensiblement pacifistes.

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Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

May 3rd, 2008 by ajmch

Si la pratique de la religion islamique n’est pas rejetée catégoriquement en Europe, l’avenir du continent, contrairement à ce que prévoit Daniel Pipes dans Europe ou Eurabia, est tout tracé. En un mot: ce sera la déchéance.

L’Europe est trop repue et raffinée, trop vieille, trop complexée et fatiguée, et pourrait sans doute trouver le sens de l’abandon ou du sacrifice nécessaire pour s’effacer devant une culture qu’on la forcerait à croire supérieure. Mais l’âme d’Eurabia est celle d’une bête médiévale, barbare, orgueilleuse et sans réelle culture, si ce n’est celle du mensonge. Leur union ne saurait générer une société tournée vers l’avenir.

C’est que la culture de l’Islam lui-même est inexistante, ce n’est guère à la base que le suc épais, salé et putride du désert, les coutumes tribales que l’on cultive quand le besoin de survie du groupe domine l’essentiel de ses préoccupations. La culture qu’on lui attribue lui vient de conquêtes, de rapines, ou d’élans qui se sont imposés non pas par ou grâce à l’Islam, mais en dépit de ce véritable trou noir spirituel qu’est le message du prophète Mahomet. Ainsi, la rencontre culturelle entre l’Europe et Eurabia ne donnera guère que des avortons, et le culte de haine et de fatalisme borné qui se répandra avec les mosquées empêchera toute nouvelle éclosion créative.

De plus, les Musulmans qui s’installent en masse en Europe ne forment pas une communauté unie, ni amie. Ainsi, il est extrêmement improbable que les Musulmans en provenance de Turquie parviennent à se partager harmonieusement un pouvoir islamique européen avec les Musulmans téléguidés par l’Arabie Saoudite et ceux arrivant du sous-continent indien. Pour l’instant, tous ont encore beaucoup d’espace, mais les premiers accrochages apparaissent déjà, notamment en Allemagne entre les Turcs et les Kurdes. Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que les communautés musulmanes opposées entre elles s’entendent mieux dans le contexte européen.

Il est certes très probable que la présence toujours plus massive de l’Islam en Europe réveille certaines ardeurs chez les Européens de souche et encourage beaucoup de Chrétiens tièdes à raviver leurs propres croyances, ce qui améliorerait aussi leur fertilité, mais à condition que l’information puisse circuler, que les gens puissent se déterminer en connaissance de cause, avant que les choses n’aient atteint un point de non-retour. Or l’Europe ne permet pas de tenir le débat nécessaire à cette évolution. Comme le montre le déluge de censure qui a accueilli le film de Geert Wilders — cette fois, les islamistes n’ont même pas eu besoin de tuer des gens pour que les politiciens européens se mettent à leurs ordres.

Cela a pour effet que seuls des gens exceptionnellement bien décidés, prêts à passer le reste de leur vie sous protection policière, jusqu’à qu’ils finissent dans l’un ou l’autre attentat, vont se lever pour dire les deux ou trois choses que tous les Européens doivent absolument savoir sur l’Islam pour avoir une petite chance de réagir correctement. Or dans un tel contexte, ces gens courageux, ou téméraires, seront toujours récupérés par les éléments politiques violents de la société européenne. Je ne crois pas qu’il faille pour autant s’attendre à voir renaître le spectre du nazisme ni à ce que les violences des Européens de souche dépassent celles des Musulmans (excepté peut-être à l’extrême-gauche). Mais enfin il fera toujours moins bon vivre, en Europe. Les fronts se durciront, les haines aussi, la violence deviendra de plus en plus habituelle. Les enfants ne seront plus sereins, les esprits brillants s’en iront et les conquérants mafieux s’y affronteront.

Et, contrairement aussi à ce que laisse entendre Daniel Pipes, je ne crois pas qu’il y aura une crise susceptible de clarifier l’évolution de la situation et de montrer la voie vers un déblocage. Dans tous les pays où l’Islam est aujourd’hui une partie prenante dominante, la crise, sous une forme ou une autre, est pratiquement permanente — on s’y habitue, c’est tout. Et l’Islam progresse, avec ses multiples médisances cultuelles quotidiennes tolérées sans mot dire, avec ses livres sacrés qui prennent toujours plus d’importance bien qu’ils regorgent de malédictions et n’offrent aucune chance de réconciliation. Avec sa haine sainte et ses justifications religieuses du crime, qui permettent aux pires despotes de se faire passer pour des gens pieux.

Un jour, c’est sûr, l’Islam retournera dans le puit d’oubli qu’il n’aurait jamais dû quitter, et les Musulmans pourront alors former des «synthèses créatives» avec d’autres peuples. Mais pour l’instant, tout indique que le mal s’aggrave et si l’Europe ne parvient pas à éliminer, à moyen terme, sans coercition, la presque totalité de la pratique de la religion islamique sur son territoire, c’est-à-dire le moteur de la haine et le nerf de l’ascension politique des islamistes, elle perdra les moyens de se gouverner.

D’une manière ou d’une autre, l’Islam sera l’avenir de l’Europe. Rien, probablement, n’aura plus de poids sur le devenir du vieux continent que cette civilisation dont toutes les croyances et les lois sont fondées sur des ouï-dire médiévaux. Si les Européens se penchent avec sérieux sur ce problème, sur ses fondements, puis agissent avec courage et détermination, ils auront une chance de le résoudre. S’ils préfèrent croire en leur bonne étoile, ils coucheront bientôt dessous.

UPDATE: Lire l’interview donnée par Daniel Pipes au blog DRZZ.

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Europe ou Eurabia?

May 3rd, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
The Australian, 15 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5516

L’avenir de l’Europe est en jeu. Deviendra-t-elle une «Eurabia», une partie du monde musulman? Restera-t-elle l’unité culturelle qu’elle a été au cours du dernier millénaire? Ou assisterons-nous à une synthèse créative de deux civilisations?

La réponse a cette question est d’une importance majeure. L’Europe ne constitue guère que 7% des terres émergées mais pendant 500 ans, de 1450 à 1950, avec des hauts et des bas, elle a été le moteur de l’évolution du monde. La forme que revêtira son évolution future influencera l’humanité entière, et tout particulièrement les pays qui lui sont affiliés, tels que l’Australie, qui continue d’entretenir des liens étroits et importants avec le vieux continent.

Je distingue trois voies possibles pour l’Europe: la domination musulmane, le rejet des Musulmans ou l’intégration harmonieuse.

(1) La domination musulmane paraît inévitable à certains analystes. Oriana Fallaci trouvait que «l’Europe se transforme toujours davantage en une province de l’Islam, une colonie de l’Islam». Mark Steyn avance que la majeure partie du monde occidental «ne survivra pas au XXIe siècle et une grande partie, dont la plupart sinon la totalité des pays européens, disparaîtra pendant notre génération». Ces auteurs mettent l’accent sur trois facteurs conduisant à l’islamisation de l’Europe: la foi, la démographie et le patrimoine culturel.

La laïcité prédominante en Europe, notamment au sein des élites, produit un certain éloignement de la tradition chrétienne, une désertion des bancs d’église et une fascination envers l’Islam. À l’opposé, les Musulmans affichent une grande ferveur religieuse qui se traduit par des sentiments djihadistes, un certain suprématisme envers les non-Musulmans et un espoir de voir l’Europe se convertir à l’Islam.

Le contraste en matière de foi a également des effets démographiques: les Chrétiens ont en moyenne 1,4 enfant par femme, soit un tiers de moins que le nombre nécessaire au maintien de leur population, tandis que les Musulmans profitent de taux de fertilité très supérieurs, bien qu’en voie de fléchissement. Ainsi, Amsterdam et Rotterdam devraient être les premières grandes villes à majorité musulmanes d’Europe en 2015. La Russie pourrait devenir un pays majoritairement musulman en 2050. Pour financer ses plans de retraite, l’Europe a besoin de millions d’immigrants et ceux-ci tendent à être très majoritairement musulmans en raison de la proximité géographique, des liens coloniaux et des troubles qui agitent les pays à majorité musulmane.

De plus, de nombreux Européens ont perdu le goût de leur histoire, de leur mode de vie et de leurs coutumes. Le sentiment de culpabilité causé par le fascisme, le racisme et l’impérialisme donne à un grand nombre d’entre eux le sentiment que leur propre culture a moins de valeur que celle des immigrants. Cet autodénigrement a des implications directes pour les immigrants musulmans, car si les Européens délaissent leurs propres usages, pourquoi les Musulmans les adopteraient-ils? Ajoutée aux réticences musulmanes envers tout ce qui est occidental, surtout en ce qui concerne la sexualité, cette situation a pour corollaire une forte résistance des populations musulmanes à l’assimilation.

La logique de cette première voie conduit l’Europe à devenir une extension de l’Afrique du Nord.

(2) Mais la première voie n’est pas inévitable. Des Européens de souche pourraient y résister et, comme ils composent 95% de la population du continent, ils peuvent à tout moment reprendre le contrôle de la situation s’ils s’aperçoivent que les Musulmans menacent le style de vie qu’ils affectionnent.

Les effets de cette impulsion sont déjà visibles dans la législation française anti-hijab ou dans Fitna, le film de Geert Wilders. Les partis anti-immigrants gagnent en vigueur; un embryon de mouvement nativiste prend forme aux quatre coins de l’Europe, à mesure que les partis politiques opposés à l’immigration se focalisent toujours davantage sur l’Islam et les Musulmans. Parmi ces partis, on peut citer le British National Party, le Vlaamse Belang (Intérêt flamand) de Belgique, le Front National français, le Freiheitliche Partei (Parti de la liberté) d’Autriche, le Partij voor de Vrijheid (Parti pour la liberté) des Pays-Bas, le Dansk Folkeparti (Parti populaire) danois et les Sverigedemokraterna (Démocrates) suédois.

Ils vont probablement continuer de gagner de l’influence, à mesure que l’immigration enflera encore davantage et que les partis du courant dominant devront reprendre à leur compte leur message anti-islamique. Si les partis nationalistes gagnent en puissance, ils s’attacheront certainement à rejeter le multiculturalisme, freiner l’immigration, encourager le renvoi des immigrants, soutenir les institutions chrétiennes, augmenter les taux de fertilité des Européens et, d’une manière générale, à restaurer les usages traditionnels.

Les Musulmans, sans doute, s’en alarmeront. L’auteur américain Ralph Peters esquisse ainsi un scénario dans lequel les «navires de l’US Navy sont à l’ancre et les Marines sont descendus à terre à Brest, à Bremerhaven ou à Bari pour garantir l’évacuation des Musulmans d’Europe». Peters conclut qu’en raison de «l’inguérissable méchanceté» des Européens, «les jours [des Musulmans] y sont comptés». Les Européens ont «perfectionné le génocide et le nettoyage ethnique» et les Musulmans, dans sa vision des choses, «auront de la chance s’ils ne sont que déportés» et pas éliminés. De fait, les Musulmans s’inquiètent de subir un tel sort; depuis les années 1980, ils parlent ouvertement de Musulmans qu’on pourrait envoyer dans des chambres à gaz.

On ne peut pas exclure que des Européens de souche commettent des actes de violence, mais il est plus vraisemblable que les efforts nationalistes resteront plus pondérés; si quelqu’un doit user de violence, il est plus probable que ce seront les Musulmans. Ils ont déjà perpétré de nombreux actes de violence et semblent brûler d’en commettre d’autres. Des sondages indiquent par exemple que quelque 5% des Musulmans britanniques approuvent les attentats à la bombe du 7 juillet. Bref, un sursaut des Européens provoquerait probablement des troubles civils constants, voire une version plus sanglante que les émeutes de l’automne 2005 en France.

(3) Dans l’idéal, les Européens de souche et les immigrants musulmans devraient trouver un moyen de vivre en harmonie, de créer une nouvelle synthèse. Cette vision idéaliste est soutenue par une étude réalisée en 1991 par Jeanne-Hélène Kaltenbach et Pierre Patrick Kaltenbach et intitulée La France, une chance pour l’Islam. Cet optimisme reste généralement de rigueur, comme le soutenait notamment un grand papier de l’Economist, en 2006, concluant que, du moins pour l’instant, la perspective d’Eurabia était «de l’alarmisme».

C’est toujours le point de vue de la majorité des politiciens, des journalistes et des universitaires, mais il a peu d’ancrage dans la réalité. Oui, les Européens de souche pourraient redécouvrir leur foi chrétienne, faire plus d’enfants et retrouver le goût de leur patrimoine culturel. Oui, ils pourraient encourager une immigration non musulmane et intégrer les Musulmans qui vivent déjà en Europe. Oui, les Musulmans pourraient accepter l’Europe historique. Mais ces évolutions non seulement ne sont pas en cours, mais leurs chances semblent bien compromises. Ainsi, les jeunes Musulmans, surtout, nourrissent des ressentiments et des ambitions opposées à celles de leurs voisins.

On peut donc pratiquement éliminer l’éventualité de voir les Musulmans accepter l’Europe historique et s’y intégrer. Le chroniqueur américain Dennis Prager est de cet avis: «Il est difficile d’imaginer un quelconque autre scénario pour l’Europe occidentale que son islamisation ou sa plongée dans la guerre civile.»

Mais laquelle de ces deux voies le continent prendra-t-il? Les pronostics sont délicats, car la crise n’a pas encore éclaté. Mais elle pourrait être proche. L’évolution du continent pourrait se clarifier à l’horizon de la prochaine décennie, à mesure que les relations entre l’Europe et les Musulmans prennent forme.

Toute prévision est également rendue extrêmement hasardeuse par la nature sans précédent de la situation européenne. Jamais dans l’histoire on n’a vu une civilisation majeure se laisser disparaître pacifiquement et jamais un peuple ne s’est dressé pour revendiquer son patrimoine. Les circonstances uniques de la situation de l’Europe en compliquent la compréhension, incitent à en négliger certains aspects et rendent pratiquement impossible d’en prévoir l’évolution. Avec l’Europe, nous entrons tous en terra incognita.

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Un Islam démocratique?

May 3rd, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 17 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5517

On a l’impression que les Musulmans souffrent tout particulièrement du règne de dictateurs, de tyrans, de présidents, rois, émirs et autres hommes forts non élus – et cela reflète bien la réalité. Une analyse attentive de Frederic L. Pryor, du Swarthmore College, parue dans le Middle East QuarterlyAre Muslim Countries Less Democratic?» – Les pays musulmans sont-ils moins démocratiques?) conclut ainsi que «dans tous les pays à l’exception des plus démunis, l’Islam est associé à des droits politiques plus limités».

Le fait que les pays à majorité musulmane soient moins démocratiques incite à conclure que leur élément commun évident, la religion islamique, est en elle-même incompatible avec la démocratie.

Je m’inscris en faux contre cette conclusion. La situation difficile de l’Islam actuel reflète davantage les circonstances historiques que des caractéristiques inhérentes à l’Islam. En d’autres termes, l’Islam, comme toutes les autres religions pré-modernes, est non démocratique par l’esprit. Mais il n’a pas moins de chances que les autres d’évoluer dans une direction démocratique.

Marsile de PadoueCette évolution n’est facile pour aucune religion. Dans le cas du Christianisme, la bataille qui a permis de limiter le rôle politique de l’Église catholique a duré très longtemps. Si l’on estime que la transition a commencé avec le Defensor pacis de Marsile de Padoue, en 1324, on voit que l’Église a eu besoin de six siècles pour se réconcilier pleinement avec la démocratie. Pourquoi la transition de l’Islam devrait-elle être plus aisée ou plus rapide?

L’adaptation de l’Islam aux usages démocratiques va exiger de profondes modifications de son interprétation. Par exemple, la loi anti-démocratique de l’Islam, la charia, est au cœur du problème. Élaborée il y a un millénaire, elle présuppose la présence de dirigeants autocrates et de sujets soumis, priorise la volonté de Dieu sur la souveraineté du peuple et encourage le djihad violent en vue d’étendre le territoire de l’Islam. En outre, elle privilégie, anti-démocratiquement, les Musulmans par rapport aux non-Musulmans, les hommes par rapport aux femmes et les personnes libres par rapport aux esclaves.

Mahmoud Muhammad TahaPour établir des démocraties qui fonctionnent réellement, les Musulmans doivent rejeter à la base les aspects publics de la charia. C’est ce qu’Atatürk a fait, de manière frontale, en Turquie, mais d’autres ont proposé des approches plus subtiles. Ainsi, Mahmoud Muhammad Taha, un penseur soudanais, écarta les lois islamiques publiques en réinterprétant fondamentalement le Coran.

Les efforts d’Atatürk et les idées de Taha indiquent que l’Islam est en évolution permanente et qu’il est tout à fait erroné de le considérer comme immuable. Ou, pour reprendre la métaphore de Hassan Hanafi, professeur de philosophie à l’université du Caire, le Coran «est un supermarché où chacun prend ce qu’il veut et laisse ce qu’il ne veut pas».

Le problème de l’Islam réside moins dans sa nature antimoderne que dans le fait que son processus de modernisation n’a pratiquement pas encore débuté. Les Musulmans peuvent moderniser leur religion, mais cela nécessite des modifications majeures: plus de djihad pour imposer le règne de l’Islam, plus de citoyenneté de deuxième classe pour les non-Musulmans, plus de peine de mort pour le blasphème ou l’apostasie. Et à la place: libertés individuelles, droits civils, participation politique, souveraineté populaire, égalité devant la loi et élections représentatives.

Mais deux obstacles se dressent devant ces changements. Les liens tribaux, notamment au Moyen-Orient, restent d’une importance capitale. Comme l’explique Philip Carl Salzman dans son récent ouvrage, Culture and Conflict in the Middle East (Culture et conflit au Moyen-Orient), ces attaches créent un ensemble complexe fait d’autonomie tribale et de centralisme tyrannique qui empêche le développement du constitutionalisme, de l’État de droit, de la citoyenneté, de l’égalité des sexes et des autres conditions préalables à l’instauration d’un état démocratique. La démocratie ne pourra pas faire de progrès sensible au Moyen-Orient avant que ce système social archaïque basé sur la famille ne soit dépassé.

Au niveau mondial, le puissant et envoûtant mouvement islamiste fait obstacle à la démocratie. Il vise l’opposé des réformes et de la modernisation, il veut remettre en vigueur la charia dans son intégralité. Un djihadiste comme Oussama ben Laden peut afficher ses objectifs plus franchement qu’un politicien établi comme le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, mais tous deux aspirent à instaurer un ordre parfaitement antidémocratique, voire totalitaire.

Les islamistes réagissent de deux manières à la démocratie. Premièrement, ils la dénoncent comme étant non-islamique. Le fondateur des Frères musulmans, Hasan al-Banna, considérait la démocratie comme une trahison des valeurs islamiques. Sayyid Qutb, le théoricien des Frères, rejetait la souveraineté populaire, tout comme Abu al-A‘la al-Mawdudi, le fondateur du parti politique pakistanais Jamaat-e-Islami. Yusuf al-Qaradawi, l’imam télévisuel d’Al-Jazeera, affirme que les élections sont des hérésies.

En dépit de ce mépris, les islamistes sont impatients d’utiliser les élections pour s’installer au pouvoir et se sont montrés redoutables à la chasse aux votes; même une organisation terroriste (Hamas) a pu remporter une élection. Cela ne rend certes pas les islamistes démocrates – cela révèle juste leur flexibilité tactique et leur détermination à s’emparer du pouvoir. Comme Erdoğan l’a dit de manière très révélatrice, «la démocratie est comme un tramway – quand vous arrivez à votre station, vous en descendez».

L’Islam peut un jour devenir démocratique, s’il s’y efforce. Mais d’ici là, l’islamisme constitue la principale force anti-démocratique du monde.

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Sondage islamique à honnêteté modérée

May 3rd, 2008 by ajmch

En février dernier, John L. Esposito (à gauche sur l’image ci-dessus, cliquer pour agrandir), un professeur américain financé par un riche Saoudien et Musulman assidu, le prince Alwaleed (au centre sur l’image), publiait avec l’institut Gallup l’ouvrage ci-contre, censé exposer la pensée des Musulmans dans le monde. J’écrivais alors que 

(…) nous devrions nous réjouir de ce que seulement 7% des Musulmans interrogés sur la question se disent ouvertement islamistes radicaux. Ce qui, avec un total de 1,3 milliard de Musulmans, donne une armée potentielle de 91 millions de combattants, partageant la même idéologie, les mêmes ennemis et les mêmes méthodes de combat.

Entre-temps, Martin Kramer a pris le temps de lire ce livre et a découvert un «détail» intéressant. Pour le livre d’Esposito – l’homme est qualifié de «Senior Scientist» sur le site de Gallup – les seuls Musulmans considérés comme des radicaux sont ceux qui estiment que les attentats du 11 septembre 2001 sont «totalement justifiés». Conclusion du bon docteur (en religion et études islamiques), que la presse s’est empressée de reprendre en choeur: «Environ neuf Musulmans sur dix sont modérés.»

Vraiment?

Il faut savoir que les répondants pouvaient choisir entre 1 [totalement injustifié], 2 [largement injustifié], 3 [?], 4 [largement justifié] et 5 [totalement justifié]. Pouvons-nous admettre que les Musulmans qui trouvent les attentats du 11 septembre «largement justifiés» sont des modérés? En fait, même Esposito, en 2006, n’avait pas osé faire ce raccourci et affirmait (je traduis):

Note: les répondants qui ont déclaré que les attentats du 9/11 étaient injustifiés (1 or 2 sur une échelle de 5 points où 1 = totalement injustifié et 5 = totalement justifié) sont classés comme modérés. Les répondants qui ont déclaré que les attentats du 9/11 étaient justifiés (4 ou 5 sur la même échelle) sont classés comme radicaux.

Le docteur a donc profondément modifié sa démarche «scientifique» entre-temps. Alors qu’en 2006, seules les réponses 1 et 2 valaient aux répondants le qualificatif si apprécié en Occident de modérés, en 2007 la catégorie incluait carrément les réponses 1 à 4. Le docteur ès Islam Esposito possède vraiment l’art de modérer les débats.

UPDATE: Plus de détails sur ces chiffres pipés grâce à une interview avec la responsable de l’institut de sondage:

Apparemment, selon le test même des auteurs, il n’y a pas 91 millions de radicaux dans les sociétés musulmanes, mais près du double. (…)

Les données complètes sur la question du 11 septembre indiquent qu’en plus des 13,5% , il faut compter avec 23,1 autres & des répondants — 300 millions de Musulmans — qui ont déclaré que les attentats du 11 septembre étaient justifiés d’une certaine manière.

Les données de base ne sont pas publiées. Il en coûterait semble-t-il plus de 20.000 dollars pour les consulter.

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Les Européens se sentent menacés par l’Islam

May 3rd, 2008 by ajmch

C’est en tout cas ce qu’indique un grand sondage de l’institut Gallup présenté brièvement ce soir par MonSondage:

(…) à l’heure actuelle, plus de 60% des Européens – dont 79% au Danemark, 67% en Italie et aux Pays-Bas ou 68% en Espagne- se sentent menacés par l’immigration en provenance de pays musulmans.

Tant les auteurs de l’étude (effectuée pour les dirigeants du World Economic Forum) que MonSondage semblent penser que les Européens ont juste un peu peur pour leur petite identité culturelle et qu’il faut bâtir des ponts pour que les gens se comprennent mieux.

Vraiment? Et si les Européens avaient tout simplement raison? Et si l’Islam lui-même, soit la pratique de la religion du djihad, la seule religion qui ordonne à ses adeptes, par la voix de Dieu, de répandre leur foi par la guerre, était bel et bien une menace? D’une part bien sûr en raison du penchant pour la confrontation en traître que l’exemple du prophète de l’Islam inspire (assassinats politiques, attentats pendant la trève, humilité en position de faiblesse et intolérance absolue en position de force, le tout justifié par la religion). Et d’autre part par l’indigence généralisée des sociétés qui se basent largement sur les règles islamiques.

Si c’était le cas, eh bien il faudrait se demander comment minimiser la pratique, et le crédit, de cette religion.

UPDATE: Un examen plus détaillé du ce sondage.

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Fitna — repousser le mal par ce qui est meilleur

May 3rd, 2008 by ajmch

Cette colonne de Mustafa Akyol parue ce matin dans le Turkish Daily News est un parfait exemple de la mauvaise foi opposée au film de Geert Wilders. Le texte commence par reconnaître l’évidence (je traduis les extraits cités):

Le message du film est clair: les racines de la «rage musulmane», comme Bernard Lewis l’a définie, est le livre sacré auquel croient ces Musulmans.

Puis il affirme que les choses sont plus complexes. Et les mensonges commencent:

Il y a aussi de nombreux messages de tolérance, de compassion et de paix dans le Coran. En usant de la même méthode [que Wilders] de sélection ciblée, nous pourrait aussi créer un film intitulé «Béatitude islamique» (Islamic Agape), pleines de scènes de Musulmans souriants et de versets bienveillants.

Mais Akyol oublie de préciser qu’il faudrait pour cela exclure les non-Musulmans du scénario, car jamais le Coran n’émet le moindre message de compassion à leur sujet. Sauf quand ils se convertissent, bien sûr. Mais nous y reviendrons plus bas. Il déclare ensuite:

(…) on pourrait utiliser la méthode sélective de «Fitna» pour condamner la plupart des autres religions – comme le Judaïsme, par exemple. En fait, si l’on se concentre sur les groupes radicaux évoluant parmi les colons juifs en Israël, on peut trouver un langage de haine très similaire et même des actes de terrorisme, tels que le massacre perpétré par Baruch Goldstein à Hébron en 1994.

Un seul acte, d’un homme isolé, universellement condamné, mis en équivalence avec des milliers d’actes considérés comme légitimes par des millions de Musulmans.

Akyol continue dans la mise en équivalence:

En fait, certaines parties de l’Ancien Testament, notamment le livre de Josué, jetterait dans l’ombre n’importe quelle sourate du Coran en termes de militance. Mais la très grande majorité des Juifs du monde savent que le livre de Josué, qui conte la guerre des Israélites contre les païens cananéens, est un récit historique qui ne répond pas aux réalités actuelles. De même, lorsqu’ils lisent les chapitres du Coran relatant la guerre de Mahomet contre les païens arabes, la majorité des Musulmans y voient de simples anecdotes historiques.

La majorité des Musulmans, peut-être. Mais Akyol oublie de rappeler (ce que fait ici Averroès) que l’écrasante majorité des Musulmans qui connaissent vraiment ces textes et y prêtent foi (et donc ont du pouvoir à ce titre dans les communautés fortement islamisées) y ont trouvé des ordres et des exemples, de nature universelle et intemporelle, visant à instaurer la domination mondiale de l’Islam. Et rien n’indique que les Musulmans croyants y trouvent autre chose aujourd’hui.

Ainsi, quand Akyol conseille, pour calmer la rage des Musulmans de «ne pas demander la révision du Coran, comme «Fitna» le fait naïvement, mais [de] tenter de débarrasser les Musulmans de l’idée qu’ils sont attaqués et humiliés», il met d’office hors d’atteinte les plus puissantes sources de ces convictions. Car le Coran fait tout pour que ses lecteurs crédules se sentent attaqués et humiliés, en tant que Musulmans, par les non-croyants. Avant de penser à soigner un mal, il faut commencer par cesser d’administrer le poison. Mais Akyol préfèrerait que nous nous montrions plus compréhensifs pour la rage des Musulmans. Le Mahomet du Coran ne souhaiterait pas autre chose.

Puis il conclut, doucement, en recommandant de répondre à «Fitna» non pas par la censure ou la rage, mais, comme lui, par l’explication, la dignité, la raison, la science. Et de proposer cet extrait d’un verset du Coran (41:34):

Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Mais cela ne sonne bien qu’aux oreilles des fourbes et de ceux qui ne veulent rien avoir à faire avec l’Islam. Les autres vont condamner le stratagème, s’ils en trouvent le courage, ou au moins ouvrir un Coran et chercher le contexte (41:30-34):

Ceux qui disent: ‹Notre Seigneur est Allah›, et qui se tiennent dans le droit chemin, les Anges descendent sur eux. ‹N’ayez pas peur et ne soyez pas affligés; mais ayez la bonne nouvelle du Paradis qui vous était promis. 
Nous sommes vos protecteurs dans la vie présente et dans l’au-delà; et vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez, 
un lieu d’accueil de la part d’un Très Grand Pardonneur, d’un Très Miséricordieux›.
Et qui profère plus belles paroles que celui qui appelle à Allah, fait bonne oeuvre et dit: ‹Je suis du nombre des Musulmans?›  
Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Oui, la belle parole en question ne concerne que les Musulmans et les candidats à la conversion (pour les autres, retour à Averroès). Sur ce, Akyol invite Wilders à boire un café – turc – avec lui pendant qu’il lui expliquerait plus longuement comment il comprend l’Islam, en tant que croyant. En tant qu’islamologue, en tout cas,  Mustafa Akyol n’a pas passé mon test.

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