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  • Une collection d’arguments en faveur de l’exclusion de l’Islam (en Suisse)


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Le message de Mohammad est un souffle du printemps

March 27th, 2008 by ajmch

Ces mots sont ceux de Maryam Radjavi, la présidente de la Résistance iranienne. Son discours est intéressant. C’est une apologie typique du prophète, mais mêlée de discours politique réformiste, prononcée à l’occasion de l’anniversaire (supposé) du personnage. Visite guidée:

Voilà qui est Mohammad, le Prophète de l’Islam: une lumière brillante qui guide vers une société basée sur la solidarité, la tolérance et l’égalité, le respect et l’amour.

Cela paraît certes plus encourageant et constructif que le message de, disons, Geert Wilders. Mais est-ce bien honnête? Le fait est que le prophète, concrètement, n’a jamais créé la société décrite ici. Durant les dix années de son règne effectif, il n’a cessé de faire la guerre (plus de 80 campagnes militaires, des assassinats politiques, plusieurs centaines de cadavres décapités enterrés pêle-mêle sous la place du marché) et ses proches vivaient dans une ambiance d’affrontements constants. Nous sommes priés de croire que l’un n’empêchait pas l’autre?

Il a ouvert les portes d’un monde nouveau: à une époque où les pères enterraient vivantes leurs filles après la naissance, il a donné aux femmes une identité indépendante et libre.

Cette phrase est purement gratuite: rien ne permet d’affirmer que cette pratique horrible était universelle et systématique (dans le monde arabe), comme cela est sous-entendu ici. En revanche, toutes les pratiques imposées par l’Islam de Mahomet le sont devenues, universelles et systématiques, par la force de son autorité, soi-disant divine, et par l’extension de son empire posthume.

Citons la guerre ultime fondée sur la religion (c’est-à-dire sur les ordres clairs du Coran et sur l’exemple concret du prophète), l’esclavage (Mahomet a recommandé aux individus de libérer un esclave de temps en temps, certes, mais il a institué un système de production industrielle d’esclaves par l’État islamique), l’excision (l’Islam ne l’a pas introduite, mais comme Mahomet l’a expressément acceptée sans la condamner, il est devenu impossible de l’interdire islamiquement), la peine de mort pour apostasie (n’est prévue expressément que dans les hadiths, mais est si puissamment soutenue par les malédictions du Coran qu’aucun collège d’experts ne la jamais contestée), la ségrégation religieuse ou encore, justement le traitement des femmes (la première femme de Mahomet, alors qu’il n’était qu’un marchand, était sensiblement plus libre et responsable que les épouses du prophète).

Il a jeté les bases de la coexistence et de l’entente avec les autres religions et les autres croyances.

Mais à la condition que toutes se soumettent. Et en ordonnant de combattre (et de frapper au cou, de trancher des têtes) ceux qui refuseraient. Est-il bien honnête d’oublier ce détail?

Pour lui tous étaient égaux. Il a interdit l’usurpation des biens et l’exploitation.

Si on veut. Mais il a autorisé les razzias avec mort d’homme contre ceux qui entravent sa religion. Un élément insignifiant, sans doute.

Il a offert la miséricorde à l’humanité.

À condition qu’elle prie avec lui vers la Mecque, qu’elle paie son impôt, qu’elle récite ses versets, qu’elle accepte ses lois.

Il a déposé dans les esprits la sincérité et la vertu, et rempli les cœurs de ténacité et de foi. Le secret de la victoire de Mohammad, c’était sa manière si noble, d’accorder à son prochain, femme ou homme, tout le respect que mérite  un être humain.

Mais il a tout de même décapité et fait décapiter des centaines de gens qui s’étaient rendus.

Quand il a conquis la Mecque, il a amnistié ceux qui l’avaient chassé de chez lui et qui avaient tué ses proches. Puis il a déclaré que tout le monde était égal. Ensuite il a annulé les dettes des pauvres et a interdit de venger le sang versé.

C’est inexact. Il a fait assassiner des gens jusque dans «les voiles de la Kabah» selon sa biographie officielle. L’un d’entre eux était un certain Abdullah b. Sad, que le prophète aurait fait exécuter simplement parce qu’il avait renié l’Islam.

Quand il a entendu un homme dire qu’avant l’islam il avait enterré sa fille vivante, il a pleuré en disant que ceux qui n’ont pas d’affection ne pourront bénéficier de la miséricorde de Dieu.

Bon, de temps en temps, il y a une bonne parole. 

Il respectait profondément la liberté et les droits des femmes. Par respect pour sa fille Fatima, il se levait en sa présence et mettait son manteau par terre pour qu’elle puisse s’y asseoir. Les femmes se sont très vite réjouit de son message. Khadija, son épouse, a été la première à se convertir ouvrant ainsi la voie aux femmes opprimées.

En fait, Khadija était chef d’entreprise et avait largement plus de pouvoir que les futures femmes du prophète. Mahomet (enfin, dieu) aurait d’ailleurs déclaré, longtemps après le décès de Khadija (33:33): «Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes avant l’Islam (Jahiliyah)», ce qui indique bien que les femmes doivent se couvrir depuis Mahomet. Quant aux autres femmes en pâmoison devant le prophète, je leur ai déjà répondu en détail ici.

Il donnait même son affection à un homme qui, tous les jours, lui jetait des cendres chaudes sur sa tête. Quand cet homme est tombé malade, il est allé à son chevet. Quand il a voulu prier pour un de ses ennemis qui venait de mourir, un de ses proches a essayé de l’en empêcher. Mais Mohammad a dit: si par ma prière, son âme peut reposer en paix, alors je le ferai. Quand un pauvre mourrait, c’était Mohammad qui payait ses dettes en disant: j’ai plus d’engagement envers eux qu’ils n’en avaient pour eux-mêmes.

Il s’agissait d’une certaine époque de sa vie et de personnes qui y jouaient des rôles très spécifiques, pas de comportements constants, universels et caractéristiques de son oeuvre de prophète. Et dans cet ordre d’idées, il a surtout dit (c’est-à-dire dans le Coran, 33:6): «Le prophète a plus de droits sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes» et (33:36) «Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir.» 

Jamais il ne coupait la parole à quelqu’un. Il écoutait avec beaucoup d’attention ce que disaient les autres, et ensuite il parlait. Il montrait tellement de respect à son interlocuteur qu’on pensait que personne ne lui était plus cher.

Mme Radjavi est fort avare de références. Les juristes qui élaboraient la charia, à chaque fois qu’ils avançaient une base légale, eux, avaient l’habitude de citer leurs références. Quant aux attentions du prophète pour son prochain, que penser de ceci (33:53)?

N’entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins qu’invitation ne vous soit faite à un repas, sans être là à attendre sa cuisson. Mais lorsqu’on vous appelle, alors, entrez. Puis, quand vous aurez mangé, dispersez-vous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer. Cela faisait de la peine au Prophète, mais il se gênait de vous (congédier), alors qu’Allah ne se gêne pas de la vérité. Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau: c’est plus pur pour vos coeurs et leurs coeurs; vous ne devez pas faire de la peine au Messager d’Allah, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui; ce serait, auprès d’Allah, un énorme pêché.

Mais Mme Radjavi aura peut-être une référence à la fois contradictoire et plus claire et universelle à proposer, au cas où sa version des choses serait remise en question par quelque croyant érudit? Non, elle dira sans doute que si Dieu prenait ainsi la défense du doux Mahomet, par sa propre voix, c’était justement pour le protéger un peu des profiteurs? 

Il  ne se disputait pas et n’était pas rigide. Il ne se débarrassait pas de sa tâche sur les autres. Il disait : je n’ai pas été choisi pour maudire mais pour bénir.

Vraiment? Mahomet n’a pas maudit, mais béni?

Il était le prophète qui, selon le Coran, ressentait la souffrance des autres et il aspirait de toutes ses forces à la libération de son peuple. On voit bien dans son attitude le sens de son message: Les droits et les valeurs sont les mêmes pour tous et partout. Ils sont universels. Or les mollahs en Iran, nous parlent aujourd’hui des « droits de l’homme islamiques » pour justifier leurs crimes.

Il est vrai que les Chiites en ont rajouté. Par exemple, Mahomet est censé avoir épousé une petite fille de six ans (alors qu’il avait déjà la cinquantaine et une ribambelle d’épouses et d’esclaves) puis l’avoir déflorée alors qu’elle avait neuf ans. Les écoles de juristes islamiques ont, conformément à l’injonction coranique selon laquelle Mahomet est un excellent modèle à suivre, interprété cette anecdote de manière à ce que la charia permette, désormais et jusqu’au Jugement dernier, de déflorer des petites filles en toute légalité. Mais seule l’école chiite en a fait une loi fixe pour toutes les petites filles musulmanes. Pour les écoles sunnites, l’âge de neuf ans n’est qu’un minimum à partir duquel il est seulement possible, et pas obligatoire, de considérer les fillettes comme pubère.

Mohammad a fini par triompher, mais l’hostilité à son message ne s’est pas arrêtée. Les mollahs en Iran, sont les descendants actuels d’Abu Djahl et d’Abu Lahab (les ennemis du Prophète) ils se livrent, sous le masque de l’Islam, au massacre, au bellicisme et aux violations des droits et des libertés. Ils sont des exemples de ceux qui prônent l’intégrisme au nom de l’Islam.

Le (principal) chiisme islamique est apparu très tôt après la mort du prophète. Les uns auraient souhaité élire un chef parmi les compagnons du prophète (Sunnites), les autres auraient voulu un descendant de son sang (Chiites), bien que le prophète n’ait pas laissé d’héritier mâle (quelqu’un a dit «bizarre»?). De sorte que le premier legs immédiat du grand homme fut une série de purges, d’assassinats et de massacres. Et ce n’est pas fini. 

L’islam et l’intégrisme sont deux idéologies, deux comportements et deux conceptions qui s’affrontent. D’une part la misogynie, la répression et le terrorisme, et de l’autre, l’islam de l’égalité et de la miséricorde.

Mais lequel de ces deux Islams bénéficie de l’appui des textes sacrés? Les gentils réformateurs ou les méchants intégristes? 

Alors, quel devoir est plus urgent pour les musulmans authentiques que de dénoncer et d’isoler les mollahs et leurs alliés? Il faut leur prendre l’arme de l’Islam et ne plus les laisser abuser du message de miséricorde et de libération du Prophète Mohammad pour leur soif du pouvoir. (…)

Hélas, les Mollahs et leurs alliés ont d’innombrables adeptes, qui tous s’enivrent régulièrement du Coran et des actes du prophète, précisément pour maudire les gens comme Mme Radjavi et leur modernisme. Et rien n’indique encore que dans un débat collégial, les références islamiques de ces derniers puissent s’imposer.

Mais pour l’Islam authentique, la souveraineté appartient au peuple et repose sur son vote.

Ah oui? 

Le Coran met en valeur la consultation avec le peuple pour les prises de décision. Pendant la bataille de Badr, à trois reprises, le prophète Mohammad a consulté ses amis. Il les a interrogé sur la manière de commencer la guerre, l’emplacement du camp et la conduite à tenir avec les commandants ennemis et il a suivi leurs conseils.

Oui, ses lieutenants, des experts ou du moins des gens plus aguerris que lui. Mais le peuple?

A la bataille d’Ohod, il a consulté ses compagnons pour savoir s’ils devaient rester dans la ville ou camper hors des murs. Il a fini par accepter leur solution même s’il avait un avis différent.

N’était-ce pas simplement la moindre des choses? Et d’où diable ces gens tenaient-ils leur autorité – des urnes ou de leur adresse au maniement des armes?

Un verset du Coran qui s’adresse directement au Prophète lui ordonne de toujours consulter ses proches pour toutes les affaires, de pardonner leurs erreurs, d’être toujours bons avec eux et de chercher à les satisfaire. Un autre verset dit encore qu’une société idéale est celle qui notamment, gère ses affaires par la consultation.

Le moins que l’on puisse dire est que les interprétations de Mme radjavi n’ont pas laissé une trace bien profonde dans les systèmes décisionnels des empires islamiques. C’est qu’il s’agit systématiquement d’approches très éloignées du sens commun du texte. Ainsi, le Coran recommande en effet aux Musulmans de se consulter entre eux pour leurs affaires, mais juste en passant, dans une tirade dont le sens général est tout autre. De là à en extraire un principe de gouvernement, il y a une longue route parsemée d’injonctions qui conduisent le croyant dans des voies très différentes. Peut-on vraiment tirer un détail d’une phrase au hasard et clamer qu’elle a valeur de principe supérieur? N’est-ce pas trahir à la fois ces textes et la rigueur intellectuelle la plus élémentaire? Oui, bien sûr, c’est pour une bonne cause…

Pendant les dix années où Mohammad a gouverné à Médine, jamais il n’a considéré ce pouvoir comme absolu. Au retour de son dernier pèlerinage, à Ghadir Khom, il a mis en garde ses fidèles contre la mise en place d’un pouvoir absolu sur la vie et les biens du peuple, car ce serait un retour au temps des idoles.

Ici aussi, l’absence de toute référence cache une faiblesse béante, l’omission d’ordres et de préceptes autrement plus impérieux et de règles plus pragmatiques.

Heureusement que face à la pensée rétrograde des mollahs, il existe une véritable solution qui s’appuie sur une conception progressiste de l’islam et constitue une antithèse efficace aux mollahs intégristes. Cette antithèse c’est l’islam démocratique, incarné par un mouvement actif comme les Moudjahidine du peuple avec une vaste base populaire qui lutte depuis 40 ans en Iran. Ce mouvement s’appuie sur le Coran et les enseignements du Prophète pour défendre la liberté, l’égalité entre les femmes et les hommes, les droits humains, la paix et la laïcité.

Ce mouvement dit s’appuyer sur le Coran. Nuance. Il le fera vraiment lorsqu’il aura publié une réfutation en règle des bases de la charia et que cette approche aura recueilli l’approbation de nombreux experts et du peuple en votation. Et même alors, le mieux que nous aurons est un chiisme démocratique, qui bien sûr enflammera contre lui les foudres des Musulmans plus traditionnels. Et il faut alors s’attendre à ce que les moudjahidines (combattants) du peuple, fidèles à leur désignation, répondent par les armes. Le monde s’en portera-t-il mieux? Qui sait?

Nous adressons ce message aux musulmans et aux peuples du monde: Séparez l’islam de Mohammad, du fascisme religieux. Se démarquer et s’opposer aux mollahs, qui sont selon le Coran les pires ennemis de Dieu, est le meilleur moyen de défendre l’islam.

Rappelons tout de même que le Coran est très antérieur aux Mollahs. Il faut vraiment beaucoup de charisme, encore une fois, pour faire passer cette interprétation.

D’autant plus que ce régime archaïque cherche aujourd’hui à dominer l’Irak et veut produire la bombe atomique pour mettre en danger la paix et la sécurité internationales.

Voilà certes une bonne raison de lutter contre ce régime.

Les mollahs ont planté leurs griffes en Irak. Ils y sont la source principale de la terreur, de l’insécurité et du retour en arrière. Ils sont le principal obstacle à la démocratie et à l’indépendance de ce pays. Ils cherchent aussi à développer l’intégrisme au Liban et en Palestine. Partout, ils sèment la terreur et les crises. Heureusement, au Moyen-Orient, beaucoup s’opposent au bellicisme des mollahs. Je salue leur lutte, en particulier les femmes et les hommes courageux d’Irak.

Oui.

Inspirons-nous de Mohammad, la miséricorde pour le monde. Nous avons appris de lui l’amitié, la solidarité et la gentillesse avec tous les peuples, de toutes les cultures, religions et origines.

Mahomet est censé être l’homme qui a interdit toute autre pratique religieuse que l’Islam en Arabie. L’homme qui a défini le jihad en termes universels, qui a lancé les Musulmans à l’assaut du monde. Pourra-t-on vraiment jamais le faire passer sérieusement, de manière informée, pour l’ami de toutes les cultures et toutes les religions? Ou peut-on espérer mentir assez fort pour que tout le monde accepte définitivement cette vulgate? Le peut-on?

Nous lui demandons de nous aider pour la victoire de la résistance et la fin de la tyrannie. Une fois de plus, réjouissons-nous pour la naissance du Prophète. Que l’esprit libérateur et la miséricorde de Mohammad soit avec vous et viennent sur toute la Terre.

Mais concrètement, si cette femme est exaucée et que le culte de Mahomet se répand, où allons-nous? Bien sûr, il est tentant pour elle de se fonder sur cette figure mythique du prophète de l’Islam, que tout Musulman doit révérer et respecter plus que tout au monde (sous peine de mort selon la charia), et d’en faire un chantre des valeurs de base de la démocratie bien comprise.

Mais si cette femme ne parvenait pas à imposer sa vision des choses? Si elle parvenait juste à répandre un peu plus d’Islam, un peu plus de respect pour le Coran, mais sans vraiment imposer son interprétation? Ce qui est extrêmement probable. Aurions-nous progressé? D’autant que pour aider ces «Musulmans modérés», nous sommes censés soutenir leur cause et abonder dans leur sens, dire, nous aussi, que le prophète est doux et démocrate. Ou pour le moins ne surtout pas dire le contraire.

Mais si les injonctions coraniques prises au premier degré et l’exemple belliqueux donné par le prophète favorisent, par la simple foi en leur justesse, même dans les pays musulmans tranquilles, l’intolérance, le suprématisme, la violence, la coercition, la zizanie, la ségrégation et les systèmes politiques agressifs qui ont caractérisé le règne de la charia médiévale et actuelle, nous avons toutes les raisons de craindre que ces éléments, ces traits de caractère, ne réapparaissent dans la mesure où l’Islam, peu importe lequel, est loué et pratiqué.

Ainsi, je pense que la meilleure leçon à tirer de tout ceci, ici, en Occident, est que les seuls Musulmans vraiment réformistes sont ceux qui ne pratiquent. Pas. Du. Tout.

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Turquie: vie quotidienne islamiste modérée

March 27th, 2008 by ajmch

Mehmet Ali Birand, un journaliste et éditorialiste turc bien connu, propose ce matin dans le Turkish Daily News quelques observations très intéressantes sur la vie quotidienne en Turquie et sur la progression de l’islamisation. Je traduis l’essentiel (et je mets en gras):

L’islamisation graduelle de notre vie quotidienne
Mehmet Ali Birand
Turkish Daily News, 13 mars 2008

La société est toujours influencée par la démarche générale, le langage et le style de vie de ses dirigeants. Et cet effet est amplifié par les efforts des hypocrites qui tentent de se frayer un passage vers la richesse ou la gloire en imitant l’allure et le discours les dirigeants. (…)

J’observe ainsi un changement rapide dans l’attitude des responsables du gouvernements, des cabinets ministériels et des bureaucrates de même que des municipalités de l’AKP et des milieux qui s’agglutine à ce noyau de l’AKP pour tirer le meilleur parti possible de leur système. Et cette transformation se répand lentement dans d’autres secteurs de la société. Une nouvelle approche, un nouveau mode de vie semble émerger des brumes du passé. Cela ne résulte pas d’ordres et de directives, mais de l’écho social du comportement et de l’attitude adoptés par les officiels de l’AKP, du premier ministre aux simples responsables de quartier.

CHANGEMENT LINGUISTIQUE
Notre langue turque n’est plus ce qu’elle était. Elle est maintenant alourdie par des termes arabes superflus et des expressions coraniques. Les discours du premier ministre sont marqués par les sonorités et les réminiscences des leçons de récitation du Coran qu’il a suivies dans son lycée religieux. Il en va de même des orateurs de l’organisation de l’AKP. Les termes qu’ils utilisent, les expressions qu’ils empruntent et le style de leurs discours sont différents. Une aura islamique est en train d’investir leur langage.

LANGAGE CORPOREL
Par le passé, les poignées de mains étaient plus usuelles. Ces dernières années, les embrassades étaient devenues plus populaires. Il devenait commun d’embrasser toutes les personnes, connues ou pas, à qui l’on était présenté. Aujourd’hui, il y a plus de distance. Le dernier chic consiste à se saluer en plaçant la main sur son coeur. (…) Comme il est devenu très risqué de serrer la main des femmes, on se contente généralement de les saluer d’un léger hochement de la tête.

TENUE À TABLE
L’alcool déserte progressivement les tables. On en conserve dans quelque recoin pour faire preuve de tolérance. Et on le sert quand les hôtes en demandent expressément, mais sans plus. C’est faire acte de bravoure ou d’audace, même, que d’en demander. Il est devenu plus commun de boire des jogurts liquides ou des jus de fruits en mangeant.

HABILLEMENT
Le tchador noir est en recul. Mais par ailleurs, les femmes portent de plus en plus souvent le turban et des manteaux qui descendent jusqu’aux talons. La plupart d’entre eux n’ont aucun style et donnent l’impression que les femmes sont drapées dans des rideaux. (…)

VIE QUOTIDIENNE
Elle n’avait certes jamais complètement disparu, mais la séparation entre hommes et femmes est devenue plus visible. Je ne sais pas si cela tient à une sensibilité accrue ou à une réelle progression du phénomène, mais il semble qu’il y ait toujours davantage de piscines et de plages réservées aux femmes et d’hôtels sans alcool. Il y a aussi un boom dans la fréquentation des mosquées le vendredi. Détail cocasse, des gens qui n’en avaient vraiment jamais eu l’habitude veillent maintenant à ne surtout pas rater ce rituel du vendredi. Je suis curieux de voir ce qui se passera lors du prochain Ramadan. Qui sait à quoi nous assisterons alors?

MÉDIAS
On constate une augmentation considérable du nombre de journaux et de chaînes TV qui prônent des valeurs religieuses ainsi que l’Islam et le monde islamique. Le secteur grandit tant en nombres absolus qu’en taux de circulation. Leurs publications et leurs émissions qui mettent l’accent sur les valeurs de la religion sont devenues sensiblement plus religieuses, au niveau du contenu comme à celui du langage.

FINANCE
Ce même secteur crée ses riches. Chaque jour, de nouvelles entreprises religieuses sont créées. Des gens hier encore totalement ignorés sont aujourd’hui impliqués dans des projets gigantesques et amassent des fortunes. Bien sûr, à mesure qu’ils engagent de plus en plus de personnel, les familles de leurs employés rejoignent le cercle.

Comme je le disais plus haut, cette tendance n’est pas imposée par des directives, publiques ou secrètes, de l’AKP. Ce style de vie se répand automatiquement, du sommet vers la base. Il y a ceux qui se conduisent en missionnaires, qui vantent tant et plus ce mode de vie généré par le parti au pouvoir. Ensuite, il y a tous ceux qui n’osent plus faire ce qu’ils faisaient auparavant. En enfin, il y a ceux qui se joignent au mouvement pour se remplir les poches et pour protéger leurs intérêts. (…)

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L’Islam favorise-t-il la folie, meurtrière?

March 27th, 2008 by ajmch

Oui, bien sûr. Par le caractère résolument haineux du Coran à l’égard des non-Musulmans. Et par l’exemple du prophète, qui a commencé sa carrière en évoquant doucement les beautés du monothéisme puis, devant le peu d’intérêt des siens, est devenu véhément, autoritaire, menaçant, puis criminel, avant de déclarer un djihad sanglant contre le monde entier.

Et aujourd’hui, à l’heure où plus de gens que jamais dans l’histoire découvrent son parcours grâce à l’alphabétisation et à la diffusion de l’information, la folie explose partout où des gens croient que cette fable vénéneuse est digne de fonder leur foi. Et le phénomène ne s’arrête pas à des actes d’individus isolés — passé un certain seuil, il se traduit par des politiques officielles. Voir l’exemple de la Malaisie relaté ce matin dans Le Temps:

L’islam rendrait-il amok – pour reprendre ce terme malais qui sert à désigner un accès de folie meurtrière? La question peut se poser en Malaisie, à en juger par le regain de tension raciale qui agite ce pays multiculturel, mais officiellement musulman (…).

De violents heurts ont éclaté avec la police le 25 novembre lorsque 20000 d’entre eux sont descendus dans la rue en une manifestation publique sans précédent pour protester contre leur marginalisation et la récente destruction sur ordre des autorités de dizaines de temples hindous et de pagodes bouddhistes.

Les pressions des islamistes se font sentir dans tous les domaines et prennent parfois des proportions où le zèle le dispute au ridicule. Le constructeur automobile malais Proton envisage même de produire (…) la première «voiture islamique», équipée d’une boussole indiquant La Mecque et d’un rangement pour le Coran. (…) en 2007 les autorités ont interdit 37 livres qui portaient, selon elles, préjudice à l’islam. A la mi-décembre, elles sont allées jusqu’à censurer des livres chrétiens représentant les prophètes Moïse et Abraham. (…)

le premier Malaisien à avoir escaladé l’Everest, Maniam Moorthy, a été déclaré musulman après son décès et enterré comme tel en décembre 2005 (…). Un (…) vieil homme d’origine chinoise a été enterré comme musulman après que sa famille bouddhiste a perdu une bataille avec les autorités islamiques (…). Dans l’Etat malais de Sabah (…), le mufti d’Etat a émis un décret religieux pour interdire la construction d’une divinité taoïste par la communauté chinoise, affirmant que «la présence de cette statue offenserait l’islam».

Lire le tout.

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Lecture moderne du Coran: faut surtout pas croire

March 27th, 2008 by ajmch

L’émission Faut pas croire de la Télévision suisse romande a consacré 12 minutes au thème de la femme, ou de l’égalité homme-femme, dans le Coran. Après une brève introduction factuelle, et tout à fait correcte, par les journalistes, deux Musulmanes suisses tentent de nous dire que, bien sûr, le Coran peut faire l’objet d’une lecture moderne et raisonnable, notamment pour les femmes. L’émission propose une page de réactions, hélas peu fréquentée. Voici la mienne (typographie et coquilles corrigées, enfin j’espère):

Il est positivement irresponsable de prétendre que des interprétations aussi vagues et générales que celles avancées pendant l’émission (le Coran dit «lis», donc cela s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes) auront jamais la moindre chance de compenser la lecture directe des ordres, des injonctions, des appels et autres passages à caractère normatif du Coran, tels que (notez les formes de phrase)

Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs «grands voiles» (…)

Remarque: ce que le traducteur a rendu ici par «grands voiles» se lit jalabeebihinna en arabe, et cela désigne clairement un vêtement couvrant le corps entier, pas un simple voile.

Autres exemples clairement normatifs, soit pour les femmes, soit pour les hommes à l’égard des femmes:

Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours (…). Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures.

Les hommes ont autorité sur les femmes, (…) Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. (…)

Remarque: le terme arabe pour «frapper» est ici iDRiBuhunne, ce qui peut signifier autre chose que frapper, et certains tentent de faire valoir cette interprétation (plus de détails), mais sans fondement solide non plus.

Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis: ‹C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures.

De tels ordres ne peuvent pas être «interprétés». Pas honnêtement, en conscience, pas de manière crédible pour quiconque connaît le texte et ses affirmations (le livre lui-même dit être la parole de Dieu et c’est un puissant hypnotique). Ce qu’on peut interpréter, ce sont les choses dont se réclament les Musulmans modérés apologistes, c’est-à-dire essentiellement des silences ou des non-dits, des manques de précision, qu’on oublie de comparer au ton général de l’ouvrage, très largement dominé par des malédictions contre les non-croyants.

C’est suffisant sur un plateau de télévision d’où toute contradiction a été éliminée, mais cela n’a jamais rien donné dans un collège de croyants, de gens qui veulent croire que le Coran est un livre inspiré, voire dicté par Dieu.

Ainsi, le grand débat, du VIIIe au XIIe siècle, dont parle l’une des intervenantes a bien eu lieu, mais son résultat est la charia, pas ses petites pensées gentillettes. Aucun des collèges de juristes de l’Islam n’a retenu ses conclusions, si peu que ce soit (et fort heureusement ce débat n’a pas influencé l’Occident, sinon pour en prendre le contre-pied).

Aujourd’hui, les gens comme ces femmes veulent nous faire croire que c’était dû uniquement aux usages de l’époque, mais c’est nous prendre pour des enfants! C’est vrai, bien sûr, que tout cela résulte d’un patriarcat archaïque et que les gens d’aujourd’hui peuvent faire mieux. Mais le Coran aussi résulte de cela. Je suis navré de décevoir les crédules, mais le Coran n’est pas l’oeuvre de Dieu. Il a été rédigé par les mêmes esprits sexistes, claniques, agressifs, archaïques, que le reste des «textes sacrés» islamiques. Et le Coran, la plus importante source de loi, qui a visiblement donné lieu aux soins les plus attentifs, est parfaitement bétonné: personne n’en tirera jamais une interprétation moderne et modérée susceptible de convaincre les croyants, qui y trouvent par ailleurs des centaines de bonnes raisons de tuer et se faire tuer pour défendre «leur» interprétation.

Il faut commencer par remettre cet ouvrage à sa place, à côté des livres de fables. Et cesser de nourrir les convictions des enfants musulmans avec la certitude malfaisante que Dieu leur parle à travers ces 114 sourates. Le reste n’est qu’une petite musique de fond, qui permet d’oublier que le message non dilué de cet ouvrage n’a jamais été aussi répandu qu’aujourd’hui.

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Pourquoi diable les jeunes des Balkans sont-ils plus violents ici que chez eux?

March 27th, 2008 by ajmch

Un criminologue a enquêté aux Balkans et prétend y avoir constaté que la violence y est moins répandue qu’en Suisse. Sur cette base, il estime donc que la violence accrue de ces jeunes gens en Suisse, qu’il ne nie pas (au contraire, il la dit «tout à fait étayée»), n’est pas importée depuis leur société d’origine, qui la cultiverait, mais résulte d’un simple problème d’occupation des loisirs:

Les Suisses encouragent leurs enfants tout naturellement à faire du sport ou de la musique, ils leur font pratiquer toutes sortes de passe-temps durant les loisirs. Les parents de jeunes étrangers ne sont pas du tout préparés à cela. Leurs enfants passent de plus en plus de temps devant la télévision ou l’ordinateur ou errent dans les rues. C’est ainsi que les problèmes commencent.

J’aimerais suggérer une autre hypothèse: la culture d’une grande partie de ces jeunes gens, les Musulmans, les incitent à haïr les Occidentaux, ou les Chrétiens. Chez eux, ils vivent dans des sociétés cloisonnées et n’ont que rarement l’occasion de rencontrer leurs ennemis désignés en position de force, car ceux-ci sont beaucoup plus avertis que nous autres. Ici, ces jeunes vivent au beau milieu de leurs ennemis, qui ne se doutent (presque) de rien, et dès qu’ils sont en position de force, notamment en bandes, ils deviennent tout naturellement des prédateurs, comme le leur ordonnent les convictions fournies par leur religion et de plus en plus exploitées par les différents vecteurs de leur culture.

Et si nous ne reconnaissons pas ce phénomène pour ce qu’il est, à savoir la conséquence de la haine fabriquée par la pratique et le respect de la religion islamique, et que nous ne le guérissons pas à la racine, il va se créer chez nous aussi, avec le temps, les mêmes cloisonnements communautaires et les mêmes troubles constants, auxquels les mêmes experts aveugles et sourds aux choses de la foi continueront de chercher des causes sociopolitiques ou éducatives, motivant bientôt un contrôle étatique plus strict des individus, ce qui générera des aigreurs entre les populations et leurs gouvernants, une instabilité politique croissante, une démocratie en déclin et une économie toujours plus bridée et de moins en moins efficace. Une balkanisation.

UPDATE: À méditer, cette collection de chiffres extrêmement éloquente signalée par Rainbird dans les commentaires.

UPDATE: La thèse du «ces jeunes gens s’ennuient, c’est tout» n’est pas spécifique à notre expert suisse. À quand la guerre contre le désœuvrement?

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Combien, pour l’âme de la démocratie?

March 27th, 2008 by ajmch

La semaine prochaine, le gouvernement britannique annoncera s’il est prêt à lancer un emprunt d’État islamique, un sukuk, soit une sorte d’obligation, ici garantie par l’État. Cela ouvrirait ainsi à la finance islamique un nouveau marché dont la valeur globale est estimée par Standard & Poor’s à quelque 4000 milliards de dollars.

Pour les banques occidentales, la chose est considérée comme un simple instrument financier de plus, pour lequel il faut certes réunir certains critères bizarres, comme de camoufler le paiement d’intérêt par des conventions spéciales et de verser des honoraires à un collège de savants d’un autre temps, mais sans plus. Pourquoi pas? D’autant que le respect de ces quelques conditions baroques leur permet  d’accèder à des fonds d’investissement considérables. Si eux ne le font pas, d’autres s’empresseront d’en profiter. C’est la loi du marché. Seules des institutions de surveillance, soucieuses d’éthique, sont censées étudier les aspects problématiques d’une association des fonds occidentaux avec les objectifs de la loi islamique. Encore faudrait-il se pencher sur la question.

Mais un État occidental, en acceptant ce marché, met davantage encore dans la balance. À partir de quel degré de dépendance économique et financière à la loi islamique, un État occidental cesse-t-il de pouvoir garantir le maintien de ses caractéristiques occidentales? Pour mémoire, la charia prévoit toujours le djihad contre les incroyants (les islamistes intelligents ont simplement renoncé à l’aspect militaire), la ségrégation religieuse et sexuelle, les châtiments en place publique et toutes sortes de lois élaborées des siècles avant l’instauration des droits de l’homme et de l’État de droit. Et partout où la proportion de Musulmans dépasse un certain seuil, ces lois refont surface, dans la législation ou directement sur le terrain.

Ainsi, en liant son économie à des fonds (rappelons qu’il s’agit ici de milliers de millards) gérés ostensiblement selon des canons islamiques, un État occidental vend, dans une certaine mesure, sa liberté de manoeuvre et accepte officiellement, dans une certaine mesure, de se plier ou pour le moins de s’associer aux principes islamiques. Peut-il le faire sans examiner, ouvertement, la nature profondément criminogène et résolument antidémocratique de ces principes?

Dans une démocratie, une décision aussi lourde de sens doit passer par une vaste campagne d’information et par un référendum. Si le gouvernement britannique accepte, la semaine prochaine, de mettre son sceau officiel sur la charia financière, il aura vraiment franchi un grand pas. Hors de la démocratie.

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L’asymétrie psychologique de la guerre islamique

March 27th, 2008 by ajmch


par Irwin J. Mansdorf et Mordechai Kedar
printemps 2008, p. 37-44
VO: http://www.meforum.org/article/1867

Les juristes de l’armée américaine admettent que «les civils ne sauraient être utilisés (…) pour protéger une zone contre des opérations militaires (ou) pour servir de bouclier à une position défensive, pour dissimuler des objectifs militaires ou une attaque. Il est exclu également qu’ils soient forcés de quitter leur domicile ou leur refuge en vue de perturber les mouvements d’un adversaire.»[1] Ces restrictions ne sont pas l’apanage exclusif des États-Unis – elles sont valables également en Europe, en Israël et, depuis l’ère post-Deuxième Guerre mondiale, dans de nombreux pays asiatiques. Cependant, de plus en plus, les ennemis arabes d’Israël et des groupes islamistes négligent ces restrictions afin d’obtenir un avantage psychologique contre des adversaires technologiquement supérieurs. À l’heure actuelle, les gouvernements occidentaux sont provoqués par un ennemi dont le comportement est inspiré par des doctrines théologiques qui non seulement ignorent le concept occidental de combat éthique, mais pour lesquelles le meurtre de civils – des deux côtés d’un conflit – constitue un instrument vital.

Les politiciens et les officiels militaires parlent souvent de guerre asymétrique en évoquant les stratégies adoptées par des états faibles ou des groupes terroristes pour s’opposer à des puissances militaires supérieures. Israël, par exemple, domine ses adversaires terroristes, tels que le Hamas et le Hezbollah, en termes de main-d’œuvre et de technologie. Mais l’idéologie de l’islamisme a créé une forme d’avantage asymétrique paradoxal dont profitent les groupes et les états terroristes: en rejetant la totalité du concept occidental du droit de la guerre, les groupes islamistes transforment le comportement restrictif sur le champ de bataille respecté par les puissances militaires occidentales non seulement en un désavantage pour ces dernières, mais en une véritable méthode, mise en œuvre lors de confrontations avec les forces américaines de maintien de la paix à Mogadiscio, les unités de l’OTAN au sud de l’Afghanistan ou les soldats israéliens à Gaza. Ainsi, des groupes terroristes, mais aussi des états pratiquent ce qu’on peut appeler la guerre islamiste, en accentuant le danger physique. Des pays comme l’Iran ont déjà appliqué ces doctrines sur le champ de bataille. Par exemple, pendant la guerre Iran-Irak, Téhéran a fait preuve d’une ferme volonté de sacrifier des dizaines de milliers de ses propres hommes et enfants pour affronter l’ennemi; et pendant la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, la milice téléguidée par Téhéran a lancé des roquettes sur Israël et a mené des combats au sein de la population civile dans le cadre d’une stratégie concertée visant tant à tuer des civils israéliens qu’à assurer que les répliques israéliennes feraient des victimes civiles libanaises.

Un différent type de guerre asymétrique

La plupart des analystes reconnaissent qu’Israël jouit d’une supériorité militaire sur ses voisins arabes[2] – un statut maintenu en partie grâce à l’engagement américain de donner un avantage militaire qualitatif à Israël par rapport aux États arabes.[3] De nombreux commentateurs et universitaires arabes utilisent cette asymétrie comme base de propagande. Le polémiste palestinien Edward Said mettait ainsi en relation la «puissance israélienne» et l’«impuissance palestinienne».[4] Autre exemple parlant: en 2002, Nabil Ramlawi, l’observateur permanent pour la Palestine des Nations unies à Genève décrivit un supposé massacre au cours duquel Israël aurait fait usage de «tanks et de véhicules blindés, sous un puissant barrage de tirs d’hélicoptères Apache», puis il évoqua une «longue liste de massacres» et de «crimes de guerre, de terrorisme d’état et de violations systématiques des droits humains contre le peuple palestinien».[5] (NdT: voir plus bas, l’affaire de Djénine) Cela étant, l’avantage technologique israélien ne lui donne pas toujours le dessus dans ses affrontements contre les groupes terroristes: alors qu’Israël respecte la retenue traditionnelle dans son comportement sur le champ de bataille, ses adversaires islamistes et djihadistes, qui écartent sciemment le droit humanitaire international, jouissent d’un avantage asymétrique résultant d’une sorte d’impunité psychologique.

L’armée israélienne fait face à un sérieux dilemme en raison de son adhésion à un code moral spécifique. En dépit de la propagande arabe qui clame le contraire, les stratèges israéliens respectent la vie humaine.[6] Le professeur de philosophie de Tel-Aviv Asa Kasher et le directeur actuel des services de renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) Amos Yadlin écrivent que même en présence de terroristes, les soldats israéliens mènent leurs opérations «de manière à assurer un strict respect de la vie et de la dignité humaine tout en minimisant les dommages collatéraux infligés à des personnes qui ne sont pas directement impliquées dans les actes ou les activités terroristes».[7] Par exemple, en tentant d’expulser des terroristes de Djénine, en avril 2002, les commandants israéliens décidèrent d’intervenir sur le terrain, maison après maison, plutôt que d’utiliser des forces aériennes qui auraient permis de préserver les soldats israéliens, mais au prix de dommages collatéraux plus importants parmi les civils.[8] Lors d’un incident précis, cette décision a coûté la vie de 13 soldats des FDI, pris en embuscade dans le district de Hawashin le 9 avril.[9]

Le pouvoir judiciaire israélien exerce aussi un contrôle sur l’armée. Les tribunaux israéliens imposent régulièrement des restrictions aux tactiques militaires, en dépit du «prix payé en termes de limitation de l’action de l’armée».[10] Les pétitionnaires arabes sont entendus aussi. Le professeur de droit de Harvard Alan Dershowitz a pu écrire que les tribunaux israéliens constituent un «pouvoir judiciaire indépendant qui n’hésite pas à affronter son propre gouvernement».[11] En 2004, la Haute cour de Justice d’Israël donna raison à la pétitionnaire Fatma al-Aju contre l’armée israélienne dans un cas où les FDI étaient appelées à prendre en compte certaines obligations envers les civils – autoriser des équipes médicales à pénétrer dans les zones de combat et autres préoccupations humanitaires – lors de la planification d’opérations militaires.[12] La Cour prit également parti pour les Arabes palestiniens au sujet de l’itinéraire de la barrière de sécurité israélienne.[13] Les États arabes n’ont pas de telles instances judiciaires indépendantes et leurs dirigeants ne sont pas non plus soumis à l’État de droit.

La comparaison du traitement des prisonniers met également ces différences en lumière: le gouvernement israélien donne accès aux terroristes capturés et fournit des informations à leur sujet, ce qui permet de critiquer le traitement auquel ils sont soumis,[14] alors que ni le Hamas, ni le Hezbollah n’indiquent seulement si les Israéliens capturés sont en vie, sans parler de permettre aux observateurs internationaux de les rencontrer.

Le résultat est une asymétrie, avec Israël qui évite toute attaque indifférenciée contre des cibles civiles, conformément au droit international, tandis que des groupes tels que le Fatah, le Hamas et le Hezbollah visent délibérément des civils israéliens et utilisent leurs propres civils comme boucliers humaines afin de dissuader les Israéliens de répliquer. Avi Dichter, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, évoqua cette situation difficile dans le contexte de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah: «Nous pouvons [opérer] rapidement; nous pouvons inonder le Liban Sud de soldats et bombarder les villages sans prévenir personne – et tout sera plus rapide. Mais cela causerait la mort de beaucoup plus de gens innocents et entraînerait des pertes plus lourdes dans nos rangs – et nous n’avons pas l’intention de risquer ces deux effets.»[15] Le général Giora Eiland, conseiller à la sécurité nationale israélien de 2005 à 2006, expliqua comme suit le processus décisionnel israélien: «Nous ne sommes contraints de tuer quelqu’un que lorsque quatre conditions sont remplies: premièrement, il n’y a aucun moyen d’arrêter la personne. Deuxièmement, la cible est suffisamment importante. Troisièmement, nous ne le faisons que lorsque nous pensons pouvoir garantir un nombre très faible de victimes civiles. Et quatrièmement, nous n’agissons que si aucun moyen ne permet de retarder ou de reporter l’opération, que la situation équivaut à celle provoquée par une bombe à retardement.»[16]

En outre, Israël est mis à mal par l’invocation du droit international pour remettre en question la légitimité de son combat contre ses adversaires. Le droit international est régulièrement mal interprété par les commentateurs des médias et les non-spécialistes qui le citent. Ainsi, certains journalistes décrivent le traitement des terroristes palestiniens par les Israéliens comme une violation du droit international. Or cela est fallacieux. Le Hamas, le Djihad islamique palestinien et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, entre autres, ne remplissent pas les critères permettant de jouir de la protection complète prévue par les conventions de Genève.[17] D’une manière plus générale, les groupes de défense des droits de l’homme citent le droit international de façon sélective et omettent de relever que les «personnes protégées» (les citoyens sous l’occupation) ne doivent pas participer à des actions violentes contre l’occupant.[18] Malgré tous les efforts rhétoriques visant à faire admettre le contraire, il n’existe pas, dans le droit international, de «droit à la résistance» dont disposeraient des civils sous occupation ou des forces irrégulières qui prétendent affronter un occupant.[19]

La guerre conventionnelle entre les armées donne certes l’avantage à Israël, mais le fait que les islamistes ne fassent aucune différence entre les civils et les combattants légitimes crée une asymétrie en faveur des gens prêts à utiliser tous les moyens susceptibles de soutenir leur cause.

Idéologie suicidaire

Les islamistes prêchent l’obéissance absolue à Dieu et le devoir des hommes de sacrifier leur vie pour Dieu. Le commentateur saoudien Mozammel Haque, dans un texte destiné à la Mosquée centrale de Londres, expliqua ainsi que «le sacrifice de sa vie et de ses biens pour la cause d’Allah est le summum de la foi».[20]

En dépit de l’affirmation théologique selon laquelle l’homme est libre,[21] les islamistes ont une approche fataliste de l’existence.[22] Si une personne meurt, c’est parce que le jour de sa mort, prédestiné depuis toujours, est arrivé; les circonstances par lesquelles sa mort arrive ne sont pas pertinentes.[23] De telles croyances permettent à de nombreux combattants de ne ressentir que peu de crainte, voire une totale absence d’appréhension devant la mort. Ils citent le verset coranique «Ils seront récompensés par le Seigneur, ils n’éprouveront nulle crainte et ils ne seront point affligés».[24] Les islamistes prêchent l’istishhad,[25] le martyre volontaire, qui procure une mort sans douleur.[26] De plus, les martyrs sont accueillis au paradis par 72 vierges et peuvent y inviter 50 parents après leur mort.[27] Les récompenses promises rendent la mort plus désirable que la vie et encouragent les djihadistes à opter pour le martyre.

En pratique, les islamistes n’ont donc aucun problème avec ce que les nations occidentales considèrent comme des tueries de civils immorales et inacceptables. Si des dommages collatéraux se produisent lorsque, par exemple, des membres du Hamas tirent sur des soldats depuis des écoles et des ambulances, il n’y a pas de péché: les civils abattus étaient destinés à mourir de toute manière. L’exilé saoudien Muhammad al-Massari explique que tout civil tué dans une attaque contre l’ennemi «ne souffre pas, [mais] devient un martyr à son tour».[28] Pendant la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah «regretta» une attaque lancée sur Nazareth qui causa la mort de deux enfants arabes israéliens, mais ajouta que les deux enfants devaient être considérés comme «des martyrs».[29]

De nombreuses personnalités islamistes – par exemple Zuhair Afaneh, président de l’Islamic Society of Central Pennsylvania,[30] – tentent de dissimuler la justification religieuse de crimes de guerre en citant cet extrait de verset coranique: «(…) quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes.»[31] D’autres islamistes citent des versets censés supplanter le précédent.[32] [NdT: il est beaucoup plus vraisemblable que les islamistes connaissent simplement le verset entier ainsi que le suivant et surtout le contexte de la «révélation» de ces versets] Peut-être que tous ces radicaux ne disposent pas du bagage religieux approprié,[33] mais ces imprécisions théologiques importent peu dès lors que leurs partisans acceptent la légitimité de leurs justifications religieuses. Ainsi, les groupes islamistes ont perpétré des actes horribles contre des civils, y compris des tueries de masse,[34] des décapitations [35] et l’utilisation d’enfants dans des attentats terroristes.[36]

Sheikh Faysal Mawlawi, vice-président du Conseil européen de la recherche et de la fatwa, explique que «si l’ennemi des Musulmans attaque des civils musulmans, nous autres Musulmans sommes en droit d’appliquer la règle de réciprocité et d’attaquer les civils de l’ennemi».[37] Le fameux érudit musulman Yusuf al-Qaradawi, qui préside ledit Conseil européen de la recherche et de la fatwa, ajoute que les «opérations-martyre (…) ne sauraient d’aucune manière s’inscrire dans le cadre du terrorisme interdit, même si les victimes comprennent quelques civils».[38] En juillet 2003, le quotidien Asharq al-Awsat édité en arabe à Londres rapporta que Qaradawi avait émis un avis de droit religieux encourageant les attentats suicide contre les Israéliens, qu’ils soient civils ou militaires.[39]

La légitimation des missions suicide a conduit plusieurs groupes islamiques à se vanter d’«aimer la mort» comme les Juifs et les Chrétiens aiment la vie.[40] Ces opinions sont prônées même par de jeunes enfants, endoctrinés au combat [41] malgré les conventions internationales condamnant la participation d’enfants à des affrontements militaires.[42] La chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne encourage régulièrement les enfants à la violence.[43] Une de ses séquences apprend aux enfants «comme il est doux le parfum des shahids [martyrs]. Comme il est doux le parfum de la terre. Sa soif est étanchée par le flot de sang s’écoulant du corps plein de jeunesse.»[44] Plus récemment, la TV du Hamas présentait un personnage rappelant Mickey Mouse qui appelait les enfants à combattre et, si nécessaire, à mourir pour que la Palestine englobe l’ensemble d’Israël.[45]

Manipulation psychologique

La théologie islamiste fournit l’inspiration morale de la stratégie terroriste et la guerre psychologique contribue à en tirer profit en pratique. La guerre psychologique est «l’utilisation planifiée de propagande et d’autres actions psychologiques visant essentiellement à influencer l’opinion, l’attitude et le comportement de groupes étrangers hostiles de manière à favoriser la réalisation des objectifs nationaux».[46] Bien que les opérations psychologiques visent en principe les soldats et les civils de l’ennemi, dans la mesure où les islamistes considèrent leurs propres civils comme un élément de l’équation militaire, ceux-ci deviennent un mécanisme permettant d’obtenir un avantage tactique. Un appel au djihad a valeur de conscription obligatoire pour tous les citoyens, qui participent dès lors aux opérations militaires soit par choix, à titre de combattants, soit involontairement, à titre de victimes. Une publication djihadiste destinée aux femmes est très claire à cet égard: «Le sang de nos maris et les membres de nos enfants sont nos offrandes sacrificielles.»[47] Psychologiquement, l’extension des pools de membres des groupes islamistes aux mères, aux enfants et aux autres civils aide à créer un sentiment de force, de solidarité et de détermination dépassant ce qu’un groupe limité de combattants peut atteindre.

Ainsi, le Hezbollah est parvenu à susciter un tollé international à propos de victimes civiles causées par une attaque israélienne sur Kfar Qana, le 30 juillet 2006, qui a motivé des exigences de suspension des opérations. Ces tactiques ne sont pas limitées aux forces irrégulières et paramilitaires. Là où la pensée islamiste guide les opérations militaires étatiques, la protection des civils perd toute importante. Giora Eiland estime que l’Iran est prêt à sacrifier jusqu’à la moitié de sa population pour satisfaire ce que les dirigeants de Téhéran considèrent comme un devoir religieux, à savoir détruire Israël.[48] Et les précédents de sacrifice forcé ne manquent vraiment pas en Iran: l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, le chef de la Révolution islamique et guide suprême du pays pendant la guerre Iran-Irak, qualifiait de «bénédiction divine» la mort de milliers d’enfants dans des opérations de déminage.[49] L’expert politique allemand Matthias Küntzel décrit comment les autorités iraniennes donnaient des clés en plastique à des enfants iraniens âgés parfois de 12 ans seulement en leur disant de les garder autour du cou et qu’elles leur ouvriraient les portes du paradis.[50] Aujourd’hui, la République islamique entretient des unités de «candidats au martyre» suicidaires dans les forces armées iraniennes.[51]

La disposition des islamistes à subir des dommages collatéraux – et même à mettre en œuvre des tactiques spécialement conçues pour causer la mort de leurs propres civils – ne les empêche pas d’exploiter les victimes civiles pour gagner la sympathie des opinions publiques, tant dans leur pays qu’au niveau international. Des comptes rendus approfondis de l’observatoire israélien des ONG NGO Monitor montrent comment les contre-attaques israéliennes qui font des victimes palestiniennes déclenchent des critiques d’Israël par des organisations de défense des droits humains dont les condamnations ignorent ou minimisent le droit d’Israël à se défendre.[52] Bien que le champ d’action d’Israël soit limité par des codes moraux, cette retenue n’empêche pas les accusations exagérées faisant état de «crimes de guerre» israéliens. Ainsi, pendant l’opération Bouclier défensif de Djénine, des accusations de «massacre»[53] ont été répandues à tue-tête par l’Autorité palestinienne, les Nations unies, diverses ONG et les médias européens, surtout britanniques.[54] Ces affirmations se sont révélées sans fondement par la suite,[55] mais à l’époque elles ont joué le rôle d’opérations psychologiques vitales, en minant la légitimité morale de la défense israélienne.

Enfin, la combinaison d’armées permanentes et d’alliance avec ou de foi en l’idéologie islamiste fait de pays comme la Syrie et l’Iran de formidables défis pour Israël. Comme les organisations terroristes, ces pays ne se soucient par de la retenue que s’imposent les armées occidentales, mais contrairement à la plupart des groupes terroristes, ils disposent de troupes, d’armements et de finances qui en font des menaces militaires beaucoup plus importantes.

Conclusions

Une gestion équilibrée des besoins militaires, du droit humanitaire international et de la réalité d’un ennemi dont les tactiques ne s’embarrassent pas des conventions reconnues est un défi auquel Israël et les autres nations occidentales doivent consacrer des réflexions sérieuses. Le caractère asymétrique de la bataille qu’Israël doit mener exige un remaniement stratégique susceptibles de contrer efficacement des forces animées par des idéologies qui leur permettent non seulement de contrecarrer de nombreux avantages militaires occidentaux, mais aussi de tirer profit de l’ouverture des sociétés occidentales – notamment de leur presse et de leurs médias visuels ainsi que des organisations qui se font les porte-voix du penchant occidental pour l’autocritique. L’idéologie, y compris la perception du bien et du mal, devient ainsi un élément de la discussion. En fin d’analyse, il faut que les non-islamistes, comme Israël, gagnent tant la guerre psychologique que la guerre militaire.

À court terme, Israël peut montrer la voie en martelant fermement la supériorité morale résultant du fait que ses victimes civiles ne sont jamais intentionnelles, mais hélas inévitables à cause des tactiques cyniques des ennemis qu’il doit affronter. Les porte-parole israéliens doivent en outre affirmer que la responsabilité des victimes civiles incombe aux terroristes qui ont choisi délibérément de mener une guerre contre Israël depuis des installations civiles, précisément parce que leur propagande victimaire profite de ces tactiques. Ces déclarations n’apaiseront certes pas ceux qui cherchent à faire passer Israël pour un violeur systématique des droits humains, mais les faits montreront finalement que, compte tenu de l’arsenal militaire israélien, toute politique préméditée visant des civils aurait très certainement causé des bilans en vies humaines massivement plus élevés que ceux constatés. Du point de vue des droits de l’homme, il faut réorienter le débat en démontrant que les états tels qu’Israël sont les victimes de politiques capricieuses et cyniques d’exploitation des civils et que les islamistes radicaux sont, eux, des violeurs intentionnels des conventions internationales visant à protéger la vie des civils.

Mais à long terme, il sera peut-être impossible de vaincre un mouvement à base idéologique sans vaincre l’idéologie elle-même. Pour les islamistes, tout geste de modération ne sera jamais qu’une tactique politique ou une concession forcée et non une réforme ou un réel compromis politique ou idéologique. Comment les sociétés occidentales doivent-elles combattre les groupes islamistes? Pour vaincre l’idéologie politique qui sous-tend l’islamisme, les civils musulmans doivent développer une alternative viable et concrète aux organisations islamistes et représentant clairement la communauté musulmane au sens large.[56] L’idéologie étant immuable, si la population lui retire son soutien, les mouvements islamistes deviendront impuissants.

Irwin J. Mansdorf est directeur du David Project à Midreshet Lindenbaum, à Jérusalem. Mordechai Kedar a passé 25 ans dans les services de renseignement militaire des Forces de défense israéliennes en qualité d’expert du discours politique arabe et enseigne aujourd’hui la langue arabe à l’université de Bar-Ilan.

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Seuls 91 millions de Musulmans sont radicaux

March 2nd, 2008 by ajmch

C’est l’une des conclusions que les auteurs de l’ouvrage ci-contre, John L. Esposito, un apologiste bien connu, et Diala Mogahed, un responsable de l’institut de sondage qui a mené l’enquête, souhaite répandre.

En effet, nous devrions nous réjouir de ce que seulement 7% des Musulmans interrogés sur la question se disent ouvertement islamistes radicaux. Ce qui, avec un total de 1,3 milliard de Musulmans, donne une armée potentielle de 91 millions de combattants, partageant la même idéologie, les mêmes ennemis et les mêmes méthodes de combat.

On y apprend aussi que la religion constituerait un élément très important dans l’existence pour de fantastiques majorités de Musulmans: 99% en Indonésie, 98% en Égypte, 95% au Pakistan. Et les attentats terroristes sont motivés par des réflexions purement politiques, cela va de soi. Bref, l’Islam est piété et amour, et seuls quelques rares membres de cette foi si délicate se laissent malgré tout fanatiser, par la politique.

Bizarre, tout de même, qu’en Suisse les Musulmans ne soient que 15% à pratiquer.

UPDATE: Comme le dit Hugh Fitzgerald en commentant ce sondage «doucereusement sinistre», il est certain qu’aucun des Musulmans interrogés n’a menti en disant approuver la violence. Mais il est fort probable que nombre de ceux qui l’approuvent ont préféré passer pour des modérés. Et il est possible de participer au djihad de très nombreuses manières — des courants entiers de penseurs islamistes en ont rejeté la méthode militaire, sans renoncer à aucun de ses objectifs. De fait, les islamistes non terroristes constituent un danger au moins aussi grave pour le monde libre que ceux qui suivent le prophète à la lettre.

UPDATE: Sondage islamique à honnêteté modérée

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Conseil général aux critiques de l’Islam

March 2nd, 2008 by ajmch

En abordant les textes islamiques sérieusement, on est vite frappé par le déluge d’éléments très aisément critiquables qu’ils contiennent. Il y a dans ces textes médiévaux un véritable débordement de haine, sans aucune retenue, dirigée systématiquement non pas contre des criminels ordinaires, mais simplement contre des gens qui défendent une autre opinion, ou croient en un autre dieu. Et tôt ou tard, on est tenté d’en faire un inventaire, car la simple masse de ces éléments semble soudain prouver par elle-même l’aspect irrémédiablement criminogène de cette religion.

Et cela est vrai. Si l’on se donne la peine d’examiner attentivement les ordres que les Musulmans sont censés considérer comme divins, on comprend que rien, par ailleurs, ne peut venir compenser tant de ressentiment obligatoire. Mais qui va examiner ça avec attention? Sinon les islamistes, bien sûr? Et, s’imaginent tous ceux qui ne veulent pas salir leurs délicates pensées à ce contact, les intégristes de l’autre bord, ceux qui, se figurent les bien-pensants fiers de l’être, haïssent les Musulmans.

Ainsi, le problème, avec ce type de démonstrations basées sur les horreurs de l’Islam, est que les gens non informés s’imaginent généralement qu’elles résultent forcément d’un parti pris, d’un choix délibéré d’éléments favorisant la démonstration, au détriment de textes plus positifs. Et cela a souvent l’effet inverse de celui escompté – cela incite à penser que leurs auteurs, plus que l’Islam et les Musulmans qui défendent activement leur religion, souhaitent répandre la haine.

Il est donc extrêmement important de les accompagner de quelques éléments permettant de se rendre compte de la triste réalité: les textes islamiques sont parfaitement univoques. Contrairement aux bases des autres religions monothéistes moyen-orientales, ils ne contiennent strictement rien qui permettrait de prôner la réconciliation entre croyants et non-croyants. Ils en ont même visiblement été très soigneusement et sciemment expurgés.

Leur contenu normatif (phrases comprenant un ordre, une injonction, un appel, une exhortation, une loi) est systématiquement violent, haineux, méprisant ou au moins distant (en situation de faiblesse) envers «l’autre». Et les versets/hadiths pouvant être présentés comme «pacifiques», soit n’ont aucun caractère normatif (affirmations purement descriptives sur les beautés de la Création, par exemple), soit ne peuvent pas être valablement mis en liaison avec un comportement islamiquement correct vis-à-vis des non-Musulmans (le contexte oblige à comprendre que les bons sentiments sont réservés aux seuls Musulmans).

De sorte que l’écrasante majorité de ceux qui prêtent foi à ces textes deviennent bel et bien haineux ou méprisants, ou au moins condescendants et prosélytes, à l’égard des non-Musulmans. Seuls des saints peuvent éviter ce travers. Et il n’est ainsi tout simplement pas possible de fonder honnêtement sur les textes islamiques une foi musulmane tolérante et bienveillante.

Pour montrer cela, on peut mettre en lumière les tentatives dérisoires des Musulmans de démontrer le contraire, comme ici. Ou on peut lancer des défis dans ce sens, comme ici. Ou encore organiser des débats publics sur la question, comme ici. Mais il faut se rendre à l’évidence: très peu de gens sont capables d’accepter et de tester sérieusement cette hypothèse. La preuve définitive prendra donc probablement beaucoup de temps, d’efforts et de souffrances. Le mieux serait sans doute de mettre sur pied une action de grande envergure, si possible liée à un débat national, dans un petit pays encore tranquille, afin de s’éviter la lente dégradation qui accompagne la présence croissante de l’Islam.

Sinon, il faut s’armer de patience et chercher sans cesse de nouveaux moyens de révéler la vérité, mais sans trop froisser les âmes fragiles.

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Nouveau en Turquie: la réforme islamiste modérée

March 2nd, 2008 by ajmch

On apprend aujourd’hui que le Département turc des affaires religieuses est en train de soumettre les textes islamiques à une révision fondamentale:

C’est comparable à la Réformation chrétienne. Pas exactement la même chose, mais (…) cela équivaut à modifier les fondements théologiques de la religion.

Concrètement, l’«école d’Ankara» se propose de révolutionner la religion islamique par deux moyens. Le premier consiste en la suppression d’un certain nombre de hadiths, ces petites histoires contant les paroles, les gestes et les silences du prophète et des compagnons et dont il est évident qu’une grande partie, sinon la totalité, est le résultat d’inventions ayant servi, quelques décennies à quelques siècles après les faits, à renforcer diverses positions politiques. Et le deuxième consiste à supprimer la notion, pourtant logique, de chronologie des versets coraniques, qui a donné lieu à la théorie dite d’abrogation (des versets plus anciens par les versets plus récents), dont les réformateurs veulent donner la paternité à des juristes islamiques rigoristes.

Or il existe déjà d’innombrables tentatives de limiter les hadiths censés être valables. Les plus anciennes sont vieilles de plusieurs siècles. Le débat sur la véracité de ces ouï-dire est aussi ancien que leur apparition, qui a toujours laissé les esprits éveillés extrêmement sceptiques. Il s’agit en effet de croire que des gens auraient pu colporter oralement, et de manière fiable, des centaines de milliers de petites histoires pendant des siècles. Il faut vraiment être croyant pour prêter foi au résultat d’un tel processus.

Le fait que l’État turc en crée une nouvelle sélection aura certes un impact sur les esprits crédules de notre temps, qui le féliciteront de «supprimer» par exemple, sans doute, les «traditions du prophète» sur la base desquelles des millions d’enfants sont excisées, au XXIe siècle. Mais quel en sera l’impact sur les esprits croyants? Eux auront le choix entre croire les personnages de semi-légende qui ont transmis les collections de hadiths historiques et les fonctionnaires d’Ankara. L’avenir le dira peut-être. On peut toujours espérer. Mais la tentative ressemble fort à un emplâtre sur une jambe de bois.

La suppression de la théorie de l’abrogation, en revanche, est une simple supercherie. D’une part parce que le principe en repose sur des versets coraniques trop clairs (2:106, 16:101 et s.) pour qu’une interprétation d’intellectuels puisse en affecter vraiment le sens aux yeux des croyants (ou des juristes). Mais surtout parce que cette règle est purement normale et intuitive.

Ainsi, l’objectif affiché de cette réforme consiste à donner un poids identique aux sourates, très différentes, du début et de la fin de la fable prophétique. Au début, à La Mecque, Mahomet insistait simplement sur l’unité de Dieu et se contentait de vagues menaces toutes théologiques à l’endroit des récalcitrants. Ensuite, à Médine, il devint chef de guerre, fit assassiner ses opposant(e)s politiques, pratiqua les exécutions de masse, utilisa la torture et les armes de destruction massive de l’époque et institua, avec le djihad, une véritable industrialisation de l’esclavagisme qui allait faire de l’Islam le plus grand producteur d’esclaves de l’histoire connue. Et bien sûr, les sourates du Coran sont à l’avenant, avec une concentration des chapitres les plus violents et haineux dans la deuxième partie du parcours prophétique.

La «réforme» consiste donc à ne pas tenir compte de l’évolution du prophète dans son contexte de l’époque et à traiter le Coran comme une source totalement indifférenciée, où chacun pourrait choisir les versets qui lui semblent les plus judicieux selon son humeur plutôt que selon la logique historique. Étant entendu que les bons Musulmans, dès lors, sont ceux qui se concentrent sur les versets (beaucoup plus clairsemés) exempts d’appels à la haine par trop juteux. 

Ce faux-semblant est d’ailleurs inclus dans le Coran actuel, dont les chapitres sont classés, absurdement, par ordre de grandeur décroissant, dans l’intention, semble-t-il, de troubler le lecteur peu attentif, de l’empêcher de saisir trop vite l’influence malfaisante de cet ouvrage une fois son intégralité absorbée par un esprit crédule.

Mais, ici aussi, rien n’empêchera le croyant, qui lira l’ensemble de l’oeuvre et en comprendra la chronologie, de s’inspirer de l’exemple du prophète, qui a commencé par exiger que tous révèrent son petit dieu unique à lui, puis s’est énervé devant le peu de succès de ses exhortations, s’est montré totalement intolérant, et, après avoir été chassé de sa propre communauté, s’est tout permis pour imposer sa vision des choses par la violence et la terreur. C’est là l’histoire même des communautés de Musulmans partout dans le monde.

Ce qui rend les Musulmans fanatiques, terroristes et suprématistes, c’est ce conte, cette évolution, qui justifie tous les crimes, et pas quelques hadiths et quelques versets violents censés en abroger d’autres par la volonté de juristes malveillants. Et il est trop tard pour imposer une croyance artificielle aux Musulmans. Ils savent lire, aujourd’hui. La seule chose utile consiste à refuser cette histoire, à la tuer dans l’oeuf, et à discréditer toute foi en ces fadaises. Le reste n’est que poudre aux yeux.

L’Islam, pour se réformer, doit examiner la totalité de ses dogmes, y compris la foi en dieu, à la lumière du bon sens et de la piété authentique, qui ne s’acquiert pas par le culte. Alors, il pourra peut-être aussi commencer à reconnaître ses fautes face au reste du monde. À regretter enfin son immonde djihad, ses cortèges d’esclaves, ses pillages incessants et, dans la faiblesse, ses mensonges infâmes. Alors, tout sera possible. Mais d’ici là, chaque recul devant ses revendications lui est une motivation à se durcir dans l’erreur, la même erreur, brûlante et insipide, tel un désert de sable dont il compte les grains, sans fin ni raison, depuis plus d’un millénaire.

Voir aussi:
Nouveau en Turquie — la scolarité islamiste modérée
Nouveau en Turquie: la politique médiatique islamiste modérée
Nouveau en Turquie: le «suicide d’honneur»
Nouveau en Turquie: l’égalité islamiste modérée
Nouveau en Turquie: l’adoption islamiste modérée
Nouveau en Turquie: la poupée islamiste modérée
Scènes de la Turquie islamiste modérée
À quoi pensent les «islamistes modérés»?
La parole du prophète au coin de la rue

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Islam = religion de terrorisme par 8,7 contre 2,6

March 2nd, 2008 by ajmch

Ce résultat n’est pas exactement scientifique (à mon avis, il aurait alors été beaucoup plus proche de 10 contre 1), mais c’est tout de même extrêmement intéressant.

Des Arabes chrétiens américains ont mis sur pied un débat (brève présentation en français) entre deux experts confirmés ayant à défendre, l’un, Nadir Ahmed, la thèse selon laquelle l’Islam est une religion de paix et l’autre, Sam Shamoun, l’affirmation selon laquelle l’Islam est une religion de terrorisme. Le débat était ouvert et les personnes présentes pouvaient donner des notes aux experts. C’est ainsi que le défenseur de l’Islam a obtenu une note de 2,6 et l’expert critique a été crédité d’une note de 8,7, sur une échelle de 1 à 10 indiquant dans quelle mesure les spectateurs les ont trouvés convaincants.

On peut bien sûr estimer que ce mauvais résultat est simplement à mettre au débit de l’expert pro-Islam, mais c’est hélas le seul Musulman qui ait accepté ce débat, après des mois, voire des années, de recherche. Pour les lecteurs pressés, sa position a consisté à montrer que l’Islam est bel et bien violent, qu’il appelle bel et bien au djihad, mais pour la bonne cause, pour la paix, et notamment pour débarrasser le monde du terrorisme génocidaire juif et chrétien. 

Voici les notes de Sam Shamoun. Et voici le débat:

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